L’espoir du changement

Ou comme celui qui passait dans un village désert et dévasté : “Comment Dieu va-t-Il redonner la vie à celui-ci après sa mort ? ” dit-il. Dieu donc le fit mourir et le garda ainsi pendant cent ans. Puis Il le ressuscita en disant : “Combien de temps es-tu demeuré ainsi ? ” “Je suis resté un jour, dit l’autre, ou une partie de la journée.” “Non ! dit Dieu, tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture et ta boisson : rien ne s’est gâté ; mais regarde ton âne… Et pour faire de toi un signe pour les gens, et regarde ces ossements, comment Nous les assemblons et les revêtons de chair”. Et devant l’évidence, il dit : “Je sais que Dieu est Omnipotent”. (1)

Ce verset évoque un aspect essentiel de la vie qu’est l’espoir.

Cet homme a été envoyé pour accomplir une mission dans un village et il a emporté avec lui un peu de nourriture pour à peine quelques jours sans savoir que celle-ci lui suffirait pour 100 ans.

Arrivé sur place, il n’a trouvé qu’un champ de ruine, il s’attela alors à la tâche de la reconstruction et commença à bâtir une maison. Il estima que ça serait le signe pour les éventuels visiteurs que la vie reprenait le dessus dans ce village dévasté.  Néanmoins, une question subsista dans son esprit : « Comment Dieu va-t-Il redonner la vie à celui-ci après sa mort ? » Une question posée en toute innocence et toute foi. Il n’avait assurément nul doute sur la capacité de Dieu à ressusciter ce village, mais il était curieux de savoir « comment » ?

Parfois, la meilleure réponse à une question est de vivre personnellement l’expérience que prendra la réponse pour être pleinement convaincu, c’est ce qui va lui arriver !

Dieu le fit donc entrer dans la caverne pour dormir cent ans avant de le ressusciter et de lui montrer une preuve divine de « comment » Dieu va redonner la vie.

Il est mort durant 100 ans. Pourquoi cent ans en particulier ? Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) cite un hadith : « Dieu envoie à la communauté tous les cent ans, quelqu’un qui lui renouvelle sa religion », le renouvellement dans le sens du renouveau et non de l’innovation, dans le sens du nouveau souffle qui pousse vers l’avant.

En 100 ans l’Unique insuffla la vie dans ce village qui a pu renaître de ses cendres. C’est ainsi que vont et viennent les civilisations, elles suivent toutes la même courbe : la naissance, l’apogée et la décadence. C’est une loi divine inscrite dans le livre du monde. « Dieu, c’est Lui qui vous a créés faibles ; puis après la faiblesse, Il vous donne la force ; puis après la force, Il vous réduit à la faiblesse et à la vieillesse… »(2).

Personne ne peut se targuer d’être immortel ou éternel, les jours se suivent et la roue tourne, c’est la loi de l’alternance des jours. « Ainsi faisons-Nous alterner les jours » (3)

Revenu à la vie, il ne sut s’il avait dormi un jour ou une partie de la journée. L’ange qui le questionna lui fit savoir qu’il était resté endormi cent ans : « tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture et ta boisson : rien ne s’est gâté ; mais regarde ton âne… Et pour faire de toi un signe pour les gens, et regarde ces ossements, comment Nous les assemblons et les revêtons de chair » (4)

Les raisins et les figues étaient frais, ce qui le poussa à ne pas croire l’ange au début, mais quand il vit le squelette de son âne, il fut contraint d’y croire.

Dieu a fait courir le temps sur une espèce et pas sur l’autre alors qu’elles étaient au même endroit. N’est-Il pas l’Omnipotent !

Après avoir vu comment la vie a repris dans le village en à peine 100 ans en son absence, il vit comment la vie va reprendre devant ses yeux cette fois-ci : le tas d’ossements s’est regroupé pour former un squelette qui s’est recouvert de chair où la vie a repris. Son âne était de nouveau vivant. Nulle place au doute de la capacité de Dieu à redonner la vie après la mort.

L’homme partit à la rencontre des gens du village, et il accomplit enfin sa mission première, celle d’apprendre aux gens leur religion.

Il était venu dans ce village croyant qu’il allait bâtir les murs des maisons tombées en ruines, mais Dieu le destinait à une mission plus noble, celle de bâtir des cœurs et d’y insuffler la vie.

Ces histoires qui nous sont contées dans le Livre de Dieu ont toutes vocations à nous interpeller et nous amener à nous poser des questions sur notre passage éphémère sur terre.

Cette histoire est particulièrement riche, elle doit nourrir chez nous l’espoir que rien n’est immuable, que les jours s’alternent et que le changement est possible.

Quelle que soit l’ampleur de la tâche, il ne faut jamais baisser les bras, il y a toujours quelque chose à faire … personne ne peut et ne doit prétendre qu’il n’y a rien à faire, l’histoire de cet homme est là pour nous le rappeler.

Certains font le choix de subir l’histoire, d’autres choisissent de l’écrire.

Dans quel est camp es-tu ?

(1) La Vache, verset 259.

(2) Les Romains, verset 54

(3) La famille d’Imran, verset 140.

(4) La Vache, verset 259.

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