Chère France…

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Chère France, tu t’enorgueillis de ton grand sens de la liberté, de la prétendue égalité que tu appliques à tous sans distinction, de la fraternité que tu offres à tes enfants quels que soient leurs parcours, leur provenance.

Je n’ai connu que toi durant toute ma vie, moi comme des millions d’enfants d’immigrés qui n’ont pas demandé à être là, mais qui malgré tout ont appris à t’aimer, à s’accommoder de ta condescendance, de ton orgueil. Baissant les yeux devant ce que tu as fait à nos ancêtres, devant ce que tu as fait subir à nos parents, ceux-là même qui ont reconstruit tes villes après la guerre, à laquelle leurs pères ont participé alors qu’ils n’y étaient pour rien.

Sache que je suis déçu, comme tant d’autres, triste de voir ce que tu deviens. L’intolérance s’installe en ton sein au fur et à mesure que mes cheveux blanchissent à tes côtés. Au nom de ta nouvelle religion, la sacro-sainte laïcité, que tu dévoies, au nom de la république dont tu trahis les valeurs, tu martyrises tes derniers nés : les musulmans.

L’histoire se répète et tu n’en retiens aucune leçon, il n’y a pas si longtemps tu distinguais les vrais Français, de ceux que tu voyais comme des gens à part, et tu recommences près de huit décennies plus tard.

Mais ce qui me rend le plus révolté, c’est que le sang d’un musulman, d’une musulmane ne vaut pas celui des autres. Tu rabaisses tes filles qui portent un voile, légiférant pour les empêcher d’étudier, de travailler, et bientôt d’accompagner leurs enfants lors les sorties scolaires. Certains parlent même de leur interdire l’espace public, au nom de leur libération soi-disant.

On tire sur les croyants, dans leurs lieux de cultes, on perquisitionne des innocents qui subissent des délations d’un autre temps. Tes hommes politiques, tes journalistes attisent la haine contre ceux dont le seul tort est de dire « il n’y a de dieu que Dieu ». Aujourd’hui dire « Dieu est le plus grand » est passible de prison.

N’avons-nous pas assez prouvé notre loyauté en condamnant ces fous qui commettent des crimes en « notre nom », alors que nous n’avons rien à voir avec eux ?

Ne sommes-nous pas assez innocents, assez blancs, assez purs à tes yeux alors que nous construisons cette nation main dans la main avec nos frères et sœurs en humanité et en patrie, que nous nous portons depuis des décennies au secours du faible et que nous contribuons aux efforts et aux sacrifices qui nous sont demandés comme tout un chacun ?

N’avons-nous pas le droit, même, d’aspirer à être laissés tranquilles, alors que notre religion trouve ses racines dans la paix ? Simplement pouvoir gagner sa vie, élever ses enfants et vivre dignement, sans cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, qui nous fait nous demander quand tombera le prochain couperet ?!

Nous subissons la discrimination à l’emploi et nous ne disons rien. On nous refuse l’accès aux logements et nous nous taisons. On nous contrôle au faciès en permanence et nous ne bronchons pas. On nous compte sur les doigts de la main en politique et nous pardonnons. On nous insulte à longueur d’année dans tous les médias et journaux et nous fermons les yeux. Nos frères de foi sont massacrés partout dans le monde et nous sommes démunis, n’ayant que nos yeux pour pleurer. Et malgré tout cela, ce sont nous les intolérants, les criminels ?! Demande aux Rohingyas, aux Ouïghours, aux Irakiens, aux Syriens, aux Palestiniens et à tous les peuples opprimés et massacrés que tu ne daignes même pas regarder, qui sont les criminels !

Le monde est tombé bien bas pour en arriver à rendre une catégorie des humains si peu digne de vivre en paix.

Nous avons tout subi, tout encaissé, rendant le mal par le sourire, faisant fi des paternalismes hérités des colonies, élevant nos enfants dans l’acceptation de l’autre malgré ce que la société leur renvoie de haine et de rejet.

Ce qui me fait prendre la plume pour t’écrire est le point culminant dans les tensions que nous atteignons, après le massacre de Christchurch, l’attaque de la mosquée de Brest, et aujourd’hui l’attentat de la mosquée de Bayonne, nous sommes au bord de l’explosion, ô mère !

Si tu ne fais pas taire les semeurs de haine, si tu n’ouvres pas tes bras de la même façon à tous tes enfants, que tu ne cesses tes stigmatisations et ton deux poids deux mesures, j’ai peur que tes enfants ne s’entre-déchirent, que les fous de tous bords n’en profitent !

Tu proposes un si beau rêve, une si belle histoire dans tes livres, que j’ai envie d’y croire comme tant de tes filles et fils, comme Françoise, Fatima, Louis, Mamadou, Abdelkarim ou Lee.

C’est un message d’amour et de paix que je t’adresse, en mon nom et au nom de tous les musulmans qui vivent sur ton sol, ne laisse pas s’installer la haine et la confrontation, car nous sommes tous sur le même bateau, et s’il coule nous en subirons tous les conséquences.

J’ai un rêve, un rêve avec lequel j’ai grandi et que je continue d’entretenir, je décide de le partager et de garder ma main tendue vers toi : le rêve de vivre à tes côtés, de te voir devenir ambassadrice de la paix et du droit dans le monde, de te voir devenir synonyme d’amour et de paix. De voir mes enfants grandir dans tes bras et défendre ton image à tous les niveaux.

Je rêve que tu deviennes cet endroit paradisiaque que l’on nous enviera partout dans le monde, celui où blancs, noirs, Arabes, hommes ou femmes, riches ou pauvres, croyants ou non, pourront vivre main dans la main et montrer la voie aux autres peuples. Je sais que tu en as les capacités, tu l’as si souvent prouvé.

Ne me déçois plus, je t’en conjure mère France, car sache que moi je t’aime !

12 Commentaires

  1. « Cher frère » et là c’est bien à toi que je m’adresse.Je ne suis pas d’accord avec l’intitulé de ton article même si je lis celui-ci avec beaucoup d’intérêt.
    Ton article exprime la douleur d’un amour trahi. « De deux êtres qui s’aiment, le plus aimé par Dieu est assurément celui qui aime le plus l’autre ». Peut être peut on envisager ce principe dans ce cas aussi, Dieu Sait Mieux.
    Tu pointes « la France ». A mon sens, pointer un système en place me semblerait plus pertinent.
    Tu parles ici de peuples musulmans martyrisés par d’autres qui ne le sont pas. Que fais tu du peuple Yémenite, par exemple, bombardé certes par de l’armement vendu et fabrique dans nos pays occidentaux (lorsque je dis « nos », je t’inclus évidemment dans ce « nos » parce que ce pays est tien aussi oui, oui, j’insiste la-dessus) mais opéré par une coalition de forces armées de pays majoritairement musulmans, eux, que sont les Emirats Arabes Unis ou encore l’Arabie Saoudite vers qui on se tourne plusieurs fois par jour pour prier notre Seigneur. Le sang de ces personnes est il moins sacré que celui des personnes que tu viens d’évoquer ?
    Ne te laisse pas aveuglé cher frère par ta colère, parce que celle-ci est assurément ton ennemi et finira tôt ou tard par te faire sortir de toi. Resaisis toi et reprends toi. Souviens toi du conseil Prophétique Mohametique (P. S. A. L) qui t’enjoint à ne pas y céder. Qui est ton véritable ennemi ? Tu le connais c’est le misérable, le maudit.
    Cher frère, cher Français, tu vis ici chez toi, pays d’adoption de tes parents peut-être même de tes grands parents souvent mal accueillis et deconsidérés par une population qui voyait peut-être en eux de possibles rivaux et concurrents à leurs emplois, de possibles leviers actionnés et brandis comme épouvantails par les milieux économiques et politiques pour casser les revendications de la classe ouvrière à des conditions de travail plus dignes (on appelle cette pratique désormais « le dumping social »). Ne te laisse pas instrumentalise. Aujourd’hui ce sont d’autres que l’on utilise pour cela. (delocalisations vers des pays toujours plus pauvres et moins disant socialement, travail des enfants, bientôt ce seront les robots, les algorithmes etc…) Certains ont été mis en concurrence les uns contre les autres toujours dans le même but, poursuivi par les mêmes acteurs, au profit des mêmes bénéficiaires à savoir le « grand capital ».
    Tu vois bien ce à quoi a abouti toute cette mise en œuvre aujourd’hui: moins de 1% des plus riches possèdent plus de 50% de l’ensemble des richesses mondiales. Les 99 autres % doivent, eux, se satisfaire de moins de la moitié des richesses mondiales produites et cette tendance va en s’accélerant. Du jamais vu depuis que l’on a mis en place de façon plus ou moins formelle les indicateurs macro économiques.
    Ce sont ces mêmes forces qui sont à l’œuvre et qui détruisent toujours plus notre belle planète poussant ainsi des populations entières à devoir quitter leur chez eux pour trouver refuge ailleurs où elles sont mal accueillis, vues par les populations locales en question comme sources de problèmes additionnels.
    En ce moment, en France, des élections approchent et notre cher président qui apprécie la place qu’il occupe actuellement, verrait peut être d’un bon oeil, en l’absence de programme politique réel, de pouvoir s’appuyer sur des peurs et des divisions ressenties de part et d’autre de la communauté nationale.
    Ne te voile pas la face et regarde la réalité en face. Quand ce n’est pas l’Islam ou les Musulmans qui sont désignés, ce sont les Russes et la Russie du grand méchant Poutine. Bientôt les Martiens, ces petits hommes verts venus d’une autre planète seront eux aussi sollicités pour servir d’epouventail et accréditer ce grand projet politique pour la France qu’est « le projet peur ».
    Ne te trompe pas de combat ici et ne te laisse pas distraire par quelques querelles artificielles savament orchestrées qui n’ont d’autre but que de détourner ton attention, faire ainsi diversion et te masquer momentanément l’impasse dans laquelle se retrouvent nos dirigeants à court d’idées. La croissance économique est en berne, il n’y a pas de planète de rechange. C’est l’impasse.
    La « France » ici n’est qu’un alibi derrière lequel certains qui ne l’aiment pas autant qu’ils le prétendent aiment se cacher.
    Evite ce piège éternellement tendu.
    Pourquoi ne pas essayer plutôt comme titre « cher système » par exemple parce qu’en fait ce que tu decris très bien se produit aussi ailleurs et là-bas, la confession religieuse n’est pas spécialement invoquée, elke laisse place plutôt à l’ethnie par exemple?
    La France, cher frère, c’est toi, tes parents, peut-être même tes grands parents aussi ne le perds pas de vue.
    Ne laisse pas certains propos ou certains faits divers réduire ta perception ou guider tes réactions. Prends de la hauteur.
    Tu es riche toi et j’espère que tu sais à quelles richesses je fais allusion. Sers t’en pour mieux voir.
    Cesse de rêver, vis !
    Recolle au monde et appréhende le pour ce qu’il est réellement.
    La France aussi t’aime sache le.

    • Mes chers frères en Islam et en Humanité,
      Je me permets de prendre ma plume pour vous écrire ces quelques mots bien que je ne sois habituellement pas très disert.
      Le climat plus que délétère que nous vivons aujourd’hui, l’atmosphère suffoquante et nauséabonde ne doit pas vous émouvoir ou vous choquer outre mesure. N’ayez pas la mémoire courte, dans les années 70 et 80 nous vivions déjà ce même climat de haine et de rejet des musulmans qu’on appelait à l’époque les « arabes ». Il est vrai qu’à l’époque la pratique de la religion était moins visible, les lieux de culte digne de ce nom quasiment inexistants, les (jeunes) femmes portant le voile se comptaient sur les doigts d’une main et qu’il était presque impossible de croiser dans l’espace public des (jeunes) hommes arborant fièrement une barbe ou de rendant à la « mosquée » en habit traditionnel – je mets des guillemets au mot mosquée car le terme « masjid » qui signifie lieu où l’on se prosterne est mieux approprié eu égard à l’insalubrité de certains de ces lieux de culte. Cela n’empêcha pas la classe politique de l’époque, d’abord à droite et à l’extrême droite du spectre, de crier à l’invasion (l’expression « grand remplacement » est une création très récente mais qui signifie toujours la même chose). L’idée germa alors d’instrumentaliser cette peur du déclassement social ressentie à juste titre par une partie sans cesse croissante de l’électorat à mesure que néo-liberalisme sapait lentement mais sûrement les fondements de l’État providence issu de la période économiquement faste des 30 glorieuses. François Mitterrand, premier président de « gauche » ( l’était-il vraiment ?) de la Vème République, eût l’idée géniale de volontairement faire monter le FN de Jean-Marie Le Pen qui plafonnait péniblement aux alentours des 1% des suffrages exprimés aux élections présidentielles de 1974 et de 1981, en modifiant le mode de scrutin, afin d’affaiblir ses adversaires politiques.
      Ne perdez pas de vue que nous sommes en période pré-électorale et qu’il est vital pour Macron (et le système qui l’a mis au pouvoir) d’avoir un RN au plus haut dans les sondages pour affaiblir mécaniquement toutes les oppositions et pour pouvoir gagner l’élection face au seul parti réellement à sa portée.
      Rappelez-vous comment Jospin en 2002 avec pourtant un bilan honorable sur le plan économique (baisse du chômage, redistribution des excédents budgétaires,…) a finalement été éliminé du deuxième tour au profit de JM Le Pen lui même laminé par Jacques Chirac réélu avec 82% des voix. Qui aurait été élu si le match du deuxième tour avait opposé Jacques Chirac a Lionel Jospin ? Vous rappelez-vous du climat pré-électoral avec le fait divers de ce vieil homme battu apparaissant aux 20h des grandes chaînes de TV, le visage tuméfié, à quelques jours du premier tour des élections présidentielles ? et de l’effet dévastateur d’une telle scène dans un électorat naïf et manipulé par des médias eux mêmes propriétés de quelques « oligarques » ?
      Vous verrez qu’au lendemain de la victoire de la REM aux élections municipales, la colère anti-musulmane va miraculeusement retomber pour reprendre quelques mois avant les prochaines échéances électorales.
      Mes chers frères et sœurs en Islam et en Humanité, je me permets ce petit rappel (« car le rappel est bénéfique aux croyants ») : dans la courte sourate intitulée « le Temps » (au sens d’époque, de période) notre Seigneur nous enjoint à la Vérité et à la Patience, répondons-lui en disant « nous avons entendu, et nous avons obéi ». Restons fermement accrochés à la corde de Dieu, restons unis dans cette épreuve, car après la « difficulté » viendra la « facilité ».

      • Merci Abdelkader,
        Je rejoins l’ensemble de ton analyse, Dieu t’en récompense. Il reste que nous devrions travailler sur l’union des forces de ceux qui sont méprisés par l’oligarchie : les sans-dents, ceux qui ne sont rien, les gg, la France périphérique. Nous sommes tous considérés de la même façon par ceux qui nous gouvernent. Ils ont simplement compris qu’il fallait diviser pour régner. Mettons notre foi au service de tous, afin de résister à ceux qui nous montent les uns contre les autres. La paix soit sur toi.

    • Merci à toi pour cette participation riche et argumentée, tu ne penses pas si bien dire lorsque tu pointes un système du doigt, et ce que j’appelle « France » est ce système, simplement je personnifie ce système qui a ses bons et ses mauvais côtés, car ce système est tentaculaire et présente plusieurs visages, certains m’ont aidé dans mon parcours et d’autres ont été la causes de cette amertume que je décris.
      Ensuite tu m’interroge sur mon omission du pauvre peuple yéménite massacré par ces pays arabes se réclamant de l’Islam le plus orthodoxe, armés par « nos » pays occidentaux. Ma liste ne se voulait pas exhaustive, je pourrais même ajouter d’autres peuples qui ne partagent peut être pas notre foi, mais qui pour autant n’ont pas mérité d’être bombardés ou réduits en charpie. On peut remonter loin depuis les amérindiens jusqu’aux yougoslaves en passant par les vietnamiens ou les japonais d’Hiroshima et Nagasaki. Il n’y a pas de vie plus sacrée qu’une autre en ce monde, souviens toi du verset divin « Quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. » (Sourate 5, la table servie, verset 32.)
      Je voudrais également te préciser que mon expression n’est pas emprunte de colère, car la colère vient du diable, par contre je suis révolté, révolté devant l’attitude de cette « France », qui non satisfaite d’avoir maltraité et tiré tout ce qu’elle pouvait des populations de seconde zone que sont ses musulmans, et je ne fais qu’exprimer mon amertume face à si peu de gratitude.
      Je te rejoins sur les effets du dumping social et des délocalisations qui, en cette période de chômage de masse, peut effrayer les populations qui le subissent, sachant que nos journalistes et nos politiques, loin de toute éthique, instrumentalisent justement chaque fois de nouveaux boucs émissaires, de nouveaux damnés de la terre. Ceci afin de continuer leur plan de spoliation des 99 % de la population au profit des 1 %, et ceci dans le monde entier.
      Tu te méprends sur ce que je pense, et tu interprète mes propos, ne serait-il pas plus judicieux de me demander d’approfondir l’expression de mes idées, de pratiquer la maïeutique avant de tirer des conclusions sur ce que je suis censé penser ? Je sais quel jeu jouent nos élites, au service d’une oligarchie qui a son propre agenda. Mais mon propos ne se voulait pas aussi vaste, c’était un cri du cœur envers cette patrie pour laquelle j’ai tant sacrifié et qui sans cesse me relègue au rang de l’enfant non désiré, simplement cela.
      Je persiste donc à m’adresser à cette « chère France », car je voudrais continuer à voir le meilleur de ce que cette nation peut donner. En tant que croyants nous avons un devoir, celui de participer à l’instauration de la paix et de l’entente entre les peuples, malgré ce qu’on nous prête comme mauvaises intentions, et je me suis forgé en partie grâce à la France, je n’ai pas le droit ni le choix de la laisser sombrer dans la xénophobie, l’intolérance, voire pire.
      Je garde la tête froide malgré ce que tu sembles croire, et je persisterais à garder la main tendue, car finalement je laisse la porte ouverte à une partie de moi même !
      Merci à toi d’avoir pris le temps de me faire part de ton point de vue. La paix soit sur toi.

  2. Dépassons les conflits de loyautés. Essayons d’appréhender plus précisément celles-ci et essayons de les conjuguer en les ordonnant au plus juste (justesse et justice ou l’inverse c’est pareil). Dieu Sait Mieux.

  3. Paix à toi cher frère Abdelkader. Merci d’avoir resitue l’instantaneite du moment dans un contexte plus vaste à prendre en compte et de nous avoir invité à essayer de regarder un peu plus loin et, si Dieu Veut, d’un peu plus haut aussi.
    A ce sujet, où sont nos anciens et que pensent ils de tout ça ?
    Nous avons tant besoin d’eux.

  4. Comment expliquer qu’en 2019, l' »islamophobie » puisse encore continuer ainsi à servir de levier électoral ?
    Comment expliquer une telle emprise latente toujours aussi présente sur l’esprit d’encore beaucoup de nos concitoyens ?
    Qu’est-ce qui n’a pas suffisamment été fait ?

  5. Question: assiste t-on réellement à une arabophobie qui ne dit pas son nom ou à une peur de l’arabisation dans laquelle certains ne pourraient pas (et ça peut légitimement se comprendre) se reconnaître ?
    Autre question: assiste t-on réellement à une aversion pour l’Islam, tel que certains le pratiquent ou a t-on peur d’une islamisation démographique telle que certains se la représentent ?
    Est ce un peu de tout ça mélangé ?
    Comment y répondre ?

  6. Que nous dit l’autre de lui, de ses peurs quand celui-ci accepte de se confier ?
    Ce qu’il y a de terrible avec la peur, c’est que parfois elle bloque la parole à un point tel que celle-ci en vient à se transformer en acte irréparable.
    Devançons tout cela !

  7. Pour rebondir sur le propos de mon frère Abdelkader auquel je me joins ici, il saute aux yeux, pour celui qui regarde un peu plus en arrière et d’où l’on vient, qu’un grand travail a été effectué depuis quant aux infrastructures physiques d’accueil de l’exercice cultuel collectif en France (mosquées, écoles, etc…).
    Qu’en est il du travail réalisé vis-à-vis de l’autre ?
    Que nous disent tous ces évènements qui surgissent de temps à autre dans notre quotidien ?
    Sur ce plan là, peut-on se targuer des mêmes réussites?

  8. Je suis cette patrie moi aussi et je ne te relègue pas comme d’autres.
    Je ne compte pas moi ? (en même temps tu ne me connais pas mais bon j’existe quand même moi).
    En suis-je moins Français pour autant?
    Pas de mon point de vue et personnellement, je n’ai pas de problème avec ça.
    Par conséquent lorsque je lis le titre « chère France », je le trouve bien généralisateur, partiellement aveugle et me sens injustement cible.
    Je ne nie aucune douleur ni souffrance(s) actuelle(s) ou passée(s).
    Je ne me retrouve pas dans ton interpellation et pourtant, je me retrouve bien dans « chère France ».
    J’exprime mon ressenti.
    Est il légitime, illégitime ?
    Suis-je le seul à le partager ou le seul à l’exprimer ?
    Je l’exprime c’est tout.
    Paix et apaisement.
    Chacun est invité à procéder à son examen de conscience individuel et collectif.
    Cela dit, il faut aller de l’avant et ne pas ressasser éternellement le mauvais souvenir aussi traumatique qu’il puisse être, c’est facile à dire je le concède.
    Dans l’optique du devenir ensemble, on ne peut pas non plus claquer la porte du repentir au nez de l’autre alors que celui-ci pourrait un jour être tenté aussi de la franchir.
    C’est pourquoi, de mon point de vue, il est indispensable de bien choisir les mots que l’on emploit, et ce d’autant plus, lorsque l’on porte ce que l’on porte.
    Il ne faut pas braquer l’autre qui pourrait aussi être un lecteur de passage.
    Moi j’ai été braqué dans ma francite.
    Je ne suis que moi et ne représente que moi et mon petit égo.
    Cela dit d’autres pourraient l’être également. Dieu Sait Mieux.
    Demande d’explications stp : « ce qui me révolte le plus c’est que le sang des Musulmans ne vaut pas celui des autres… »
    Re demande d’explication pourquoi une majuscule à « Arabes » et pas à noirs, blancs, hommes, femmes entourant ce mot dans la phrase ?
    Tous les peuples opprimes cités dans l’intervention de base n’étaient que des peuples de confession musulmane opprimés par des non musulmans… avec l’occultation du peuple Yemenite et des autres cités dans ta réponse
    Ça faisait beaucoup en plus du choix du titre désolé…
    L’humanité à laquelle on revendique appartenir et au nom de laquelle on se permet d’interpeller l’autre ne peut pas n’être qu’un slogan évoqué ainsi à la légère.
    Il faut un tant soit peu en faire preuve et si tu te relis avec un autre regard, peut-être verras tu ce qui a pu m’interpeller dans ton texte initialement publié.
    Comme je te l’ai écris plus haut, je ne te juge pas, je ne te connais pas.
    En revanche, le propos que tu as tenu initialement, lui, m’a interpellé. Désolé frère.
    La fraternité en amertume n’a rien de bon, elle l’entretient.
    Il faut trouver d’autres moyens pour parvenir à l’évacuer voire à l’exorciser, parce que sinon, celle-ci bloque la migration vers le mieux être.
    Que Dieu Aide, Soulage et Délivre tous les amers de leur amertume!
    Dieu Sait Mieux.

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