Qui es-tu vraiment ? Où vas-tu ?

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Il y a des moments, dans la vie, qui sont propices à ces questions. Mais quel accueil leur accordons-nous ? Pourquoi ces questions sont très rapidement évacuées et étouffées quand certaines personnes ont pris le temps de chercher une réponse et en ont vu leur vie transformée ?

Telle personne enterre son père, telle autre personne regarde son visage, dans un miroir, marqué par la vieillesse ou telle autre personne encore, après un burn-out, du fond du gouffre social, se demande comment elle en est arrivée là ? C’est quand un événement grave rencontre ton chemin que ces questions ressurgissent et envahissent ton cœur et ton esprit. C’est la gifle donnée à celui qui a eu un moment d’absence. Mais qu’en est-il quand ce moment d’absence représente ta vie entière ? Quel sentiment t’envahit quand tu regardes ton visage dans le miroir, marqué par une longue vie et que tu ne sais toujours pas qui tu es ?

Le reflet du miroir te renvoie l’image d’un inconnu…

Alors certes, tu as construit, comme on te l’a enseigné depuis ton tout jeune âge, une belle image sociale. Tu as appris comment se comporter et comment apparaître au milieu des autres. Tu as maîtrisé avec perfection toutes les règles d’usage et ton « moi social » a gagné sa place dans la société de consommation. Ta carte bancaire est accueillie avec le sourire, ta tenue vestimentaire te renvoie les regards satisfaits de ceux qui composent ta classe sociale. Mais tu n’as toujours pas dit qui tu étais vraiment ? Tu t’es marié ou tu t’es mis en ménage, comme il est plus d’usage dans notre société, tu as eu des enfants, mais qui es-tu vraiment ?

Ma question s’adresse à ton être profond… Celui qui aime, celui d’où part la représentation du monde, les idéaux, la conscience, les aspirations. L’être profond est ce avec quoi tu es venu au monde. Cet être profond n’a pas peur de l’autre, il n’y a qu’à regarder tes petits enfants jouer avec d’autres enfants sans se demander à quelle origine ou à quelle confession chacun appartient. C’est ton « moi social », soigneusement formaté qui a laissé la peur t’éloigner de telle ou telle personne. Ton être profond détient les moyens de percer la Réalité qui t’entoure. Encore faudrait-il faire taire ce brouhaha général qui fait écho dans ton esprit.

Un brouhaha que celui qui a enterré un être cher n’entend plus. Les larmes que le moi social a honte de laisser couler apparaissent et le monde entier, troublé par la profonde tristesse, évacué par la douleur de la perte de cet être, n’existe plus. Face à cet événement le moi profond a retrouvé sa place. Les questions jaillissent alors. Qui suis-je vraiment ? Où vais-je ? Pourquoi la vie ? Pourquoi la mort ?

Mais le brouhaha général connaît ces failles dans son système et cherche à les colmater. Très rapidement ces questions s’évanouissent pour beaucoup et les mille et un divertissements qui lui sont proposés ramènent doucement cette âme qui a failli s’échapper de la prison matérialiste. Nous ne sommes que le fruit d’un hasard, nous apparaissons un jour et disparaissons, alors profitons-en au maximum ! Quel monde triste nous présente ce paradigme qui ne voit qu’à travers la meurtrière représentée par nos cinq sens.

Cher ami(e), chère sœur, cher frère, si j’ai voulu que tu me suives jusqu’à ces moments, les plus forts de la vie sociale, c’est afin que ces questions prennent leur vraie portée. Qui es-tu vraiment ? N’es-tu pas las de faire semblant ? N’es-tu pas las de courir dans une direction que tu ne connais pas, une direction qu’on a choisie pour toi ? Telle chose est démodée et ringarde, seul le changement permanent permet à ce monde matérialiste de rester en équilibre telle la toupie, sans membres, qui tourne sans cesse sur elle-même. Mais tu n’avances pas, tu fais du sur place ou tu te diriges dans des directions au hasard.

Il est grand temps de s’imposer le silence et de plonger à l’intérieur de soi, pleinement, et d’interroger son être profond. Il a vécu une rencontre, bien avant de venir dans ce monde, qui ne s’effacera jamais totalement. Personne d’autre que toi ne s’en rappellera.

Il a rencontré son Créateur. Le seul qui sache qui tu es vraiment. Le seul qui te connaisse dans toute ta complexité et qui ne S’est pas désintéressé de toi. Alors le moi social pourra se glousser ou se détourner à ce moment de mon propos, mais as-tu trouvé beaucoup de lectures dans ta vie qui parlent et s’intéressent à toi réellement sans chercher aucun intérêt, sans te demander quoi que ce soit ? Alors prends le temps de réfléchir avant de passer à l’un des mille et un divertissements qui t’attendent, et comme dans un train, t’amènent inexorablement à ta destination finale, sous plusieurs mètres cubes de terre. Demande à celui qui regarde son visage dans un miroir quel temps, réellement, il a pu profiter de cette vie…

Si je t’ai convaincu, jusqu’ici, à prendre le temps de réfléchir, écoute ce qui suit et laisse les myriades de questions secondaires parasites qu’une vie tournée vers une direction réconciliée saura éclaircir.

Au fond de toi il y a la mémoire de cette rencontre. Elle s’appelle la « Fitra ». J’ai aimé cette explication de « moi profond » de Mohamed Iqbal, que Dieu l’accueille dans Sa miséricorde. Depuis ta naissance dans ce monde, la vie n’a cessé de jeter des voiles sur ce moi profond. Comment retrouver ce chemin à l’intérieur de soi ? C’est répondre à la question qui suis-je vraiment.

Mon ami(e), ma sœur, mon frère, ne laisse pas ces questions sans réponse.

Regardons le parcours de cet homme qui « voulait être plus fort que la vie elle-même » et qui pour y arriver s’enivrait et se droguait. Mais une question parmi les questions du « moi profond » a surgi et ne l’a jamais quitté : « C’est alors que j’ai commencé à réfléchir : que m’arrivait-il ? Est-ce que je n’étais qu’un corps et mon but dans la vie n’était-il que de satisfaire ce corps ? »

Steven Demetre Georgiou, plus connu sous le nom de Cat Stevens, est un chanteur, musicien et auteur compositeur britannique. C’est là qu’advient un événement décisif dans la conversion de Cat Stevens. En 1976, Cat Stevens se baigne près de la côte californienne. Il manque de se noyer, et n’arrive pas à retourner sur la côte. Il pense alors : « Dieu, si Tu m’aides, je Te promets de travailler pour Toi ». A ce moment précis, Yusuf Islam, de son nom actuel, raconte qu’une immense vague le ramène sur le rivage : le musicien est sauvé. Cet événement représente un tournant radical pour le chanteur. Sa quête spirituelle s’intensifie. En 1977, son frère David Gordon revient de Jérusalem où il était parti en voyage. Il lui ramène un cadeau : la traduction du Coran. C’est une révélation pour Yusuf Islam. Il lit intensément l’œuvre, s’en imprègne et l’étudie. Il réalise alors que l’islam est la « vraie religion », d’après ses propres mots sur le site Islam Tomorrow. » (Les coulisses de la culture)

A travers cet exemple j’ai voulu montrer l’importance d’être à l’écoute de ces questions. Cet homme a vu sa vie se transformer parce qu’il a saisi les questions qui venaient du plus profond de lui-même à bras le corps comme le noyé saisit la bouée de sauvetage refusant de mourir. Une fois ces questions bien saisies, faisons confiance au moi profond pour reconnaître la vérité, tournons-nous vers Celui qui nous a donné la vie pour Lui demander, comme l’a fait Cat Stevens, de nous montrer la voie à suivre afin de se sortir de l’enclos. Cette prison matérialiste a été soigneusement aménagée par un système qui ne voit en nous que des consommateurs et qu’on enterre vite et proprement derrière de grands murs dressés pour ne pas perturber la consommation de ceux qui restent vivants.

Ce système ne mérite pas qu’on lui confie notre devenir.

Puisse Dieu accorder Sa guidée à l’humanité ! Que les formes culturelles que revêtent ceux qui cheminent vers Lui ne nous leurrent pas, Il est Le Créateur qui Se soucie de l’ensemble de Sa création, chacune et chacun a sa chance pour Le rencontrer. Puisse Dieu ne pas nous priver d’une telle opportunité !

2 Commentaires

  1. C’est la société du spectacle dont parle Guy Debord. Dans cette danse effrénée que nous impose la société consumériste se recentrer sur l’essentiel demande un grand effort et une vigilance de tous les jours. Que Dieu nous accorde la clairvoyance. Que Dieu te récompense pour ton article ô combien pertinent.

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