Nous sommes ce que nous mangeons

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L’influence de l’alimentation sur notre santé n’est plus à démontrer. Comment bien se nourrir ?

On pourrait croire que dans nos cultures occidentales, où l’on dispose de pléthore de denrées et messages récurrents sur la nécessité de bien se nourrir, adopter un juste comportement alimentaire semble être à la portée de tous. Mais derrière les discours institutionnels, la présence de pesticides, additifs, OGM et autres polluants dans nos assiettes rend compte d’une situation difficilement contrôlable et complique les choix du consommateur.

« L’aliment équilibré et de qualité est le premier garant de la santé, le déséquilibré et le pollué le premier poison » (1)

Qu’est-ce qu’une bonne alimentation ? Nous aimerions pouvoir donner une réponse simple. En réalité les besoins divergent : selon les tempéraments, les morphologies et les capacités digestives, l’alimentation idéale pourra varier d’une personne à l’autre. En naturopathie, en médecine chinoise ou en ayurvéda, le praticien tient compte des particularités individuelles avant de prodiguer des conseils nutritionnels. Stéphane Tétard, naturopathe à Montreuil (93), distingue plusieurs terrains pouvant rappeler la classification hippocratique des tempéraments (sanguin, bilieux, etc.). Il insiste sur la nécessité d’adapter l’alimentation en fonction des besoins de chacun : « Certains aliments, comme les crudités et le jus d’orange, peuvent être bons pour les uns et déconseillés aux autres. Elles ne conviennent pas par exemple aux personnes frileuses, dotées de moins bonnes capacités digestives » explique-t-il

Bien se nourrir pour bien vivre

Au-delà des particularités de chacun, de plus en plus de spécialistes reconnaissent que l’alimentation industrielle élaborée à partir de produits raffinés contient un grand nombre d’aliments « poisons » qui encrassent notre organisme. Sont visés : les graisses hydrogénées, le blé et le sucre raffinés, l’excès d’aliments carnés (surtout de viande rouge) ainsi que le lait et ses dérivés. De nombreuses personnes présentent aujourd’hui une intolérance au gluten (contenu notamment dans le blé) et à la caséine de lait, parfois sans le savoir. Pour Stéphane Tétard, il suffit parfois d’éliminer une catégorie d’aliments pour résoudre certains problèmes : « J’ai pu observer que la suppression du lait de vache chez des enfants souffrant de pathologies ORL à répétition pouvait être vraiment bénéfique »

Idéalement, notre assiette devrait contenir un maximum de produits frais et de saison, si possible de provenance locale, ce qui est loin d’être le cas. En outre, notre alimentation est souvent carencée en minéraux en oligo-éléments, vitamine B et oméga 3. « En milieu urbain, compte tenu de notre mode de vie et du stress qui l’accompagne, nous devrions sensiblement augmenter nos apports en magnésium », souligne le naturopathe.

Concrètement, on ne consomme pas assez d’oléagineux (noix, amandes…), sources d’oméga 3 et de magnésium, ni de légumes à feuilles vertes, riches en vitamines et en calcium. « Cinq fruits et légumes par jour, c’est vraiment le minimum. Nous ne mangeons pas assez de végétaux », rappelle Stéphane Tétard. Par ailleurs, des croyances erronées persistent : c’est le cas des prétendus bienfaits du lait sur la prévention de l’ostéoporose. Certains chercheurs, parmi lesquels l’éminent Pr Walter Willett, président du département nutrition de l’école de santé publique d’Harvard, n’hésitent pas à remettre en cause cette idée reçue, expliquant qu’il n’existe là aucune relation de cause à effet. Et de rappeler que c’est dans les pays les plus grands consommateurs de lait que l’on recense le plus de fractures…

Ingrédient essentiel : le plaisir de manger

Bien manger ? Un savant mélange de bon sens, de sagesse et aussi de plaisir. Sachez-le : un excès temporaire ou l’ingestion occasionnelle d’aliments « poisons » ne vont pas compromettre votre équilibre alimentaire. «  Une canette de soda ou une pâtisserie de temps en temps ne posent pas de problème. Ces produits seront bien assimilés s’ils entrent dans le cadre d’un régime alimentaire équilibré », rappelle Stéphane Tétard. Inutile de sombrer dans l’ascétisme, manger doit rester un plaisir ! Notons que la rigidité peut conduire à des dérives telles que l’orthorexie, cette obsession récente pour les aliments santé. Et si, pour bien manger, il suffisait de réapprendre à écouter les besoins de notre organisme.

L’équilibre acido-basique trop souvent négligé

L’excès d’acidité est une conséquence fréquente du mode d’alimentation moderne. Fatigue, maux de tête, frilosité, nervosité, douleurs musculaires et articulaires sont quelques-uns des symptômes détectant un excès d’acidité dans l’organisme. Les organes émonctoires (peau reins, foie, poumons, utérus) éliminent quotidiennement les toxines mais leurs capacités peuvent venir à saturer. Pour savoir si le pH de votre organisme est équilibré, un simple test : procurez-vous une bandelette de papier pH en pharmacie ou dans un magasin diététique et déposez dessus quelques gouttes de la seconde urine du matin, puis de celles précédant chaque repas pendant 2/3 jours. Compris entre 0 et 14, le pH est équilibré autour de 7. En deçà de 6.5, on parle d’acidose : l’organisme doit alors fournir des molécules dites « neutralisantes » (carbonate de calcium issu des os et des dents, magnésium des os ou potassium des muscles), au risque de se retrouver carencé en minéraux. Pour rétablir l’équilibre il faudra limiter aliments acidifiants (viandes, céréales et légumineuses, produits raffinés) ou acides (agrumes, yaourts, vin, etc.), au profit des basifiants et reminéralisants (légumes, pommes de terre, graines germées, etc.). Parallèlement à cela, une activité physique régulière comme la simple marche à pieds et des exercices de respiration permettront à l’organisme de se réoxygéner.

(1) Gilles-Eric Séralini, Extrait de Nous pouvons nous dépolluer, Ed J. Lyon, 2012

Source : https://www.kaizen-magazine.com/article/nous-sommes-ce-que-nous-mangeons/

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