Et par Dieu… Je t’aime !

Le téléphone sonne. On me propose de venir profiter d’un séjour au bord de la piscine dans un chalet surplombant un site vosgien magnifique. Une verdure à en éblouir la vue et un air pur à en couper la respiration… L’endroit idéal pour opérer une rétrospection à tous les niveaux…

En arrivant, je ne savais pas si ce lieu allait être propice à du repos bien mérité ou compter encore une fois parmi mes nombreux séjours épuisants. Une pièce sous les combles m’a permis de me rapprocher d’un confort qui me permettrait un bon feed back sur ces quelques mois qui viennent de passer… C’est parti pour un week-end entre femmes, entre amies, entre sœurs et surtout entre êtres différents !

Tout le monde était dans la piscine, des rires et des blagues fusaient de partout, mais le jacuzzi était plus tentant, avec une mélodie naturelle des arbres avoisinants, seule face aux résolutions et au bilan de l’année. La vie nous entraîne dans des tumultes sans cesse plus éprouvants les uns que les autres mais le groupe et la spiritualité qui l’entoure nous poussent à marquer une pause dans cette course effrénée et à se poser les bonnes questions pour mieux avancer. Rejointe par les autres, nous parlions un peu de toute cette organisation qui avait besoin d’être revue et portée par de nouvelles volontés. Un souffle secret nous incitait à nous connaître un peu plus mais personne n’osait franchir le pas et nous restions dans les convenances.

La prière nous unissait face à Dieu qui nous avait réunit, elle, toi et moi sans personne d’autre de plus car nous devions nous trouver là, à ce moment précis et à cet endroit. L’appel était ordonné et les réponses se trouvaient ici. Je regarde dans ses yeux. Leur lueur me parle et m’apprend beaucoup sur moi et sur ma relation que j’ai tissé il y a de cela des années mais sans lien véritable. Je ne connaissais pas cette sœur ou cette autre. Pourquoi ? Je n’avais jamais fais l’effort de connaître cette sœur qui me paraissait distante. Je me réfugiais derrière mon impression première et c’est tout ! Où est la FRATERNITE dans tout cela ? Que voulait dire pour moi ce terme si cher à nos discussions et à nos assises ? Je n’ai peut-être finalement rien compris. Peut être que je n’étais pas un bon élément de ce groupe car je ne me sentais pas proche de ces personnes. Dieu… aide moi à sentir une proximité avec ces sœurs pour enfin savourer ta compagnie… Que de pensées qui se bousculaient dans cette tête qui, tout l’année, n’avait de cesse de réfléchir.

Ce visage m’a apporté les réponses que j’attendais et surtout l’apaisement spirituel tant décrit lors de nos rencontres. Une sagesse et une humilité à toute épreuve ! Un songe a été la clé ! La sœur nous a invitées à partager un cadeau qui lui a été donné… Une assise spirituelle organisée à la hâte et sur de beaux sourires qui attendaient cette surprise annoncée. Une surprise un peu particulière : l’invocation de la fin de la lecture du Coran. Ah ! Je m’attendais peut être à autre chose… Mais l’appel fut lancé : « Ecoute battre ton cœur et compte ses palpitations, ta venue n’était pas un hasard, le nombre de tes pas est calculé, tu devais entendre cet appel et y répondre en venant et en accompagnant les autres, regarde, lève la tête et sors tes idées de cette routine qui les étouffent. Sens cette odeur de frais, de froid, l’odeur de l’aube et le sentiment d’une présence bienveillante. Le sommeil est délicieux après une prière en commun ! ». Les larmes sont montées rapidement à la lecture de cette invocation, le goût amer de l’insouciance de ces derniers mois commençait à disparaître pour laisser place aux délices de la Foi. Petit à petit les langues se déliaient et les témoignages se bousculaient. L’une se confiait et l’autre demandait pardon. Mais je ne pouvais rien dire. Je restais muette. Je consommais ce qui pouvait me réconforter et listais mes résolutions désormais ! Mes yeux s’adoucissaient en voyant ces âmes sincères et ces cœurs touchés par la force du moment. En clôturant, je sentais l’espace qui séparait mes mains de mon visage s’agrandir et peser la terre entière ! Le poids de mes regrets alourdissait mes mains tendues. Le repas fut ensuite succulent même si nous fûmes repues bien avant. Après cette soirée, rien n’étais désormais comme avant. Les sourires se dessinaient spontanément à la vue des autres et les confessions allaient bon train. Décidemment… Un séjour surprenant et riche en apprentissages. L’amour jaillissait de nos cœurs sans que nous puissions l’empêcher, vers des personnes que nous n’abordions pas!

« Et par Dieu… Je t’aime », me murmurait-elle. « Je ne sais pas pourquoi mais je t’aime aussi ! » C’était ce sens qui m’échappait, aimer quelqu’un parce qu’il est le reflet de la bonté divine envers moi, parce qu’à travers cette personne je m’accomplissais et je cernais mes défauts. A travers cette personne, humaine tout comme je l’étais, ma réalité me rappelait que l’humilité est la meilleure voie. Le mépris ne résolvait rien. Ignorer des frères et des sœurs ne faisait que murer mon égo dans ses carcans. Ces regards écrasaient mon égo par leur sincérité dans l’amour qu’ils me portaient alors que je ne méritais même pas leur attention. Cette bienveillance me tuait ! Je vous aime mais je ne mérite pas votre amour… Je suis à mille lieux de vous, je n’ai pas encore compris ! Mais laissez-moi me fondre dans votre bonté… Et peut être que j’aurai une place parmi vous… Je ne veux plus vous quitter… Apprenez moi ce qu’est « aimer » sans attendre en retour, sans savoir qui l’on aime juste parce qu’il est une créature et qu’il est l’œuvre de Dieu. Abreuvez-moi de cette oasis qui ne s’épuise jamais, de cet Amour suprême qui détache l’être de ses chaînes terrestres et qui le rend libre. Apportez-moi cette sérénité spirituelle face aux épreuves… Prenez-moi par la main et initiez-moi à la connaissance de moi-même et à l’affront de mon égo… N’hésitez pas à me sourire dès que vous me voyez et serrez moi dans vos bras car ce séjour en votre compagnie était le meilleur présent. Le meilleur des apprentissages est d’aimer quelqu’un, comme le meilleur des présents est simplement un sourire. Les mots sont parfois inutiles, le visage exprime bien plus de messages.

Un commentaire

  1. C’est si profond, si poignant… En lisant ton article, toute ces belles émotions, tout cet amour que j’ai pu ressentir lors de ce séjour ont refait surface. Je n’oublierai jamais ces instants passés avec vous, si forts, si intenses… Merci Takwa pour cet article. J’en profite pour te dire, parceque c’est si important, que vraiment, par Dieu… Je t’aime!

  2. La sincerites des cœurs j ai jamais connu est ce que c est moi qui n’a jamais voulu connaître un questions qui me viens à l ésprit enfin très émouvants cette article ou bien cette lettre ouverte.

  3. Le style de l’écriture compte, c’est un style romancé fluide et attachant. Les angles des vues de l’auteur comptent aussi. Ici c’est une approche « découverte » qui ne manque pas de suspense, elle propose une évolution intuitive et surtout un témoignage authentique. Je pourrais lire des centaines de pages comme celle-ci en quelques jours.

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