Troubles du sommeil : causes et remèdes (1/2)

Le tiers de notre vie devrait être consacré au sommeil : c’est en effet un facteur majeur de notre équilibre mental et physiologique. On connaît son rôle réparateur dans les fatigues physiques, intellectuelles et émotionnelles de la journée. Grâce aux progrès de l’imagerie cérébrale, on comprend un peu mieux, aujourd’hui, son importance dans le processus de mémorisation ainsi que dans la croissance et la régénération des tissus ou la production hormonale. Or, au cours des cinquante dernières années, la durée moyenne du sommeil a baissé de deux heures en France.

Si cette tendance peut se justifier par l’évolution de nos modes de vie – notre activité physique est moindre et grâce à l’électricité, nous veillons plus tard le soir, il n’est pas normal que plus de 30 % des Français se plaignent de mal dormir et que 10 % souffrent d’insomnies chroniques.

À quoi sert le sommeil ?

Le sommeil est un mécanisme complexe. Il est régi par notre horloge biologique, elle-même soumise à l’influence de notre environnement, qui lui-même interagit avec des mécanismes cérébraux spécifiques permettant de déclencher le sommeil et de le structurer. Mais cette mécanique de précision est fragile, il faut donc en prendre soin car le manque de sommeil a de nombreuses répercussions sur nos fonctions vitales, et son rétablissement ne pourra se faire qu’au terme d’un processus long et difficile.

1 – Il relativise la valeur des événements et en diminue la charge émotionnelle (les aires qui contrôlent les émotions pendant la veille sont en grande partie inactivées, un véritable travail de discernement est enfin possible). Il n’engramme dans la mémoire à long terme que les informations qu’il juge utiles.

2 – Il renforce le processus de mémorisation. L’hippocampe, région qui emmagasine les souvenirs, montre alors une hyperactivité : il est possible qu’il se réapproprie les informations accumulées dans les heures précédant le coucher et les engramme plus profondément.

3 – Il trouve des solutions originales aux problèmes et développe la créativité. Certains enseignants des sciences spirituelles affirment que le sommeil est la façon la plus facile d’entrer en contact avec son intuition.

4 – Il permet la détente du système neuromusculaire et le retour à un tonus normal.

5 – Il restaure les connexions inter neuronales altérées par les différents stress de la journée et en crée de nouvelles.

6 – Il renforce les défenses immunitaires.

7 – Il permet la sécrétion de nombreuses hormones. Ainsi, l’hormone de croissance est secrétée intensément pendant le sommeil profond des premières heures de la nuit.

8 – Il favorise la synthèse des protéines et la régénération du stock hépatique en glycogène (source de glucose).

9 – Il participe activement à la croissance de l’organisme et à la régénération des tissus : le sommeil lent augmente particulièrement au cours de la croissance, de la grossesse comme à la suite d’efforts intenses, d’un accident ou à l’occasion d’une maladie. Une bonne nuit de sommeil est donc indispensable à notre santé et lorsque ce n’est pas le cas, ce sont de nombreuses fonctions vitales qui se mettent à moins bien fonctionner. Avec des conséquences parfois graves.

Les troubles du sommeil

Les troubles du sommeil peuvent prendre des formes très variées. Beaucoup sont mal connues du corps médical lui-même. On classe habituellement les troubles du sommeil dans deux catégories : l’hyposomnie (s’il y a un déficit de sommeil) ou l’hypersomnie (s’il y a excès). Mais cette répartition est assez artificielle car ces deux états peuvent coexister chez une même personne, surtout si ses troubles sont anciens.

Que le sommeil soit raccourci ou allongé, son architecture est toujours altérée. La mise en route, l’intensité et la durée des innombrables fonctions alors normalement assurées par le système nerveux autonome sont plus ou moins gravement perturbées. Qu’il s’agisse d’hypo ou d’hypersomnie, les signes cliniques sont comparables : réveil difficile, sensation de n’avoir pas récupéré des fatigues de la veille, manque d’entrain, obligation de se motiver pour accomplir les tâches quotidiennes, abaissement du seuil de sensibilité au stress et appréhension à l’approche de la nuit suivante. Pour trouver une solution à ses troubles du sommeil, il faut d’abord savoir les caractériser. Voici quelques repères pour nous permettre de nous situer.

La somnolence

La somnolence diurne excessive (SDE) est due à un déficit ou à la privation de sommeil. Les causes sont variables, depuis une mauvaise hygiène de sommeil jusqu’à des causes médicales, en passant par l’utilisation de médicaments neurotropes et le ronflement pathologique. Les personnes touchées ne sont pas toujours conscientes de ce problème. L’échelle d’Epworth qui évalue le degré de la somnolence diurne permet souvent de prendre conscience d’un problème passé inaperçu

La fatigue

Aujourd’hui, peu d’entre nous savent faire la distinction entre somnolence et fatigue. Bien que subtile, la différence est pourtant essentielle car si la réponse à la fatigue est le repos, celle de la somnolence est le sommeil. Il existe pourtant un lien entre ces deux troubles car quand un sujet qui souffre de fatigue a transformé le besoin de dormir en volonté de dormir et que cette attitude le conduit à la consommation occasionnelle de somnifères, c’est le sommeil qui devient perturbé. Ajoutons qu’à une époque où on travaille trop et où on ne dort plus assez, nous avons souvent besoin de plus de repos et de sommeil à la fois !

L’apnée du sommeil

Chez certaines personnes, suite à un relâchement musculaire, le pharynx se rétrécit pendant le sommeil. La respiration devient ronflante et s’interrompt par moments. Ces pauses (ou apnées) sont souvent brèves (moins de 10 secondes) mais peuvent se répéter plusieurs fois au cours de la nuit, le plus souvent sans que le dormeur en soit conscient. Elles génèrent un manque d’approvisionnement en oxygène et, bien entendu, une désorganisation du sommeil. Il convient de suspecter l’existence d’apnée du sommeil chez tout ronfleur, surtout s’il existe un surpoids.

La narcolepsie

C’est une désorganisation grave de la régulation du sommeil dont la suspicion repose sur la présence concomitante de quatre signes (seul le premier signe est constant) :

– Une hypersomnolence diurne en lien avec des épisodes irrésistibles de sommeil (de quelques secondes à une demi-heure, voire plus) qui interrompent brutalement l’activité en cours, quel que soit le degré d’attention qu’elle exige (travail dangereux, bain du bébé, conduite automobile, traversée d’une rue…). Même si les accès de sommeil sont réparateurs, ils ne sont que de courte de durée. Il s’ensuit des troubles de la mémoire, des conduites étranges, la perte répétée d’objets ou leur rangement dans des endroits insolites.

– Des épisodes de cataplexie ou perte soudaine du tonus musculaire sans altération de la conscience.

– Des hallucinations (visuelles, auditives, kinesthésiques) pendant les phases d’endormissement ou/et de réveil, effrayantes au point de faire redouter le coucher.

– Des épisodes de paralysie lors de l’endormissement ou au réveil. Cette affection (plus fréquente chez l’homme) est certainement sous-diagnostiquée du fait du manque de formation des médecins et de ses formes parfois mineures ou modérées. Son apparition à deux époques précises de la vie (à l’adolescence ou vers la quarantaine) reste inexpliquée. Origine génétique ? Auto-immune ? Un antécédent traumatique est souvent noté dans les mois qui précèdent le début des troubles.

Qu’en est-il chez l’enfant ?

Les troubles du sommeil s’accompagnent de manifestations particulières chez l’enfant : retarder le plus possible l’heure du coucher, parler, s’agiter, déambuler pendant le sommeil. Si le sommeil est un besoin vital, il ne se commande pas. Aussi, forcer un enfant à dormir est non seulement contre-productif mais c’est aussi la façon la plus courante d’induire chez lui des troubles du sommeil, parfois pour le reste de sa vie. Peuvent aussi être en cause des difficultés relationnelles à l’école, une inquiétude par rapport au couple de ses parents…

Les conséquences d’un mauvais sommeil

En fonction de l’intensité, de l’ancienneté des troubles mais aussi du contexte matériel, social et familial, des habitudes de vie, les conséquences d’un mauvais sommeil sont plus ou moins importantes. De façon générale, les troubles du sommeil affectent plus intensément les femmes que les hommes. Les principales conséquences sont, bien entendu, la baisse des capacités de vigilance, de mémorisation et d’apprentissage et, plus généralement, la diminution des performances.

Mais il peut y avoir aussi des conséquences plus inattendues :

– Désinvestissement et détachement artificiel des choses de la vie, moins d’attention aux soins du corps (alimentation, toilette, tenue vestimentaire), moins de projets motivants, baisse de la libido, dilution des liens familiaux et sociaux.

– Aggravation de certaines pathologies préexistantes : douleurs musculaires, troubles digestifs fonctionnels, migraines.

– Hypersensibilité aux stimuli quotidiens : le cerveau reste en éveil, sur le qui-vive.

– Inaptitude grandissante à gérer le stress : alternances fréquentes de l’humeur avec, à terme, risque de dépression.

– Baisse des défenses immunitaires.

– Augmentation de l’appétence pour les aliments riches en calories, surpoids.

– Diminution de la tolérance au glucose, diabète insulinodépendant. Hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires (notamment en cas de travail nocturne).

– Baisse de l’acuité visuelle. Pour compenser les difficultés engendrées par les troubles du sommeil, et souvent sans en avoir identifié la cause, de nombreuses personnes peuvent rechercher des solutions dans des pratiques addictives (café, alcool, tabac) ou dans la prise de complexes minéral-vitaminiques le matin, ou de substances somnifères le soir. Le sujet entre alors dans un cercle vicieux qu’il n’est possible de rompre que s’il est suivi par un médecin ou un thérapeute.

 

Un commentaire

  1. Bonjour Mr Azais Khalsi
    Je vous remerçie pour votre article que j’ai trouvé tres interressant,
    je serai heureux de savoir s’il existe de nos jours un bon traitement de d’apnee de sommeil , en dehors de l’usage des masque respiratoire que je trouve
    tres encombrant et trop gênant pour dormir la nuit .
    N’hesitez pas si vous avez des suggestion à nous faire en rapport avec le traitement d’apnee du sommeil
    Merci

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