La reprise des cultes dès la fin du Ramadan ?

Le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) et la Confédération islamique Milli Görüs (CIMG France) ont adopté une position commune concernant le calendrier du déconfinement des cultes. Si la date initiale du 2 juin venait à être avancée par le gouvernement, celle du 24 mai prévue pour l’Aïd al-Fitr devrait être « prise en compte » si les conditions sanitaires sont réunies.

C’est d’une même voix que le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) et la Confédération islamique Milli Görüs (CIMG France), dirigés respectivement par Ibrahim Alci et Fatih Sarikir, ont exprimé leurs vues, jeudi 7 mai, sur le calendrier de reprise des offices religieux dont le probable changement crée des remous depuis plusieurs jours.

Aucune date définitive n’a encore été fixée à ce stade par le gouvernement. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, est resté vague sur le sujet lors de la présentation des modalités du déconfinement après le 11 mai.

Un appel à « rester solidaires » de la date du 2 juin

Pour les fédérations turques, membres du Conseil français du culte musulman (CFCM), les autorités doivent faire preuve d’une « extrême prudence face à cette épidémie » et « faire prévaloir le principe de précaution car aucune cérémonie religieuse telle qu’elle soit ne peut être comparée au principe universel qu’est la préservation de la vie humaine ».

En conséquence, « au vu des éléments que nous avons à ce jour de la part des autorités sanitaires, nous devons tous rester solidaires et maintenir la date du 2 juin », estiment le CCMTF et la CIMG. Néanmoins, « si les autorités viennent à avancer cette date parce qu’elles disposent d’éléments qui leur permettent de juger que la situation est favorable, alors dans ce cas, la CIMG France et le CCMTF demandent à ce que la date du 24 mai prévue pour l’Aïd al-Fitr soit prise en compte ».

Avancer le calendrier au 29 mai, une décision « ni juste, ni justifiée »

« L’ensemble des fédérations responsables des lieux de culte ont, depuis le début de cette épidémie, montré leur exemplarité. (…) Aussi, c’est avec constance que nous avons informés nos coreligionnaires de devoir redoubler de patience durant le mois béni de Ramadan qui a débuté le 24 avril, annulant ainsi les prières collectives de tarawih, ainsi que la célébration de la fête de l’Aïd al Fitr probablement prévue pour le 24 mai », rappellent les fédérations.

« C’est dans (un) contexte d’union nationale où tous nos concitoyens, sans aucune distinction, sont solidaires et font des sacrifices, que nous avons appris par la voix du Premier ministre que la date prévue concernant l’autorisation de célébration de cérémonies religieuses pourrait être avancée au 29 mai permettant ainsi à la communauté juive mais aussi chrétienne d’organiser leurs fêtes respectives », déclarent-elles;

« La fête de l’Aïd al-Fitr n’étant séparée que de cinq jours, il est tout à fait légitime que la communauté musulmane puisse se sentir discriminée. Cette décision ne serait ni juste, ni justifiée », jugent-elles. « Ne pas le faire porterait inévitablement un coup sévère à l’unité et la solidarité qui s’est mise en place entre tous les concitoyens de France face à cette épidémie, les musulmans auront le fort sentiment d’avoir été traité comme des « citoyens à part ». »

Pour le CCMTF et la CIMG, « les mosquées de France dans leur ensemble seront à la hauteur pour s’organiser et permettre dans le strict respect des règles sanitaires de distanciation et gestes barrières, la célébration de l’Aïd al-Fitr » dès lors que les autorités estiment que les conditions sanitaires sont réunies.

Via
https://www.saphirnews.com/

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