Un coup dans l’âme

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Un coup de poing venait de lui arracher un cri. Une douleur lancinante dans la tête, elle pensa un moment qu’elle allait mourir. Son regard croisa le sien. Un regard où elle lut tant de violence et de haine. Ses yeux avaient croisé les siens tant de fois durant ces longues années de mariage ; ils avaient exprimé le désir, l’amour, la complicité, la tendresse et la douceur mais aujourd’hui ses yeux n’étaient plus que colère.

Comment avaient-ils pu en arriver là ? Comment osait-il lever la main sur elle ?

Lui ! Cet époux qu’elle avait tant chéri et aimé ? Elle avait supporté ses défauts et ses imperfections. Elle était restée alors qu’elle aurait pu partir mais l’amour qu’elle lui portait la faisait rester et patienter. Jusqu’à ce jour où la violence conjugale n’était plus seulement des mots, des insultes ou des humiliations mais des coups au corps, des coups à l’âme, des coups qui brisaient tout ce qu’il lui restait d’espoir.

Lui ! Cet époux qui devait la protéger, l’aimer et lui assurer la sécurité. Lui ! Qui devait s’indigner si quelqu’un osait manquer de respect à son épouse et la protéger contre tous les coups. C’est lui aujourd’hui qui les portait !

Nombreuses, dans le monde, sont ces femmes qui subissent des violences de la part des hommes et les chiffres parlent d’eux-mêmes. En effet, selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent pour une femme âgée de 15 à 44 ans un risque plus grand que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis.

Les chiffres font froid dans le dos : rien qu’en France, une femme meurt tous les trois jours, dans tous les milieux, à la ville comme à la campagne, sous les coups de son conjoint. 

Le Prophète, paix et bénédiction sur lui, ne cessait de rappeler le bon comportement que l’homme doit avoir envers la femme. D’après son épouse Aïcha, que Dieu l’agrée, Le Prophète, paix et salut sur lui, a dit « Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur avec sa famille. Et je suis le meilleur avec ma famille. » (1)

Lui-même n’a jamais porté la main ni sur un enfant, ni sur une de ses épouses. Combien sont nombreux ceux qui se servent de la religion en s’appuyant sur un verset pour s’autoriser le droit de battre leurs femmes. Parce qu’ils ont compris, sans chercher à comprendre la signification de ce verset, qu’il était autorisé à l’homme de frapper son épouse ; les coups pleuvent et ce dès que le mari n’a pas de son épouse ce qu’il désire !

L’Islam, religion de paix et d’amour qui ordonne de vivre de la meilleure des manières avec son épouse, autoriserait-il de frapper la femme ?

Tu frappes mon frère celle que tu as choisie et chérie un jour, celle qui prend soin de toi et s’occupe de tes enfants et de ton foyer. Celle qui a quitté ses parents, ses habitudes et parfois même sa ville et ses amies, te faisant confiance quant à l’amour que tu lui portais et comptant sur toi pour la protéger ?

Comment peux-tu donc te servir de ta force physique contre un être si fragile ? Rien ne peut excuser qu’un homme lève la main sur une femme. Rien ! Dans les plus grandes de tes colères, dans les plus profondes de tes déceptions, dans tes jours les plus amers, rien ne t’autorise cela !

Abu Houreyra, que Dieu l’agrée, mentionne qu’un homme dit au Prophète, paix et salut sur lui : « Conseille-moi ». Il lui répondit : « Ne te mets pas en colère ». L’homme répéta plusieurs fois sa requête et chaque fois le Prophète lui répondit : « Ne te mets pas en colère ! » (2)

La colère est néfaste et elle n’apporte rien de bon. Nombreux sont les conseils que le prophète, paix et salut sur lui, a donnés pour maîtriser la colère.

On ne peut laisser son égo prendre le dessus lorsque l’on aspire à Dieu. On ne peut laisser son égo prendre le dessus lorsque l’on veut cultiver le bon comportement ! On ne peut laisser la colère nous amener à frapper lorsque l’on veut gagner le Paradis.

A toutes les femmes victimes de violences conjugales, que Dieu vous apaise.

(1)Rapporté par Thirmidhi

(2)Rapporté par Boukhari

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