Parents en éveil

Quel que soit l’âge de nos enfants, être parents c’est être engagé dans un tourbillon d’émotions ! Il n’est pas toujours simple d’être au top, comme parents, 24h sur 24. 

Plus d’une fois, il nous arrive d’être inquiets, dépassés, fatigués…

Heureusement, notre vie de parents est pleine de sens, de fiertés, d’étonnement, de plaisir : se laisser surprendre par son enfant, l’accompagner pour qu’il grandisse, qu’il progresse …

Etre parents c’est l’histoire de toute une vie ! Après plus de 15 ans d’expérience d’accompagnement auprès de parents d’enfants de tous les âges de 0 à 18 ans, je confirme que notre bienveillance parentale a un impact inéluctable sur le développement de nos enfants. 

Notre propre comportement se reflète à travers nos enfants. A nous de rester des parents en état d’éveil ! 

En tant que parents, nous sommes leur premier modèle !

D’après Abdallah (que Dieu l’agrée) le prophète (paix et salut sur lui) a dit :

« Le croyant ne critique pas les autres, ne maudit pas, n’est pas vulgaire ni impertinent » (1). Soyons exemplaires dans nos paroles, nos faits et gestes pour l’enseigner à nos enfants.

Certains d’entre eux ont besoin d’être accompagnés de près, d’autres aiment faire leurs expériences seuls, hors du regard de l’adulte. Etre parent, c’est oser s’y prendre différemment avec chaque enfant. Il n’y a pas de recette miracle mais osons leur faire confiance. 

Sahl Ibn S’ad (que Dieu l’agrée) a rapporté que l’on avait apporté à boire au Messager de Dieu (paix et salut sur lui), et qu’il avait alors bu. A sa droite, il y avait un enfant et, à sa gauche, des hommes âgés. Il avait alors demandé à l’enfant : « Me permets-tu de servir ceux-là ? » Ce à quoi l’enfant a répondu : « Oh certes non ! Par Allah ! Quand il s’agit de toi, je ne cèderai ma priorité à personne ! » Alors le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) lui avait remis la coupe en main » (2)

Instaurer des règles

En même temps, un enfant a besoin qu’on lui fixe des règles claires, pour sa sécurité, et pour l’apprentissage de la vie sociale. Véritable enveloppe protectrice, ces règles permettent de canaliser ce qu’il vit et de s’orienter. Peu à peu, l’enfant les intègre jusqu’à ne plus avoir besoin de ses parents pour s’en souvenir.

Avec les adolescents, nous pouvons entreprendre de discuter ces limites, mais nous gardons la responsabilité de la décision finale afin de garantir leur sécurité.

Dire « non », ce n’est pas ne pas aimer ! Au contraire, c’est plutôt rassurant d’avoir un parent consistant et fort, tout en respectant la parole de son enfant et rester à l’écoute de ses désirs. Ici, la communication est essentielle !

Garantir la place à chacun

De plus, quand nous sommes parents de plusieurs enfants, il faut composer avec les besoins de chacune et de chacun. C’est aux parents, dont les enfants demandent l’attention, de négocier et d’organiser les choses, pour garantir la place à chacun. 

Anas (que Dieu l’agrée) a rapporté qu’un jour : « Un homme était assis en compagnie du prophète (paix et salut sur lui) lorsque son fils vint auprès de lui. Il l’embrassa et le fit asseoir sur ses genoux. Vint ensuite sa fille. Il la prit et l’assit à côté de lui. Alors le messager de Dieu (paix et salut sur lui) lui a dit : « Tu n’as vraiment pas été équitable ». » (3)

Ce hadith nous montre l’importance qu’il y a à ne pas faire de distinction dans l’amour que l’on porte à nos enfants. Chaque membre de la fratrie mérite sa part d’amour et d’attention et celles-ci venant de chacun des deux parents. 

Être affectueux, attentionné …

Tout au long de la vie, nous avons besoin de contacts affectueux. Que nous les vivions en couple, dans les relations familiales ou amicales, ils nous procurent un sentiment d’existence, de reconnaissance et une sécurité intérieure. 

Il existe différentes manières d’être attentif à son enfant : par le regard, en l’écoutant, avec le contact tactile… 

Différentes études scientifiques, depuis les années 60, faites notamment par des savants japonais, ont montré que les câlins activent la sécrétion d’hormones telles que l’endorphine, l’ocytocine et la dopamine, hormones du plaisir, du bonheur et du bien-être. Le câlin permet aussi de sécréter de la sérotonine et de la dopamine, qui sont des antistress naturels qui produisent une sensation d’apaisement. Les câlins et les démonstrations d’affection contribuent à apporter un sentiment de sécurité, indispensable pour nos enfants : pour qu’un câlin soit efficace il faut qu’il dure au moins 20 secondes !

Des petites attentions en fonction de l’âge de l’enfant, lui permettront d’avoir confiance en lui, de trouver du réconfort et d’avoir un sentiment d’existence partagée autant pour le parent que pour l’enfant.

Respecter les intimités

Il n’est pas toujours évident pour un parent, quand les enfants grandissent, de trouver la bonne distance.

Selon chaque âge, l’enfant se pose des questions concernant son intimité. Les enfants ont parfois besoin de nous confier leurs préoccupations et leurs questions. Voilà parfois des choses difficiles à aborder et pourtant tellement nécessaire !

Leur indiquer et soutenir certains interdits et normes de comportement sera pour eux structurant et protecteur. 

L’enfant a besoin de sentir qu’on le respecte, qu’il y a des portes qui protègent l’intimité de chacun ; surtout à l’âge où l’enfant devient pubère.

Respecter les intimités dans l’espace familial l’aide à préserver la sienne en dehors. 

Favoriser l’autonomie

On ouvre alors tout doucement le champ vers l’autonomie… Chaque parent a sa propre zone de confort dans laquelle il se sent en sécurité pour laisser son enfant s’éloigner. Parfois les parents se trouvent trop protecteurs ou trop permissifs. Nous cherchons la juste mesure, celle qui ouvre à l’enfant la voie vers l’autonomie et la responsabilité. 

Aux parents de mettre des balises claires afin que l’enfant puisse faire ses propres expériences de manière sécurisée. Même si parfois nous gardons une part de crainte, nous portons cet élan ! C’est qu’il en faut de la confiance, pour le laisser prendre son envol ! La confiance, quand elle est mutuelle, permet d’aller plus loin. 

Trouver des relais profitables

En tant que parents, on cherche parfois à être des supers-mamans et des supers-papas. Pourtant, un jour ou l’autre, les choses peuvent nous échapper. Il nous arrive de ne pas pouvoir aider notre enfant directement mais de devoir se tourner vers les autres. Chercher des relais profitables est signe de sagesse lorsque l’on se sent dépassé et que l’on reconnait nos propres limites. On fait appel à un proche, une tante, un oncle, un membre de notre communauté ou encore un professionnel de santé…

Parmi les signes de mal-être chez un enfant, il y a les troubles du sommeil, les troubles alimentaires, des sentiments excessifs tels que la tristesse, la colère, l’isolement, l’angoisse, un état dépressif, des idées noires… 

Tout en restant parents, nous pouvons faire appel aux autres et compter sur eux. Et cela sans lâcher notre enfant, et sans perdre ni notre valeur, ni notre place de parents. Au contraire…

Conclusion

Finalement dans la famille, nos sentiments se mêlent parfois mais nous avons cette force de l’amour de Dieu qui nous couvre de Sa miséricorde. 

Nous connaissons l’importance des invocations ! Il nous faut AIMER nos enfants !

En tant que parents, nous essayons de leur donner une boussole intérieure pour qu’ils apprennent à s’orienter eux-mêmes dans leur vie avec l’aide de Dieu. 

Progressivement ils grandissent et s’autonomisent. 

Mais être parents c’est pour toute la vie… Et c’est renouveler cet état d’éveil ! Enfin, nous sommes parents de nos propres enfants mais aussi des enfants qui nous entourent…

(1)   Rapporté par Tirmidhi

(2)   Rapporté par Al Boukhari

(3)   Rapporté par Al-Boukhari

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