Se maîtriser face à la violence

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Le mois du Ramadan, qui vient nous visiter chaque année, nous est présenté par le noble Prophète (Paix et salut sur lui) comme un mois qui vient nous purifier, nous nettoyer, nous soigner et nous remettre sur pieds. C’est une occasion annuelle, qui se présente comme un invité céleste et qui vient frapper à la porte de chacun de nous pour nous faire le plus grand bien.

Ce mois de purification vient nous nettoyer sur tous les aspects. Notre corps se régénère par les bienfaits du jeûne et d’une alimentation équilibrée. Notre cœur se nettoie de tous ses maux par la lecture du Coran, la prière, la méditation et le travail sur soi. Notre conscience s’élève par un retour à l’essentiel et nous invite à penser davantage aux nécessiteux, à se rendre utile aux autres, à relativiser et prendre de la hauteur. Les pendules se remettent ainsi à l’heure pour ceux qui saisissent l’occasion de prendre leur envol.

Les racines de la violence

Pour aborder la question de la maîtrise de soi face à la violence, il convient de revenir sur ce qui caractérise cette dernière. La violence se définit en effet comme une manifestation brutale, une force qui se libère brutalement et est souvent destructrice. Elle revêt un caractère d’extrême agressivité et d’une volonté de nuire. Elle peut être physique, verbale ou psychologique.

Elle est l’expression d’un état intérieur, de maux et de fléaux qui ont germé et qui n’ont jamais été traités à la racine. Elle est, par ailleurs, la résultante du milieu environnant, qui, s’il est fortement marqué par la violence, pénètre insidieusement le for intérieur. La violence est la semence de plusieurs graines : la haine, le mépris, la calomnie, l’humiliation, la manipulation, le mensonge, le sentiment d’injustice et d’impuissance, l’individualisme, l’indifférence, l’ignorance, les préjugés, la convoitise, la jalousie, la cupidité…  Chacun de nous se retrouve plus ou moins influencé selon son exposition au quotidien et les précautions qu’il prend pour se prémunir.

La violence est le magma d’un volcan qui ne s’arrête jamais lorsqu’il fait irruption : la violence engendre fatalement la violence !

Comment s’en prémunir ?

Le mois du Ramadan est un appel à établir cette paix intérieure, à avoir un regard introspectif et opérer un travail de « filtrage intérieur ». D’en scruter les mauvais germes et les traiter à la racine. C’est une prise de conscience qui nous hissera dans les hauteurs de la dignité humaine. Si la violence est une faiblesse, une pathologie, la paix intérieure – quant à elle – est une force et une réponse sans commune mesure.

Pour gravir la pente, inspirons-nous des points d’ancrage qui nous sont donnés dans la parole divine et dans les enseignements du Prophète (paix et bénédictions sur lui). Le Coran nous invite aux plus nobles caractères et à la plus haute moralité. Il nous exhorte à répondre de la plus belle des manières et ne pas laisser de sentiment négatif nous pénétrer : « Repousse le mal par ce qui est meilleur ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient un ami chaleureux » (1).

Le Coran nous invite à aspirer aux plus hautes ambitions et à prendre de la distance sur ce qui peut susciter convoitise, jalousie et haine. Si nous ressentons un besoin, un manque, si nous avons le sentiment d’avoir été lésés, c’est au Tout-Puissant qu’il faut exprimer ses doléances. Là où certains se concurrencent dans le paraître, l’accumulation des biens et les honneurs, Dieu nous invite à vivre un bonheur intense avec les siens au quotidien et jouir d’une belle postérité: « Seigneur, donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux, et fais de nous des modèles exemplaires pour les pieux ».(2)

Terminons par l’histoire très célèbre de cet homme dont le prophète avait annoncé à trois occasions qu’il était un homme du paradis sans en expliquer les raisons, ce qui avait suscité la curiosité du compagnon Abdullah Ibn Omar qui alla passer trois jours complets chez lui pour essayer de comprendre. Durant ces trois jours passés en compagnie de cet homme, il ne vit rien d’extraordinaire à ses yeux dans ses pratiques quotidiennes. C’était un homme qui paraissait tout à fait ordinaire pour Abdullah Ibn Omar jusqu’au moment de se quitter où il lui confia son secret : « Je ne conçois de ressentiment pour aucun musulman et je n’envie aucun homme pour un bien que Dieu lui a accordé ».  Cet homme portait en lui les secrets du détachement et de la non-violence !

(1)   Coran : Sourate 41 – v 34

(2)   Coran : Sourate 25 – v 74

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