Cinq jours et six nuits aux portes de Dieu !

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C’est le cœur heureux que je me vis monter en voiture pour quelques heures de route. Priant Dieu sur le chemin de faire de ces moments, des moments bénis[1] et une absolution de mes péchés et de ceux des êtres que j’aime qui n’étaient pas présents avec moi.

Pour avoir vécu quelques Ribats[2] de courte durée, je savais à peu près à quoi m’attendre. Mais ce qu’il y avait de spécial dans ce Ribat, c’était ce côté familial que je n’avais encore jamais connu. De plus, ce Ribat national regroupait des frères et sœurs de tous les coins de la France ! Qu’est-ce qui m’attendait vraiment ?

 

Nous arrivâmes fatigués, mais enfin soulagés de retrouver nos frères et sœurs en Dieu. On nous attribua nos chambres et nous rejoignîmes le groupe qui était en pleine séance de lecture du Saint Coran.

Des visages doux, lumineux, sereins. Lorsque vous arrivez dans une ambiance comme celle-là, il est incroyable de décrire cette sérénité et cette miséricorde qui se dégagent des êtres, des murs, des sols, des plafonds ….

Nos journées furent rythmées par la lecture du Coran, les prières obligatoires et surérogatoires, les séances de Dikr (souvenance de Dieu), de prières sur notre Noble Prophète bien-aimé, paix et salut sur lui, et des veillées nocturnes.

Dans l’obscurité de la nuit, les roukou’ et soujoud auprès de ses sœurs et frères avaient un goût de miel. Tout semble si facile lorsque nous sommes en groupe, tout semble si possible lorsque nous nous aimons en Dieu.

Et puis, il y eut ces cours de Tajwid[3] qui me firent découvrir un être que les mots ne peuvent décrire. Le Cheikh, fin connaisseur du Coran et de ses dix lectures, fut une étoile parmi nous !

Je connaissais peu de personnes qui avaient en leur sein le Coran tout entier, j’étais quant à moi bien loin de ces personnes-là. Je passais par des sentiments différents tout au long de ces journées. Entre la joie et le bonheur d’être avec eux, venait se mêler ce sentiment douloureux de constater la petitesse de ma personne.

Ce sentiment fut accentué lorsqu’une soirée de remise d’ijaza[4] eut lieu. Je ne savais pas vraiment ce que c’était et j’y assistais pour la première fois. Une sœur et un frère allaient recevoir des mains du Cheikh une ijaza de Coran.

A ce moment précis, je ne me suis certainement jamais sentie aussi petite de toute ma vie. Les larmes coulaient de mes yeux sans que je ne puisse les arrêter. Je voulais me calmer et passer inaperçue. Je baissais la tête et les mains sur le front, je ne pouvais que répéter : «  Pardonne-moi Seigneur, pardonne-moi Seigneur, pardonne-moi Seigneur » !

Je me sentais abattue, si loin de ce que Dieu attendait de moi, si loin de toutes ces personnes autour de moi. J’avais mal mais en même temps j’étais si heureuse de vivre ce moment, si heureuse de laisser couler ces torrents !!!

Avec ce Ribat nous avons vécu des moments d’amour en Dieu, des moments spirituellement intenses où tout est démultiplié. La vie n’aurait plus aucun goût me disais-je si l’Islam venait à m’être enlevé. La vie aux portes de Dieu était tellement reposante, apaisante et douce.

Ce ribat familial avait pour but de regrouper frères, sœurs et enfants. Mes enfants ? Ils étaient là eux aussi. Pris en charge par une équipe professionnelle qui, comme le disait si bien une sœur, «  plante des graines ». Ce fut exactement cela !

Tout au long de leur petite vie, j’avais vu mes enfants heureux, mais au sein de ce Ribat familial, ce n’était pas seulement du bonheur, je voyais en eux la fitra (prime nature) faire surface et rayonner de toute sa force.

Autour d’activités ludiques, les sœurs et frères enseignaient à nos enfants la Grandeur de Dieu, Sa Puissance et Sa générosité… Ils leurs montraient le chemin pour lequel ils étaient créés. Ils faisaient un travail admirable !

Nous eûmes droit, à la fin de ces cinq jours, à une exposition de leur travail et à un petit spectacle mettant en scène l’histoire des Prophètes Noé et Moïse (Prière et Salut de Dieu sur eux).

Un Ribat riche pour toute la famille. Un Ribat national réussi ! Un moment, pour lequel, après Dieu exalté soit Son nom, nous remercions fortement notre Mourchid Abdessalam Yassine, paix à son âme, qui a revivifié la souvenance de Dieu dans nos cœurs, et est à l’origine de ce grand bienfait.

Que Dieu lui fasse Miséricorde et le récompense pour nous avoir pris par la main afin que nous puissions vivre des moments aussi magiques !

 


[1]Du 21 au 26 Décembre 2012, PSM proposait à ses membres, un Ribat[1] familial. Une première au niveau national.

[2]Dans la pensée de PSM, le Ribat rappelle le Hadith du Prophète (BDSL) qui dit  « Voulez- vous que je vous indique ce qui absout les péchés et élève en degrés? » Oui ! «C’est répondit-il, faire ses ablutions avec soin, même dans les conditions difficiles (fatigue …), se rendre fréquemment à la mosquée et attendre la prière (Salat) à venir après celle déjà accomplie. Tel est le ribat, tel est le ribat » (Mouslim). Rester en adoration, en état d’ablution et de prière pendant quelques jours afin de se retrouver aux portes de Dieu. Quelques jours pour Dieu dans un quotidien chargé, afin de se souvenir de notre but ici sur terre. Le Ribat est un moyen d’éduquer son égo avec ses frères et sœurs. Un moyen de revenir à l’essentiel en prenant conscience de tous nos défauts, tous nos manquements, toutes nos faiblesses.

[3] Tajwid : Le mot tajwid vient de la racine arabe [Jawwada] qui signifie « rendre meilleur », ou « améliorer ». En tant que terme, il signifie chez les spécialistes de la lecture du Coran la science qui permet de réciter le Coran correctement, en prononçant chaque lettre convenablement avec son makhraj et ses sifat qui conviennent, naturellement et sans forcer, conformément à ce qui a été transmis du prophète, paix et salut sur lui.

[4] Ijaza, dans le jargon des spécialistes signifie la permission d’enseigner la psalmodie du saint Coran, c’est aussi le plus haut degré de perfection de lecture du Coran. Pour obtenir l’ijaza l’élève doit réciter le Coran de mémoire du début jusqu’à la fin en observant toutes les règles de psalmodie à son Cheikh. Celui-ci va lui corriger tous les détails de prononciation, qui lui-même l’a récité de cette façon à son Cheikh qui l’a lui aussi récité à un Cheikh et ce jusqu’au Prophète bien aimé, paix et salut de Dieu sur lui. Cette lignée s’appelle Sanad. Tous les maillons de la chaine sont connus pour leur perfection dans la psalmodie et cités lors de la remise du diplôme.

 

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