La volonté d’appeler à Dieu

Imaginez que vous habitiez une petite ville, où il y a un grand maître spirituel. Un Homme de sciences, connu par tous les habitants de la ville, qui les appelle à Dieu jour et nuit et les incite à revenir vers Lui, sans grand succès. Sentiriez-vous la nécessité ou l’obligation de faire de même, vous, le citoyen normal sans grand savoir ou facilités particulières ?

Imaginez maintenant, que dans cette petite ville, il n’y a pas un, deux ou trois grands maîtres spirituels, mais un prophète, un messager de Dieu. Après une période d’appel à Dieu avec quasiment aucun résultat, Dieu a envoyé en renfort, un deuxième et ensuite un troisième prophète, pour appuyer cet appel. Néanmoins, avec un effet inverse, les habitants de la ville commencent même à les menacer, pour qu’ils arrêtent cet appel. Verriez-vous la logique de vous mêler de cette affaire, vous, l’habitant ordinaire sans beaucoup de sciences religieuses ou pouvoir distinct ?

Cette situation particulière nous a été racontée dans le coran, dans la sourate Ya-Sin.

« Donne-leur comme exemple les habitants de la cité, quand lui vinrent les envoyés.  Quand Nous leur envoyâmes deux [envoyés] et qu’ils les traitèrent de menteurs. Nous [les] renforçâmes alors par un troisième et ils dirent : « Vraiment, nous sommes envoyés à vous« . Mais ils [les gens] dirent : « Vous n’êtes que des hommes comme nous. Le Tout Miséricordieux n’a rien fait descendre et vous ne faites que mentir« . » (1)

Une objection connue et répétée à l’humanité des prophètes, une réponse qui montre une perception naïve et une confusion sur la fonction des prophètes. Ils s’attendaient toujours à ce qu’il y ait un secret dans la personnalité des messagers de Dieu. Comment un prophète peut être une simple personnalité normale sans secrets ni mystères ?

Cependant, une autre réponse à cet appel jaillit : « Et du bout de la ville, un homme vint en toute hâte et dit : « Ô mon peuple, suivez les messagers. Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont sur la bonne voie. Et qu’aurais-je à ne pas adorer Celui qui m’a créé ? Et c’est vers Lui que vous serez ramenés. Prendrais-je en dehors de Lui des divinités ? Si le Tout Miséricordieux me veut du mal, leur intercession ne me servira à rien et ils ne me sauveront pas. Je serai alors dans un égarement évident. [Mais] je crois en votre Seigneur. Ecoutez-moi donc« . » (2)

Des paroles dissuasives devant les menaces d’agression d’un peuple envers ses messagers. Des paroles d’un Homme, sans pouvoir et sans aucune réputation ou statut social, qui est venu de l’extrémité de la ville, cherchant à remplir son devoir d’appel à Dieu, et qui prend une position ferme en faveur des prophètes de Dieu.

C’est la réponse de l’innéité à l’appel de la vérité. Une réponse honnête, simple et enthousiaste. C’est un Homme qui a entendu l’appel et  y a répondu après y avoir vu les signes de vérité et de divinité. Un cœur, quand il a goûté de la vérité de la foi, sa conscience n’a pas toléré le silence. Il ne s’est pas contenté de vivre sa foi en isolement, voyant les égarements autour de lui. Mais, il a quitté l’extrémité de la ville calme et paisible pour prendre part dans ce tumultueux appel à Dieu, utilisant tous les moyens à sa disposition, parlant de sa propre expérience, expliquant les raisons de sa croyance, faisant appel à leur innéité, une innéité qui s’est réveillée chez lui.

Le contexte de l’histoire du coran, nous amène à comprendre que cet Homme a été tué, faisant ainsi don de sa propre vie. Lui qui a pris la fonction des messagers de Dieu, a reçu la même réponse de son peuple, mais surtout la même récompense de Dieu : « Alors il [lui] fut dit : « Entre au Paradis ». Il dit : « Ah si seulement mon peuple savait ! …en raison de quoi mon Seigneur m’a pardonné et mis au nombre des honorés » »(3).
Un Homme qui se souciera du sort de son peuple même après sa mort, un Homme sans haine et sans rancœur envers son peuple injuste.

Le croyant musulman ne doit pas attendre les conditions et circonstances parfaites pour appeler à Dieu et se soucier de son prochain. L’appel à Dieu est la responsabilité de chacun, elle n’est pas un métier réservé aux « religieux » ou au « clergé ». Il incombe à chacun de nous de remplir ce devoir de diffuser cet appel à Dieu, avec tous les moyens de communication disponibles. C’est un bonheur dans ce monde et un bonheur encore meilleur dans la vie dernière si, à travers à toi, une femme ou un homme retourne à son seigneur et reconnait Son unicité « …je jure par Dieu, que Dieu guide à travers toi un seul Homme est meilleur pour toi que de posséder des chamelles rousses (2) ».
(4)

(1)    sourate Ya-Sin (13-15)

(2)    sourate Ya-Sin (20-25)

(3)    sourate Ya-Sin (26-27)

(4)    Rapporté par Boukhari

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