Noël, quelle éthique ?

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Les décorations de Noël inondent nos rues, la féerie de cette période se ressent dans les écoles, les lieux publics, les foyers de nos concitoyens. Comme chaque année, de nombreuses familles musulmanes se posent des questions, que faire chez nous ? Comment se positionner par rapport à cette fête, par rapport à ceux qui dans notre entourage la célèbrent ? Nos enfants risquent-ils de mal vivre cette période, alors que leurs camarades de classe vont afficher leur bonheur, défiler avec leurs cadeaux ? Et que faire lorsque les parents et grands-parents célèbrent Noël et vous invitent à cette tradition familiale ? Qu’apprendre à nos enfants, comment leur expliquer, leur inculquer la bonne éthique ?

Même si cette fête ne tient pas ses bases de la religion, elleest devenue importante depuis des siècles. Comment se situer, en tant que musulman ?

Comment l’expliquer à nos enfants ?

Anas, que Dieu l’agrée, rapporte que lorsque le Prophète, paix et salut sur lui, arriva à Médine, il constata qu’il y avait deux jours durant lesquels les gens avaient l’habitude de faire la fête. Le Prophète, paix et salut sur lui, demanda : « Que sont donc ces deux jours ? » Les gens dirent: « Nous avions l’habitude de les célébrer durant la période de antéislamique. »Le Prophète, paix et salut sur lui, répliqua alors: « Dieu vous a donné en échange deux jours bien meilleurs que ces deux-là, le jour d’el Adha et le jour d’el Fitr. »(1)

Ce hadith résume à peu près tout ! Nous avons dans notre foi deux fêtes essentielles à notre spiritualité afin d’atteindre la proximité divine. C’est ainsi qu’en tant que parent, nous pouvons au travers des fêtes musulmanes être à la hauteur des attentes de nos enfants, si nous réussissons à combler leur besoin d’appartenance, à préserver leur nature primordiale (Fitrah), nous aurons accompli le plus gros du travail.

L’Hommedans sa nature primordiale a besoin de faire la fête, d’être enjoué, joyeux, heureux. Il est naturel qu’un enfant ne fêtant pas comme il se doit les deux fêtes de l’Aïd envie ses camarades de classe lorsque les fêtes de fin d’année arrivent. Mais un enfant qui aura eu « le plein de fête » ne connaîtra pas de frustration et aura une attitude positive fasse aux enfants fêtant Noël, comme d’ailleurs les enfants de parents d’autres confessions religieuses peuvent ressentir une envie passagère lors de nos fêtes musulmanes. L’être humain est une sorte de réservoir, en faisant le plein d’amour, de sécurité, d’appartenance, de bonheur… il peut avancer, sûr de lui et de ce qu’il est, si Dieu le veut bien.

La différence entre les fêtes musulmanes et les autres sont la médiatisation, les décorations communales en fin d’année et les rayons débordant d’hypers et supers cadeaux plus merveilleux les uns que les autres pour les enfants. Il est possible d’expliquer cela aux enfants, et ce dès le plus jeune âge, afin qu’ils comprennent et intègrent, non pas la société pour l’imiter, mais les faits pour participer à l’évolution de cette même société. Noël, c’est une grande fête en France, pour les chrétiens mais pas seulement ; l’occasion de se retrouver en famille, de partager, entretenir les liens… Et Dieu, dans Sa grande Clémence a offert deux fêtes aux musulmans, deux fêtes lors desquelles nous pouvons faire de grandes choses et cela ne tient qu’à nous.

Parents, grands-parents qui fêtent noël ?

Certains convertis, issus de familles chrétiennes ou non, honorent les traditions familiales en participant aux fêtes de fin d’année auprès de leurs proches ; d’autres évitent le réveillon et passent quelques heures avec leur famille le 25 décembre ; certains appellent uniquement afin de souhaiter une joyeuse fête …

Visiter sa famille, lui faire honneur, entretenir les liens, être de bonne compagnie… font parties des bonnes œuvres auxquelles Dieu invite les croyants, à l’instar du verset où Dieu le Très Haut dit : « Adorez Dieu et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Dieu n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant » (2)

Ainsi, il est vivement recommandé pour le croyant de visiter ses proches en ces jours de fêtes de fin d’année, car cela est humainement naturel et fait partie de l’éthique du fidèle d’honorer les membres de sa famille et de saisir toutes les opportunités pour alimenter et renforcer les liens. Nouer ce lien de parenté, c’est être au cœur même de la pratique de notre religion.

Souhaiter de joyeuses fêtes ?

La bonté envers le «  voisin » est également une exhortation divine, comme il est mentionné ci-dessus. Une éthique qui nous est recommandée envers toutes les personnes que nous croisons au cours de notre journée : que ce soit les voisins du palier, les gens de sa rue ou encore ceux que nous rencontrons fréquemment dans les transports en commun, au travail, à la boulangerie…

Un bon comportement qui incombe à tout croyant, comme nous l’enseigne le Prophète, paix et salut sur lui : « Les croyants qui ont la foi la plus complète sont ceux qui ont le meilleur comportement » (3) Cette bonne conduite commence par la politesse, une base que tous les individus de la société partagent. .Ainsi, souhaiter de joyeuses fêtes à nos chers « voisins » fait partie des bonnes manières du fidèle ; une occasion pour entretenir de bonnes relations avec les gens de son entourage et témoigner de notre attention à leur égard.

Faisons rayonner nos cœurs !

Les fêtes de fin d’année sont ainsi des moments propices, à travers les visites et le partage pour manifester notre bonté, notre amour envers les proches qui ne sont pas de confession musulmane ; mais aussi une opportunité, à travers les vœux, pour témoigner notre bienveillance envers nos concitoyens

La douceur, le bon comportement, l’ouverture d’esprit et l’amour partagé permettent d’attirer les gens à la foi, faisons rayonner nos cœurs et notre spiritualité aussi fort que rayonnent toutes les décorations de Noël. Nos cœurs sont les réceptacles de l’amour et en ces temps difficiles, sachons inonder les autres de foi, d’amour et de paix.

(1)     Hadith rapporté par Abou Dawoud

(2)     Coran 60/8

(3)     Hadith rapporté par Ahmed, Abou Daoud et at-Tirmidhi

2 Commentaires

  1. Certains « convertis »… Je vomis ce terme qui, pour moi, est trop sectaire, trop suranné, hérité d’une époque bien dépassée depuis et qui ne conote que méprise et incompréhensions de part et d’autres d’ailleurs.
    Continuez à vous battre (j’entends cette notion dans son sens le plus large) si ça vous plaît tant.
    Je sais très bien de quoi je parle ici, moi ce « converti », cette espèce à part, hybride et fantasmée, dont on ne sait réellement si elle est « avec nous » ou encore en partie « avec eux ».
    Pardon pour le lecteur de passage.
    Dieu Voit et à mes yeux, le reste n’est que très relatif, très relatif…
    Un « converti » donc qui ne réveillonnerait pas avec ses proches?
    Tiens donc et pourquoi ça ?
    Comment envisage t-on ici ce « vivre avec »?
    Au risque d’en décevoir certains, pardonnez m’en je vous prie, mais je n’ai pas « choisi de camps », moi. Ou plutôt je n’ai pas choisi le camps que certains voulaient bien me proposer.
    Désolé pour les va t-en guerre de tout genre.
    Je n’ai pas décidé de vivre ma foi « contre » les uns ou « contre » les autres, mais j’ai décidé de la vivre « avec » les uns et « avec » les autres.
    Oui cher frère de foi, même si certains remplissent par exemple leur verre d’alcool ou leur estomac de viande de porc, même si certains vivent leur religiosité, leur rapport au Divin différemment de moi, j’ai décidé de ne pas les laisser tomber.
    Parce que moi, venant d’où je viens, je n’en n’ai pas le droit.
    Au contraire, je me sens responsable d’eux. Dieu m’ a fait redecouvrir ce qu’eux cherchent peut-être encore au plus profond d’eux-mêmes.
    Puis-je les abandonner face à tant d’incompréhension, de confusion, de malentendu voire de détresse?
    Certes non !
    Que Dieu me Préserve d’un tel déni et d’une telle hypocrisie !
    Désolé pour la frustration et pour la disqualification que certains voudront bien prêter à mes propos lorsque celle-ci ci ne me sera pas directement personnellement adressée.
    Je vous rends tout ça, reprenez-le je vous prie. J’insiste.
    Ce sont ces mêmes qui se réjouiront par la suite de voir certaines de ces âmes « perdues, égarées ou que sais-je encore…  » venir les rejoindre dans l’adoration collective manifestée à Notre Créateur à tous sans exception aucune.
    Cessons enfin cette masquarade dans laquelle, je n’ai pas peur de le dire ici, beaucoup trop de « convertis » participent bon gré, et malgré eux.
    N’attendons pas de l’autre qu’il puisse comprendre notre point de vue si dans le même temps, nous nous refusons à le lui faire partager entièrement.
    Dieu Sait Mieux.
    Que Dieu nous Aide !

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