Classement PISA : le niveau des élèves français atteint son plus bas niveau

Les résultats de la dernière étude de l’OCDE sont alarmants : les performances moyennes des élèves français en sciences, en mathématiques et en compréhension de l’écrit atteignent leur plus bas niveau depuis vingt ans.

Le niveau des élèves français, comme celui des élèves des 90 autres pays et régions membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), est en baisse, selon le dernier classement du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), publié mardi 8 septembre.

Des résultats mondiaux en recul

L’étude PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) évalue tous les trois ou quatre ans les connaissances des jeunes de 15 ans dans 91 pays, à travers trois disciplines : les mathématiques, les sciences et la compréhension de l’écrit.

Comme lors des précédentes éditions, les premières places du classement sont principalement occupées par des pays asiatiques, notamment la Chine, Singapour et le Japon. À l’inverse, plusieurs pays africains figurent parmi les derniers, à l’image du Rwanda, qui occupe la dernière place, du Kenya (89e), de la Zambie (88e) et du Maroc (83e).

La France se classe désormais à la 27e position parmi les pays de l’OCDE, juste derrière la Suède et la Slovénie, mais devant l’Italie et le Portugal. L’Estonie, qui occupe la 6e place du classement général, se hisse quant à elle en tête des pays européens.

Les résultats en berne de la France

Le bilan est particulièrement sévère pour la France. L’OCDE évoque des « résultats parmi les plus faibles jamais obtenus », même si les performances françaises restent proches de la moyenne des pays de l’organisation. En mathématiques, les élèves français obtiennent un score de 458 points, soit 35 points de moins qu’il y a dix ans. En sciences, le score atteint 483 points, en baisse de 12 points sur la même période, tandis qu’il s’établit à 456 points en compréhension de l’écrit, soit une chute de 43 points.

Or, selon l’OCDE, « une chute de 20 points équivaut à la perte d’une année d’apprentissage ». Parmi les facteurs susceptibles d’expliquer ce recul mondial, le rapport cite notamment le rapport aux apprentissages, la place croissante du numérique, les effets persistants de la crise du Covid-19 et le désinvestissement des parents. En France, les fortes inégalités sociales et de genre continuent également de peser sur les performances scolaires.

Des inégalités sociales toujours marquées

Parmi les pistes avancées pour expliquer ces résultats figure notamment la baisse de l’implication des parents dans la scolarité de leurs enfants. Entre 2022 et 2025, la proportion d’élèves dont les parents demandent au moins une fois par semaine ce qu’ils ont fait durant leur journée à l’école est ainsi passée de 74 % à 63 %.

La France demeure par ailleurs l’un des pays où les écarts de performance liés à l’origine sociale sont particulièrement importants. « Même si on arrive à [les] résorber, elles sont toujours là », précise Eric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE. Pour établir cet indice, les auteurs du classement répartissent les élèves en quatre catégories, de la plus favorisée à la plus défavorisée. En sciences, ils constatent ainsi un écart de 100 points entre le quart des élèves les plus favorisés et celui des élèves les moins favorisés.

L’OCDE alerte enfin sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) à l’école, relevant une corrélation entre son usage accru et de faibles performances en sciences. « Ceux qui ont de meilleures performances en France sont ceux qui n’utilisent jamais l’IA », observe Eric Charbonnier.

Via
mizane.info

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