« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? »

Une pièce calme, des journées qui paraissent longues, un arrêt sur un quotidien, une pause dans une vie et toutefois toujours la reconnaissance pour compagnie et amie.

Voici trois jours maintenant, que je suis isolée après avoir été testée positive à la covid 19. Près de deux ans de pandémie mondiale, d’informations parfois dramatiques et stressantes et voici que la maladie dont tout le monde parle tant vient faire irruption dans mon corps comme pour me dire de m’arrêter un moment !

Les symptômes ne sont pas trop graves et en pensant aux personnes bien plus durement atteintes, aux familles qui ont perdu des proches, aux malades en réanimation… la reconnaissance et la gratitude ne me quittent pas.

Prendre conscience des bienfaits de Dieu à nouveau, se rendre compte de la valeur de la santé, de la capacité de pouvoir bouger et se déplacer sans restriction. Tant de leçons apprises, mais de loin, la plus grande leçon que je tire de mon expérience personnelle avec la covid est la chance d’avoir cinq sens. Cette maladie qui prive de l’odorat et du goût ravive en moi le verset coranique répété de nombreuses fois dans la sourate « Le Miséricordieux » :« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous » ?

Gloire à Dieu Tout-Puissant ! Vivre depuis trois jours avec trois sens et les choses ne sont plus pareilles. Manger du chocolat, de la viande ou des légumes… savourer une tisane, un thé ou de l’eau… aucune différence en bouche, rien n’a plus de goût ni d’odeur. Les textures en bouche sont reconnaissables mais tout a un goût de … rien. Rien ! Même en fournissant un effort pour solliciter ma mémoire sensorielle… rien !

« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? »

Dieu a créé Ses serviteurs de la meilleure des manières, tout a un sens et une raison d’être… tout a une place et une fonction… tout a un rôle et une mission.

Gloire à Dieu le Tout-Puissant ! Face à cette impuissance, la grandeur de Dieu est magnifiée, démultipliée, glorifiée… s’il fallait nous rappeler notre petitesse et notre faiblesse, nous voici Seigneur impuissants et faibles !

Qui d’autre que Lui pourrait nous rendre nos sens perdus ? Qui d’autre que Lui pourrait nous guérir lorsque nous sommes malades ? Qui d’autre que Lui pouvons-nous invoquer lorsque personne ne peut rien ? Gloire à Toi Seigneur, gloire à Toi !

L’époque dans laquelle nous vivons, nous montre chaque jour les drames que vivent les êtres humains à travers le monde. Les guerres, les famines, les conditions inhumaines des réfugiés et des migrants… combien sont grands les bienfaits de Dieu sur nous mais combien pouvons-nous être ingrats et insouciants…

D’après ‘Abdallah Ibn Mihsan, que Dieu l’agrée, le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « Celui qui le matin est en sécurité auprès de sa famille, est en bonne santé, possède sa nourriture de la journée, c’est comme s’il possédait la vie d’ici-bas et ce qu’elle contient » (1)

Vivre en sécurité, avoir un toit sur la tête, être en bonne santé, jouir de tous ses sens… et combien d’autres bienfaits dont nous jouissons, tellement nombreux qu’un seul article ne saurait les répertorier… Gloire à Dieu Tout-Puissant !

Dans la maladie et la faiblesse, le temps s’arrête un instant. Un temps pour reculer d’un pas, comme pour se mettre à côté et observer sa vie, son passé, ses erreurs et ses fautes, ses manquements et ses péchés… un temps pour reculer d’un pas et sentir profondément que Tes bienfaits sont indénombrables Seigneur…

« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? »

Chaque matin, nous nous levons avec des capacités incroyables, des sens en parfaite santé, un corps qui obéit à nos demandes, un esprit sain. Chaque jour, sans réfléchir, nous faisons mille et une choses sans effort, sans nous poser de questions et malheureusement parfois sans être reconnaissants de la chance que nous avons.

Monter un étage devient un exercice compliqué, devoir s’isoler afin de préserver notre famille devient difficile, avoir la tête qui tambourine toute la journée durant des jours est parfois difficilement supportable ! L’être humain peut aujourd’hui courir comme un étalon et se retrouver le lendemain allongé et souffrant.

Gloire à Toi, Seigneur ! Gloire à Toi !

« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? »

Cette perte de sens est une expérience assez troublante… sentir et goûter sont des choses avec lesquelles nous naissons. Nous n’y prêtons pas vraiment attention. On le fait et c’est ainsi. Sans y réfléchir ni commander quoi que ce soit. C’est en nous, c’est à nous… et l’on pense cela acquis. Comme tant d’autres choses encore : respirer, ouvrir et cligner des yeux, avoir le cœur qui bat, le sang qui coule dans nos veines…

Se retrouver du jour au lendemain sans cette capacité nous diminue, nous retire le plaisir de manger et de savourer. On a beau réfléchir et vouloir très fort sentir et goûter, rien ! Cela n’est pas de notre ressort et nous n’y pouvons rien… Il ne suffit pas de le vouloir pour le pouvoir !

« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? »

L’être humain, une créature si parfaitement constituée et à la fois tellement imparfaite. Une créature à la fois complexe et mystérieuse… à la fois accessible et compliquée à comprendre.

Cette période que nous vivons, de diminution de nos libertés, de nos choix, de notre insouciance aussi est certainement le moment de prendre conscience et de revenir à Lui.

C’est aussi le moment, il est certain de développer en nous plus de solidarité pour les peuples qui souffrent, plus d’empathie pour les gens hospitalisés, plus de volonté de justice pour les opprimés, porter plus haut notre voix pour les peuples faibles et en souffrance.

« Certes, Dieu enjoint la justice, la bienfaisance et l’assistance aux proches.  Et Il interdit l’indécence, l’injustice et la rébellion. » (2)

Nul ne peut prétendre à Dieu en étant silencieux face aux injustices que subissent aujourd’hui les peuples du monde. Un combat intimement attaché avec la spiritualité.

Prendre conscience de Ses cadeaux, de Ses dons, des bienfaits qu’Il a déversés sur nous par milliers… prendre à la fois conscience de tout ce que nous avons la capacité et la chance de faire et en même temps être conscients que du jour au lendemain tout pourrait s’arrêter.

Cette période qui s’est installée dans nos vies est certainement le moment d’un vrai pas sur le côté pour observer, regarder, admirer et être reconnaissants de tout ce que nous avons la chance d’avoir et des innombrables bienfaits dans lesquels nous baignons chaque jour… parce qu’en vérité :

« Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? »

(1) Rapporté par Al-thirmidi

(2) Coran : 16/90

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