Le Conseil de la paix selon Donald Trump lancé, mais avec qui ?
Donald Trump entend bien court-circuiter les Nations unies en lançant un « Conseil de paix » sur lequel les États-Unis auront l’entière main. De nombreux pays du monde musulman ont d’ores et déjà accepté de rejoindre cette organisation.
Donald Trump a lancé, jeudi 22 janvier depuis le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, son « Conseil de paix » pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde. Vraiment ? Cette organisation « qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », au-delà de la seule question de Gaza, selon l’administration américaine, entend court-circuiter l’Organisation des nations unies (ONU) que Donald Trump n’a eu de cesse de remettre en cause depuis son retour à la Maison Blanche en 2024.
Le premier président n’en sera que Trump lui-même et il sera le seul habilité à transmettre des invitations. Il pourrait révoquer la participation des membres, sauf en cas de « veto par une majorité des deux tiers des Etats membres ».
Pour y obtenir un siège permanent, les pays intéressés devront mettre sur la table un ticket d’entrée de 1 milliard de dollars. Les pays invités ne pouvant pas faire un tel chèque peuvent tout de même se voir attribuer une place au sein du conseil en tant que membre pour un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la charte, renouvelable par le président.
Plusieurs pays ont décliné l’invitation à rejoindre l’organisation comme la France qui appelle, par la voix d’Emmanuel Macron à préserver le rôle de l’ONU.
D’autres Etats ne se sont en revanche pas fait prier et ont accepté l’invitation du président américain, à commencer par Israël, son fidèle allié, ce qui ne laisse rien présager de bon pour la résolution des conflits au Proche-Orient, en particulier pour les Palestiniens qui cherchent une paix juste et durable. Donald Trump a également invité la Russie à rejoindre le conseil, ce que l’Ukraine, engluée dans la guerre depuis 2022, voit d’un très mauvais oeil. Le président ukrainien a d’ailleurs refusé de siéger dans l’organisation.
La Hongrie de Viktor Orban, la Biélorussie d’Alexandre Loukachenko et l’Argentine de Javier Millei ont tous trois indiqué avoir accepté l’invitation américaine. Même chose pour l’Arabie Saoudite, l’Egypte, Bahreïn, la Jordanie, le Koweït et la Turquie, de même que l’Indonésie et le Pakistan Le Maroc et les Émirats arabes unis rejoindront aussi le conseil en tant que « membres fondateurs ». Le Conseil de la paix pourrait aussi compter l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qui se sont engagés en août 2025 à mettre fin, sous l’égide des États-Unis, à leur conflit courant depuis des décennies.
En tout, ils sont 35 pays à avoir accepté l’invitation selon Donald Trump. Si de nombreux pays du monde musulman ont montré leur enthousiasme à rejoindre l’organisation, ce n’est pas le cas des pays européens. La Chine a aussi défendu, pour sa part, un système international avec l’ONU « en son centre ».