Qu’est-ce que s’engager pour Dieu ? (2/4)

Venons-en maintenant à ce que le Coran et la Sounna nous enseignent en matière d’engagement.

Pour ce faire, nous nous arrêterons un instant sur un passage bien connu du Coran et qui énonce la notion d’engagement au sens de pacte. Il s’agit du pacte prééternel que les hommes ont pris envers Dieu en témoignant qu’Il était leur Seigneur.

Dans la sourate LES REDANS, versets 172-173, Dieu nous dit : « Quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam, Il les fit témoigner envers eux-mêmes : « ne suis-Je pas votre Seigneur ? Ils dirent : « certes oui, nous témoignons ! » et cela pour que vous ne disiez pas le Jour de la résurrection « nous avons été pris au dépourvu… »

Le témoignage des hommes quant à la Seigneurie de Dieu constitue le pacte qui les lie à Lui. Tout pacte, tout engagement en Islam, d’une manière ou d’une autre, est comme la réfraction dans la vie présente de ce pacte originel qui affirme la prééminence du Créateur sur la créature, du Seigneur sur le serviteur adorateur. Il faut souligner ici que ce pacte intervient avant même l’existentiation, il est donc premier. Il est même, dans une certaine mesure, la condition sine qua non au déploiement de l’humanité dans le temps. D’abord le pacte, l’engagement, ensuite seulement l’existentiation. Ce fait est déterminant. Il nous amène à comprendre pourquoi, pour le croyant, l’engagement, ici au sens de l’action dans la durée, ne peut se faire, ou ne devrait se faire, que pour Dieu. Pas d’engagement dans l’action sans engagement par le pacte, la promesse envers Dieu. « Dis : certes ma prière, mes actes d’adoration, ma vie et ma mort sont à Dieu, Seigneur des mondes, Il n’a point d’associé » (LES TROUPEAUX, verset 162)

L’engagement du croyant est donc nécessairement un engagement pour Dieu.

    Afin de mieux cerner les caractéristiques de l’engagement pour Dieu, nous allons désormais tenter de répondre à quatre questions :

  • Tout d’abord : quel engagement ? Il s’agit ici de répondre à la question de l’application. Dans quel domaine s’engager ?
  • Pourquoi l’engagement ? L’engagement est-il une activité ponctuelle et facultative ou bien est-il essentiel pour le croyant.
    Ici, se pose la question du sens.

  • Comment s’engager ? A ce stade, nous tenterons de donner quelques éléments de méthode.
  • Enfin, quels sont les obstacles à l’engagement.

1. Quel engagement ? Lorsque le croyant s’engage pour Dieu, dans quoi s’engage-t-il ?

Le premier engagement est l’engagement personnel dans l’éducation spirituelle, la purification du cœur, et dont le point de départ est la prise de conscience de la servitude ontologique de l’homme à l’égard de Dieu, ce qu’on appelle le repentir, le retour à Dieu. Pas d’engagement dans le cheminement vers Dieu, sans ce repentir préalable dont l’essence est la reconnaissance de Dieu, des limitations de l’égo, de notre humaine finitude. L’engagement dans l’éducation spirituelle individuelle concerne la question du lien à Dieu. Bien souvent, c’est un événement, une souffrance, une perdition qui conduit à cette prise de conscience, qui elle-même pousse la personne à revenir à Dieu puis à l’engagement de persévérer dans la voie qui mène à Dieu. Ce pacte du cœur doit être suivi des actes qui le prolongent afin de le consolider et le revivifier, soit à travers des actes d’adorations, soit à travers l’engagement pour autrui, comme nous allons le voir.

Vient donc ensuite l’engagement pour les autres, les proches, les voisins, la fraternité à laquelle le croyant appartient, etc. Ici, de nombreuses formes d’engagements sont possibles. L’engagement dans le domaine des droits humains, celui de la Justice, dans les questions humanitaires, politiques, sociales, etc. Cet engagement est presque nécessairement un engagement organisé et collectif. Il est le prolongement de cet engagement premier qu’est le retour à Dieu.

Ces deux champs d’application de l’engagement pour Dieu trouvent leur légitimité dans le verset bien connu : « Certes Dieu ordonne la Justice et le Bel Agir et l’assistance aux proches. Et Il interdit l’indécence, l’injustice et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez.» (16:90).

2. Pourquoi l’engagement ?

La réponse à cette question est en partie contenue dans le verset précité. L’engagement pour la justice et dans le cheminement spirituel, avec comme visée le degré de ceux qui agissent conformément à l’excellence morale, est une obligation pour le croyant. Dieu ordonne l’un et l’autre. Ce lien constant entre la bonne œuvre et le fait de porter la foi est établie de manière constante par Dieu dans Son Noble Livre. Citons la formule maintes fois répétée : « … ceux qui croient et qui font les bonnes œuvres… ». Pas de foi, donc, sans engagement envers la créature de Dieu. Rappelons, à ce sujet, ce beau propos du Prophète (saws): « Toute la création est telle une famille dont Dieu a la charge et Dieu aime parmi ses créatures celle qui est bienfaisante envers cette famille dont Il a la charge » (Boukhari).

Cet engagement pour cette « famille dont Dieu a la charge » est, par ailleurs, une des conditions de l’engagement individuel sur la voie qui mène à Dieu. L’engagement pour autrui aide à cette purification du cœur qui est la porte menant à la connaissance de Dieu. Le croyant, engagé dans ce travail d’éducation individuel, doit participer à tout effort commun dont la finalité est la fraternité humaine, le soulagement de la souffrance…

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