Avoir confiance en la promesse divine

Et Nous révélâmes à la mère de Moïse : « Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n’aie pas peur et ne t’attriste pas : Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager. Les gens de Pharaon le recueillirent, pour qu’il leur soit un ennemi et une source d’affliction ! Pharaon, Hâmân et leurs soldats étaient fautifs. Et la femme de Pharaon dit : « (Cet enfant) réjouira mon œil et le tien ! Ne le tuez pas. Il pourrait nous être utile ou le prendrons-nous pour enfant. » Et ils ne pressentaient rien. Et le cœur de la mère de Moïse devint vide. Peu s’en fallut qu’elle ne divulguât tout, si Nous n’avions pas renforcé son cœur pour qu’elle restât du nombre des croyants. Elle dit à sa sœur : « Suis-le » elle l’aperçut alors de loin sans qu’ils ne s’en rendent compte. Nous lui avions interdit auparavant (le sein) des nourrices. Elle (la sœur de Moïse) dit donc : « Voulez-vous que je vous indique les gens d’une maison qui s’en chargeront pour vous tout en étant bienveillants à son égard ? » Ainsi Nous le rendîmes à sa mère, afin que son œil se réjouisse, qu’elle ne s’affligeât pas et qu’elle sût que la promesse de Dieu est vraie. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. (1)

Ce récit du Coran relate un événement qui mérite d’être lu et relu, mois après mois, génération après génération sans épuiser sa beauté, sa lumière et ses sagesses. Le Coran descendu en arabe apaise les cœurs par ses lettres parfaitement agencées et récitées selon la récitation originelle qui nous vient de Dieu à travers l’Ange Gabriel, le Prophète Mohammed (paix sur lui) et les chaînes lumineuses des maîtres du Coran à travers les générations. Ses versets ont fait plier l’échine des plus grands poètes arabes de l’époque et des générations suivantes. Ainsi, cet homme de raconter qu’il entendit une femme réciter un poème de grande beauté. Lui faisant part de son admiration elle lui répondit dans ce sens : « Comment puis-je accepter un éloge pour ce poème alors que Dieu Tout Puissant a réuni dans un seul et même verset 2 injonctions, 2 négations et 2 promesses ! Et de citer le verset 7 du récit que j’ai choisi de vous présenter. Qui d’autres que des spécialistes amoureux de la langue arabe pouvaient remarquer la difficulté de réunir tant d’expressions si diverses sans perdre de sa beauté et de sa faculté à exposer clairement les choses à tous !

C’est donc par ce verset que je vous propose de commencer notre voyage dans la vie d’une femme esclave dans le système pharaonique de cette époque. Cette femme insignifiante et inexistante aux yeux des maîtres autoproclamés et injustes de cette région, a été choisie pour porter en son sein le sauveur du peuple des croyants hébreux. Dieu Tout Puissant S’est fait connaître à elle et a exprimé Son intérêt pour Sa créature. Il s’adresse à elle (par un moyen qui n’est pas mentionné dans le récit) et la prépare à un avenir dont Il maîtrise parfaitement tous les détails. On pourrait imaginer ici que l’intérêt divin pour la mère de Moïse n’a lieu d’être que par son rôle de mère du Messager de Dieu. Et pourtant…

« Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n’aie pas peur et ne t’attriste pas : Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager. »

On lit plutôt à travers ce verset l’intérêt que Dieu porte pour elle-même : Et n’aie pas peur et ne t’attriste pas : Nous te le rendrons…

C’est donc par ce fruit que je souhaite commencer ce festin spirituel. Négligeable et inexistante aux yeux des gens bien installés de son monde, Dieu établit un lien avec Sa créature, dans ce bas monde. Tout un chacun a la chance et l’opportunité de compter pour Dieu. Quelle que soit ta condition économique ou sociale, tu as ta place devant la porte majestueuse du Tout Puissant. Dans ton intimité tu as tout le loisir de consacrer ces moments d’échanges avec ton Créateur et c’est là une merveilleuse opportunité offerte à l’humanité ! Il y a de la place pour tous dans ce bas monde auprès de Dieu.

Ainsi Dieu lui enjoint de l’allaiter. Cet allaitement qui établit un lien particulier entre la mère et son fils sera la cause par laquelle Dieu permettra à la mère de Moïse de retrouver son enfant après une courte séparation. Rappelons-nous que c’est dans un moment particulièrement stressant voire décourageant qu’il lui est conseillé d’allaiter son enfant. En effet, Pharaon qui avait vu en rêve qu’un enfant issu du peuple hébreu naîtrait et serait la cause de la fin de son règne réunit les notables de son peuple pour leur annoncer qu’il ferait tuer tous les garçons hébreux venant à naître. Les notables s’inquiétèrent de l’avenir économique et de l’équilibre social dans lequel les esclaves hébreux jouaient un rôle fondamental. Alors Pharaon décida de faire tuer tous les bébés garçons hébreux une année sur deux. Moïse est donc né durant l’année où les bébés mâles sont assassinés. Dieu aurait très bien pu le faire naître une autre année sans danger mais Il défie la prétention de Pharaon d’empêcher le destin de s’accomplir. Ainsi Moïse naquit et fut allaité quelque temps par sa mère avant que celle-ci ne doive le jeter dans les flots avec son couffin.

Elle jette son enfant dans les flots

C’est seulement quand elle désespère de voir son enfant en sécurité qu’elle le jettera dans les flots conformément à l’ordre divin. Il aurait été beaucoup plus difficile de le faire en l’absence de danger mais sachant que les soldats venaient pour tuer son bébé, c’est devenu sa seule issue de survie. Entendant les mères hurler en voyant leurs enfants assassiner sous leurs yeux, la promesse divine devenait son seul espoir et le jeter dans les flots était certes très difficile mais atténué par la crainte d’une fin plus horrible. « Et [rappelez-vous] lorsque Nous vous avons délivrés des gens de Fir’awn (Pharaon); qui vous infligeaient le pire châtiment: en égorgeant vos fils et épargnant vos femmes. C’était là une grande épreuve de la part de votre Seigneur. » (2) Ainsi, Dieu nous expose parfois dans la vie à des épreuves difficiles qui nous poussent vers certaines directions salvatrices. Lorsque tout semble se fermer autour de toi et que tu ne vois plus aucune issue c’est là qu’une porte peut s’ouvrir dans ton cœur et te faire voir une voie que tu ne voyais pas auparavant. L’affolement laisse place alors à la sérénité et le désespoir à l’espoir.

N’aie pas peur et ne t’attriste pas !

Qui d’autre que Dieu connaît le tréfonds de l’homme, ce qui se passe dans son cœur ? Bâdûnâ, la mère de Moïse, craignait évidemment pour son enfant et elle était triste de s’en séparer. Quel remède Dieu apporte à ces deux sentiments qui, ensemble, peuvent détruire l’homme de l’intérieur, à petit feu ? Par la promesse des retrouvailles et par la place auprès de Dieu qui sera accordée à son enfant, Dieu apporte du réconfort à la maman courageuse qui sait, qu’en jetant son enfant dans les flots du Nil, se jettera elle-même dans les flots de l’affliction.

Non seulement Dieu fait naître Moïse durant l’année des exécutions d’enfants mâles mais en plus il va le confier à ses propres ennemis qui vont prendre soin de lui afin que le destin se réalise. Comment est-ce possible ? On peut aisément imaginer que l’épouse de Pharaon qui trouva le couffin avec l’enfant s’échouer sur sa rive eut le cœur chamboulé à la vue de ce bébé. Car il fallait du courage pour oser tenir tête à Pharaon et remettre en question sa stratégie pour sauver son règne. Cette femme qui fera partie des 4 meilleures femmes du Paradis (3) fit sa première rencontre avec une âme parfumée et aimée du Créateur. En effet, lorsque Dieu aime alors Il transforme les liens établis avec la créature aimée, une vague de lumière se répand et touche son entourage. Dans un hadith authentique le Messager de Dieu (paix sur lui) a dit : « Lorsque Dieu, Exalté soit-Il, aime un serviteur, Il appelle Jibrîl et lui dit : ” Certes, J’aime untel ! Aime-le donc ! ” Alors, Jibril l’aime puis annonce dans le ciel : ” Dieu aime untel ! Aimez-le donc ! ” Alors, les habitants du ciel l’aiment. Puis, cette personne est acceptée sur Terre. » (4).

Et ce Messager de Dieu sera une miséricorde pour les croyants et une source d’affliction pour ceux qui refusent de voir ou d’entendre. A la demande d’Assia, épouse de Pharaon, de prendre ce bébé pour enfant, Pharaon qui lui-même eut une attirance pour cet enfant ne fut pas alerté par son intuition ou sa méfiance à laquelle il avait l’habitude de se fier. Dieu inspira confiance et fit s’évaporer toute étincelle de méfiance. « Et ils ne pressentaient rien. »

Mais revenons à Bâdûnâ qui jeta son enfant dans les flots, et qui reste là à regarder son enfant s’éloigner. Le cœur d’une mère qui pourrait défier le monde entier pour défendre son enfant se résigne pour obéir à Dieu et pour sauver son enfant mais elle ne maîtrise pas son cœur duquel Dieu dit : « Et le cœur de la mère de Moïse devint vide. » C’est plus fort qu’elle ! Et Dieu ne l’en blâme pas. « Ne connaît-Il pas ce qu’Il a créé alors que c’est Lui le Compatissant, le Parfaitement Connaisseur. » (5)

En effet, « Peu s’en fallut qu’elle ne divulguât tout, si Nous n’avions pas renforcé son cœur pour qu’elle restât du nombre des croyants. »

C’est l’histoire d’un être humain, et non d’un surhumain. Dieu a créé l’homme faible et les efforts qu’il fournit pour plaire à Dieu sont appréciés par le Tout Puissant. Par notre faiblesse nous nous rapprochons de Dieu. Et Dieu soutiendra cette maman pour qu’elle ne cède pas à sa nature humaine et soit capable de surmonter cette séparation qui aurait pu la mener à la folie. Parfois l’homme traverse des épreuves qui paraissent insurmontables et peuvent le faire sombrer dans le non-sens, seul Dieu peut nous maintenir debout et nous permettre de poursuivre notre chemin vers Lui.

Elle dit à sa sœur : « Suis-le » elle l’aperçut alors de loin sans qu’ils ne s’en rendent compte.

Dieu lui a promis de lui rendre son bébé. Mais cette croyante s’est-elle reposée sur cette promesse en spectatrice ? L’avenir glorieux de l’islam est annoncé dans un hadith authentique, cet espace de sécurité, de liberté et de ressourcement pour une grande partie de l’humanité donnera suite aux périodes de dictature par lesquelles nous sommes en train de passer. Mais cette promesse étant faite, serons-nous spectateurs ou acteurs de cette volonté divine, à l’image de la maman de Moïse qui nous montre l’exemple en envoyant sa fille suivre son petit frère. Une petite fille au service du grand destin divin, quelle chance ! Elle n’attirera pas l’attention d’une puissance militaire qui protège son centre où vit Pharaon. Elle s’informera, elle écoutera et elle prendra même des initiatives au-delà de la mission que sa mère lui a donnée.

En effet, Dieu dit : Nous lui avions interdit auparavant (le sein) des nourrices. Elle (la sœur de Moïse) dit donc : « Voulez-vous que je vous indique les gens d’une maison qui s’en chargeront pour vous tout en étant bienveillants à son égard ? »

Elle saisit l’opportunité et est présente, témoin de l’embarras de l’épouse de Pharaon. Elle propose simplement de venir à leur aide tout en accomplissant la promesse de Dieu. Dans ce dernier verset qui nous relate cet épisode de la vie de la mère de Moïse, nous allons assister à une scène remarquable.

Dieu ramène le bébé Moïse auprès de sa mère et celle-ci accueille son bébé en retenant ses larmes, pour ne pas laisser voir aux gens de Pharaon qu’il s’agit en fait de son enfant. Imaginez cette explosion de joie mêlée à la reconnaissance envers Dieu dans la poitrine de cette maman. Et garder le visage impassible pour n’éveiller aucun soupçon…

Ainsi Nous le rendîmes à sa mère, afin que son œil se réjouisse, qu’elle ne s’affligeât pas et qu’elle sût que la promesse de Dieu est vraie. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.

Après cette première promesse divine réalisée dans des conditions miraculeuses, la mère de Moïse ne peut plus douter de l’avenir de son enfant qui sera Messager de Dieu (paix sur lui), le sauveur du peuple hébreu sous l’emprise de la dictature pharaonique !

Puisse Dieu accorder à l’humanité la lumière de l’Islam en le libérant du joug du matérialisme.

(1)    Coran : Le récit, versets 7 à 13

(2)    Coran : La vache, verset 49

(3)    D’après Ibn Abbas (que Dieu les agrée), le Prophète (paix sur lui) a tracé quatre traits sur le sol puis il a dit : « Savez-vous ce que c’est ? » Ils ont dit : Dieu et Son Messager sont plus savants. Alors le Prophète (paix sur lui) a dit : « Les meilleures femmes du paradis sont: Khadidja Bint Khouwailid, Fatima Bint Mohamed, Maryam Bint Imran et Assia Bint Mouzahim la femme de Pharaon ». (Rapporté par Ahmed et authentifié par l’imam Nawawi dans Tahdhib Al Asma Wal Loughat 2/341)

(4)    Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim

(5)    Coran : La royauté, verset 14

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