Pourquoi vouloir la tête de « Pascal Boniface » ? (2/2)

Dans la première partie de l’article, nous avions modestement exposé une réalité des agissements des politiques face au conflit israélo-palestinien. L’analyse s’est focalisée sur le parti socialiste, car Pascal Boniface est issu de cette tendance politique et aussi parce que ce parti est l’exemple même de cette hypocrisie d’une certaine justice du « deux poids deux mesures ».

 

On remarque aussi, qu’à travers l’actuel président de la République, Nicolas Sarkozy, l’UMP n’est pas non plus en reste sur cette hypocrisie vis-à-vis de cette question du Proche-Orient. Reconnaissons tout de même à certains petits partis politiques une franchise et un soutien objectifs aux revendications des Palestiniens.

Intéressons-nous maintenant au livre « Les intellectuels faussaires, le triomphe médiatique des experts en mensonge » (1). L’auteur Pascal Boniface, rappelons-le, est le directeur de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS).

Comme il le présente dans son livre (2), cet ouvrage se divise en deux grandes parties : la première donne une explication au succès de ces hommes et femmes désignés comme « intellectuels faussaires », et la seconde se focalise sur des exemples précis de ces « experts en mensonge médiatique ».

Premier volet : les intellectuels faussaires

Le premier volet s’intitule « la malhonnêteté intellectuelle en général ». Il y explique comment certains intellectuels peuvent avoir recours aux mensonges dans leurs argumentations. Alors qu’ils ont une certaine notoriété auprès des médias, ils ne se gêneront pas de développer des théories fausses qui vont dans le sens d’une orientation bien voulue et de façon subjective. Or, ce type de procédé ne sert en aucun cas l’intérêt des citoyens français qui, tout simplement, ont  droit à la vérité.

Pascal Boniface y montre également comment tous ces mensonges peuvent passer sans que l’auteur de la tromperie ne soit repris ou mis en garde. Ces gens, dit-il, profitent de la protection d’une élite qui leur assure cette notoriété. Les médias ont leur part de responsabilité d’après le directeur de l’IRIS, notamment car les nouveaux procédés d’information des médias (précipitation, course à l’information) encouragent cette situation en se contentant de peu d’argumentations sur des sujets qui logiquement le nécessitent.

Ce premier volet met aussi en évidence le lien entre cette malhonnêteté intellectuelle et les défenseurs inconditionnels d’Israël (3). Dans le but de justifier les persécutions israéliennes envers les Palestiniens, ou encore de légitimer la colonisation par l’Etat hébreu, des intellectuels français juifs (pas tous) n’hésitent pas à justifier l’injustifiable. Cela nous rappelle parallèlement les agissements de politiques français sur cette question du Proche-Orient, ceux qui d’ailleurs aujourd’hui bataillent pour la présidence de la République française (4).

D’après l’auteur, Les intellectuels faussaires, ont trouvé un bouc émissaire en la religion musulmane. Certains, effectivement, fabriquent et alimentent la peur de l’Islam (5) au sein de la société française.

Cette première partie du livre montre aussi les outils concrets dont disposent ces gens que Pascal Boniface qualifie d’intellectuels faussaires. Il y a d’abord les plateaux de télévision, les radios, puis les articles et les chroniques dans les journaux, mais aussi les maisons d’édition à travers des livres.

Le directeur d’IRIS n’a pas eu le même accueil que ces intellectuels auprès des maisons d’édition pour publier son livre. Comme il le disait, quatorze éditeurs contactés n’ont pas souhaité donner suite à son projet de livre. Mais pourquoi donc ce refus ?

Deuxième volet : les experts en mensonge médiatique

Si cette première partie dénonce la malhonnêteté intellectuelle, elle ne désigne personne directement. Par contre, la seconde partie est beaucoup plus directe. En effet, Pascal Boniface y trace une liste de plusieurs écrivains, intellectuels et journalistes qu’il considère comme « experts en mensonge médiatique ». Son exposé ne manque pas de descriptions de faits et de citations pour argumenter son point de vue. C’est cette dénonciation nominative d’« experts en mensonge » qui contribue fortement à « vouloir la tête de Pascal Boniface ».

Il y cite par exemple la journaliste Caroline Fourest qu’il qualifie de « serial menteuse ». Il décrit comment C.Fourest va faire de son combat contre l’Islam radical son « gagne-pain » médiatique (6) ; et ceci en développant la théorie de la peur de l’Islam. L’auteur reprend aussi les écrits non fondés de la journaliste sur Tariq Ramadan, qui ne reposent sur aucun document fiable et sérieux. D’ailleurs, Tariq Ramadan a mis en dérision les propos de la journaliste dans un débat télévisé en 2011 qu’ils ont eu chez Frédéric Taddeï sur France 3 dans la très respectable émission « Ce soir ou jamais ».

Une autre figure médiatique est longuement décrite dans cette seconde partie : Bernard Henri-Lévy (BHL). A ce dernier, Pascal Boniface réserve la fin de son livre puisqu’il le surnomme « le seigneur et maître des faussaires » (7). Enormément de faits sont détaillés et mettent en cause l’aspect faussaire de BHL. De sa justification inacceptable des actes barbares de l’armée israélienne jusqu’à ses mensonges répétitifs sur les différentes problématiques communautaires et sociales en France. Le riche pseudo philosophe ne recule devant rien,  même si ses propos baignent dans le ridicule total.

Toujours par rapport à BHL, l’auteur dénonce un réseau d’influence au profit du concerné. Alors que beaucoup de ses conclusions sur différents sujets relèvent du niveau d’un « étudiant », et d’une supercherie intellectuelle, Bernard-Henri Lévy trouve toujours le moyen de s’en sortir indemne, voire plus triomphant. Mais à qui la faute !

Le livre expose la manière dont procède BHL pour continuer à proliférer des mensonges tout en continuant à s’assurer une présence plus imposante dans les médias. Sa première arme est d’accuser d’antisémitisme ceux qui critiquent objectivement ses écrits et ses faits. La deuxième repose sur son réseau d’influence auprès des politiques, des hommes d’affaires et d’autres intellectuels et journalistes. Ces différentes catégories de personnes lui permettent de continuer à vivre médiatiquement, malgré son travail intellectuel que beaucoup ont qualifié de médiocre.

On note une troisième arme qui nous semble être la plus grave et la plus déshonorante, surtout pour un BHL qui se définit comme un « voltairien exemplaire ». Cette arme est tristement « la censure ». Dans son livre, Pascal Boniface décrit plusieurs affaires où notre « voltairien exemplaire », est intervenu personnellement pour empêcher la publication d’écrits le mentionnant négativement. Malheureusement, pour l’idée que nous nous faisions de la liberté d’expression, il réussit dans beaucoup de cas sa pratique de la censure.

On imagine bien que Bernard-Henri Lévy ait sorti « ses griffes » contre le livre « les intellectuels faussaires ». Il aura utilisé son réseau d’influence pour empêcher sa publication. On comprend mieux aussi pourquoi de grands éditeurs ont refusé de donner suite à la demande de Pascal Boniface.

Un hold-up médiatique en France ?

Le mot hold-up peut sembler inadéquat pour certains. Mais le malaise est réellement présent pour pas mal de journalistes et spécialistes des médias. Les réseaux d’influence empoisonnent la neutralité des médias, et limitent la liberté de la presse, la liberté tout court.

Alors qu’aujourd’hui les principaux grands médias en France se retrouvent entre les mains d’une poignée d’hommes, la mode est à l’entraide malsaine entre certains politiques, une catégorie d’intellectuels et patrons de ces médias.

Un article de René Naba intitulé « Le dispositif médiatique français, une singularité dans le monde occidental » (8) nous rappelle dans un premier temps que Reporters sans frontières classait en octobre 2010 la France en 44éme positon en matière de liberté de la presse. Cet article continue de montrer ce que nous évoquions plus haut, à savoir qu’Arnaud Lagardère et Serge Dassault (8), deux grands patrons français, détiennent une grande panoplie de médias. Et ce sont ces mêmes protagonistes qui sont décrits comme étant des « amis proches » de Nicolas Sarkozy.

C’est dans cette ambiance médiatique que Pascal Boniface essaie de publier ses réflexions et ses recherches, bien qu’elles déplaisent.

A vouloir être sincère dans ses écrits, il est évident que d’autres veulent lui barrer cette route de l’honnêteté intellectuelle. Ceux même qui manquent à cette vertu si importante

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(1)   : « Les intellectuels faussaires », Jean-Claude Gawsewitch, 2011, 247 pages.

(2)   : Idem, page 77.

(3)   : « Les intellectuels faussaires », Jean-Claude Gawsewitch, 2011, p 45-49.

(4)    : voir 1ére partie de cet article.

(5)    : « Les intellectuels faussaires », Jean-Claude Gawsewitch, 2011, p 61-72.

(6)    : Idem, p 91-104.

(7)    : Idem, p 167-203.

(8)    : http://www.renenaba.com , novembre 2010.

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