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Prix explosifs, agences hors-jeu : le hajj 2022 dans la tourmente saoudienne

Un hajj 2022 qui restera dans les annales. Le basculement vers une plateforme privée sous contrat avec Djeddah en lieu et place des agences de voyage a provoqué le chaos en France. La coordination du hajj de France tire la sonnette d’alarme. Retour sur une semaine de folie.

Mais qu’est-ce qui est tombé sur la tête des Saoudiens ? Cette pensée a certainement traversé l’esprit de nombreux musulmans en France et ailleurs cette semaine. Les nouvelles mesures mises en place par les autorités saoudiennes pour l’organisation du hajj 2022 ont pris de vitesse tous les organisateurs.

La nouvelle donne saoudienne

Les agences de voyages, intermédiaires entre les pèlerins et le consulat saoudien, vont vraisemblablement disparaître du paysage, au profit de Motawif, une plateforme privée de réservations en ligne.

Beaucoup y verraient une bonne nouvelle, étant donné les fraudes, annulations de dernière minute et dépôt de bilan déposés en catimini qui ont à l’occasion ruiné des fidèles et enrichi plusieurs agences. Le marché, anarchique, a toujours peiné à se réguler en l’absence d’une institution statutairement habilité à le faire. Le hajj relevant du tourisme, le marché gardait la main. Jusqu’à ce que Djeddah change partiellement les règles.

La ‘omra d’abord. L’obtention d’un visa au consulat a permis ces dernières années aux fidèles de contourner les agences. Libres à eux de trouver leurs réservations et leurs guides. La première brèche dans le dispositif était ouverte.

Un hajj à 9000 euros !

Mais en damant subitement ces derniers jours le pion à toutes les agences, aux imams officiant comme guides et à l’ensemble des intermédiaires d’un réseau relié au consulat pour fournir les visas, en se servant grassement au passage, l’Arabie saoudite a révolutionné le marché. Pour le meilleur ou pour le pire ? Trop tôt pour le dire.

Malheureusement, ces changements ne semblent pas annoncer pour autant des baisses substantielles de prix. De 6000 euros par personne en moyenne, ce qui était en soi déjà considérable, avant le COVID, jusqu’à 9000 euros aujourd’hui, le hajj, pour la grande majorité des fidèles, est définitivement sur une autre planète.

Selon Motawif, plusieurs forfaits « sur mesure » et conformes « aux budgets » seront proposés à ceux qui auront été tirés au sort pour accomplir le hajj. Mais aucun aménagement de paiement n’est pour le moment envisagé.

Motawif : le 19 juin, date limite d’inscription pour le hajj 2022

Mizane.info a donc contacté la régie de Motawif pour en savoir plus.

Une fois inscrit et sélectionné par tirage au sort, le fidèle reçoit plusieurs forfaits. Le forfait inclue l’avion et l’hôtel. Des guides sur place accompagneront les fidèles durant leur pèlerinage, selon Motawif.

Combien de fidèles pourront partir en France ? Aucune réponse pour le moment « Jusqu’à présent, le ministère n’a pas encore mentionné le quota pour chaque pays », nous a-t-on répondu. Tout en nous indiquant que le ministère saoudien ne mentionnera ces quotas qu’après avoir pris connaissance du nombre d’inscrit sur Motawif.

Information importante, les inscriptions seront valables jusqu’au 19 juin inclus.

Les forfaits proposeront en outre une desserte à Médine pour ceux qui en auront fait le choix. On ignore encore les tarifs des forfaits proposés sur Motawif. Ceux qui ont déjà réalisé leur hajj, les années passées, pourront également s’ils sont tirés au sort, l’accomplir à nouveau, selon les informations de la permanence téléphonique recueillies par Mizane.info.

Pour la Coordination du hajj de France, une annonce « troublante »

En France, cette annonce n’a pas été du goût des agences de voyage comme on pouvait l’imaginer. La coordination du hajj de France (CHF) évoque « une démarche troublante et comportant des risques très importants au bon déroulement du pèlerinage au départ de la France ».

La CHF énonce aussi les risques inhérents au sous-traitement du hajj à une seule structure privée.

« L’absence d’une assurance annulation voyage », « l’absence de garantie des prestations en cas de défaillance de la société privée saoudienne et l’inexistence de voies de recours en France » (ce qui était déjà le cas pour des agences de voyages « défaillantes » en France). La CHF met aussi en avant l’absence de personnels encadrants sur place.

Source : Mizane.info

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