Le Bienfait des cinq sens

0
1039

Il n’est de Dieu que Dieu, Tout-Puissant, Tout-Miséricordieux. Lui qui a sorti l’Homme du néant, l’a pourvu de facultés exceptionnelles, hormis la vie qui est elle-même un miracle dans un univers improbable, si ce n’est par la grâce d’un Créateur Omnipotent. L’intelligence, la mémoire, la clairvoyance et la raison comptent parmi ces facultés, et afin de nous amener à réfléchir sur ces dons précieux, Le Façonneur de toute chose, a créé pour nous des êtres qui n’ont pas ces atouts comme pour nous signaler l’importance de pouvoir en jouir. Nous aurions pu être créés inanimés telle la pierre, immobiles telle la flore, dépourvus de raison telle la faune. Nous aurions pu être créés doués de raison ainsi que le sont les anges, mais dépourvus de libre-arbitre, mais non ! Notre Seigneur et Créateur nous a élevés au-dessus de toute Sa création : « Puis Il lui (à l’homme) donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son Esprit. Et Il vous a assigné l’ouïe, les yeux et le cœur. Que vous êtes peu reconnaissants ! » [1].

L’ouïe

C’est le premier sens développé pour le fils d’Adam dans les matrices, et parmi les plus importants. Il permet d’être relié au monde extérieur, de pouvoir comprendre et être compris, sans ouïe, l’homme est enfermé dans un corps isolé du monde sensible. Il n’est pas étonnant pour l’être né sourd d’être également muet, non qu’il ne dispose pas des organes permettant d’user de la parole, mais le fait de n’avoir jamais entendu un son l’empêche de pouvoir le reproduire, il ne peut inventer ce qu’il ne connaît pas ! Pire que la surdité auriculaire, la surdité du cœur, telle que l’exprime Dieu dans le noble Coran : « Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir (de leur égarement). » [2]. L’organe de l’audition est un miracle de création Divine : l’oreille ne perçoit les sons qu’à travers une chaîne de réactions se produisant dans des organes plus petits (le marteau, l’enclume, l’étrier, etc.). Remercions notre Seigneur pour ce bienfait qui ne nous a coûté aucun effort, dont nous pouvons jouir quotidiennement. Demandez à quelqu’un qui en est dépourvu et vous en connaîtrez le prix.

La vue

« Et Dieu vous a fait sortir des entrailles de vos mères, ignorants de tout et vous a accordé l’ouïe, la vue et le cœur afin que vous soyez reconnaissants. » [3]. La vue est le second organe développé par le fœtus, et il permet également de communiquer avec le monde extérieur. Ce sens très complexe nous permet d’apprécier la beauté de la création, de l’apprécier en formes, en couleurs et de méditer sur la grandeur et la puissance Divines : « En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence. » [4]. Imaginez-vous évoluant dans un monde de ténèbres, n’apercevant rien, ne percevant aucune chose, dans quel désarroi seriez-vous ? Au lieu de cela, vous disposez d’une faculté sans équivalent, et d’un cerveau plus puissant que n’importe quel ordinateur ou autre intelligence artificielle, vous permettant de décoder toutes ces images et ces sons qui vous parviennent de tous horizons, ceci de façon totalement inconsciente !

Ibn al Qayyim (que Dieu lui fasse miséricorde) a expliqué : « Il y a un lien entre l’œil et le cœur impliquant que la préoccupation de l’un entraîne l’autre, qui est sain si l’autre est sain ou corrompu si l’autre est corrompu. Si le cœur est corrompu, le regard sera corrompu et si le regard est corrompu, le cœur sera corrompu ». Prenez donc garde à ce sur quoi se portera votre regard.

Le toucher

Les sensations, le chaud, le froid, la douleur ou le plaisir, tout cela ne pourrait être décrit s’il n’était vécu. Voilà un sens qui nous permet de nous sentir vivants, d’apprécier la santé et les jouissances de ce monde, de sentir le soleil et le vent sur notre peau. « Peut-on comparer Celui qui crée à celui qui ne peut rien créer ? Ne saisissez-vous donc pas la différence ? Si vous essayiez de compter les bienfaits de Dieu, vous ne sauriez les dénombrer. En vérité, Dieu est Plein de mansuétude et de clémence. Il est parfaitement Informé de ce que vous dissimulez et de ce que vous divulguez. » [5].

Le bien-être comme la douleur sont un signal d’alarme qui protège l’organisme, ces signaux sont véhiculés par le sens du toucher, et tout ceci est calculé minutieusement par Le Façonneur de toutes choses. Il existe des maladies rares qui rendent insensibles, Dieu les a créées comme pour nous dire : voyez-vous même dans le fait de ressentir la douleur, il y a une miséricorde pour les humains. Effectivement ces maladies congénitales, loin d’être une bénédiction, peuvent mener à la mort, car l’être ne se fixe plus de limite et court au-devant de grands dangers.

Parmi les miracles du Coran, il y a le verset qui précise que la douleur est ressentie au niveau de la peau, ce qui est confirmé par la science moderne qui démontre que les terminaisons nerveuses aux extrémités de la peau permettent ce ressenti, Dieu pour confirmer cela dit : « Certes, ceux qui ne croient pas en Nos révélations, Nous les ferons entrer dans le Feu. Chaque fois que leur peau se sera consumée, Nous leur en donnerons une autre en échange, afin qu’ils goûtent au châtiment. Certes, Dieu est Puissant et Sage. » [6].

Le goût

La vie d’ici-bas est faite de jouissances, celle de l’au-delà également pour celui qui craint Dieu comme il se doit. Tant de goûts sont dans la nature, tant de sensations qui comblent le corps et le cœur.  Du salé au sucré, en passant par l’aigre, l’acide ou l’amer, tout cela nous permettant d’apprécier les mets les plus délicats, comme les plus simples. Et à qui devons-nous rendre grâce une fois de plus ? Au Pourvoyeur sans restrictions, qui a créé tant de fruits et de légumes, et nous a rendu licite de nombreuses viandes de la terre et de la mer, Celui qui a mis à notre disposition de si nombreux breuvages, nous permettant de jouir de la  vie alors qu’auparavant nous n’étions rien.

Mais attention à ne pas commettre d’excès, le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) disait : « Ne tuez pas les cœurs par la nourriture et la boisson, car le cœur ressemble aux cultures, que l’excès d’eau tue. » [7]. Ainsi Dieu nous a prescrit le jeûne du mois de Ramadan, afin de permettre au corps de souffler et de le nettoyer de ses excès, la preuve en est la parole prophétique : « Jeûnez, vous acquerrez la santé. » [8].

L’odorat

Ce sens complète celui du goût, et permet d’apprécier la saveur des choses. Une bonne odeur annonce souvent un bon goût, Dieu a vraiment pensé à tout dans Sa mansuétude envers Ses créatures. Au-delà de cela Il a préparé des saveurs, des goûts et des odeurs que nul ne peut imaginer, pour ceux qui L’auront adoré de façon pieuse : « Voici la description du Paradis qui a été promis aux pieux : il y aura là des ruisseaux d´une eau jamais malodorante, et des ruisseaux d’un lait au goût inaltérable, et des ruisseaux d’un vin délicieux à boire, ainsi que des ruisseaux d’un miel purifié. Et il y a là, pour eux, des fruits de toutes sortes, ainsi qu’un pardon de la part de leur Seigneur. » [9]. Lequel des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous donc ?

Un sixième sens ?

Au-delà de ces cinq sens, il y en a un sixième, omis par ceux qui n’espèrent pas en Dieu ni au jour dernier. Ce sens est concentré dans l’organe principal de l’homme : le cœur. Il est un sens qui permet d’être connecté au divin, de réfléchir, de méditer et de s’élever spirituellement. De nombreux versets et hadiths sont consacrés à sa fonction : « Sachez qu’il y a dans le corps un organe qui, s’il est pur, purifie tout le corps et s’il est corrompu, corrompt tout le corps. N’est-ce pas que c’est le cœur.» [10].

En tant que croyants nous devons accorder une attention toute particulière à cet organe qui peut nous rendre vivant comme mort, le dépôt de la foi s’y trouve, et c’est par sa purification que passera notre salut, ce cœur dont Dieu Tout-Puissant dit : « Car les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le Nom de Dieu est évoqué ; ceux dont la foi augmente quand Ses versets leur sont récités et qui, en tout, s’en remettent à Lui. » [11].

 ——————————————————————————————

[1] Coran, sourate 32 (La prosternation), verset 9.
[2] Coran, sourate 2 (La vache), verset 18.
[3] Coran, sourate 16 (Les abeilles), verset 78.
[4] Coran, sourate 3 (la famille d’Imrân), verset 190.
[5] Coran, sourate 16 (Les abeilles), versets 17-19.
[6] Coran, sourate 4 (les femmes) verset 56.
[7] Al-‘Irâqî, Takhrîj ahâdîth al-ihyâ, n° 4.
[8] Abou Nou’aym.
[9] Coran, sourate 47 (Muhammad), verset 15.
[10] Bukhârî.
[11] Coran, Sourate 8 (les Prises de guerre), verset 2.

Laisser un commentaire

Merci de saisir votre commentaire
Merci de saisir votre nom

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.