Ramadan 2022 : la vigilance de mise malgré la levée de restrictions sanitaires

Après deux années d’un mois de Ramadan fortement perturbé par la pandémie de la Covid, c’est un retour vers la normale qui s’opère cette année 1443/2022. Bien que de nombreuses mesures sanitaires aient été levées, des institutions religieuses en France et dans le monde appellent toutefois à rester prudents.

A quelques jours du début du mois de Ramadan, l’Organisation mondiale de la Santé s’inquiète du rebond épidémique de la Covid-19, allant jusqu’à critiquer plusieurs pays pour la levée « brutale » des restrictions sanitaires. La fréquentation plus importante des mosquées et les rassemblements familiaux pour rompre le jeûne ensemble après le coucher du soleil pourraient faciliter la propagation du virus.

Car c’est bien « le contact étroit entre les personnes (qui) facilite la transmission de la Covid-19, le virus se propageant par les gouttelettes respiratoires et par contact avec des surfaces contaminées », comme l’expliquait l’OMS à l’occasion du Ramadan 2020. Or, si la façon dont le virus se propage entre les Hommes n’a pas changé en 2022, les mesures réglementaires sont désormais complètement différentes dans de nombreux pays, les autorités invoquant notamment un taux élevé de vaccination comme c’est le cas pour l’Arabie Saoudite. Plus de confinement ni de mesures de distanciation physique pour limiter les chaînes de contamination. Les rassemblements sociaux et religieux peuvent se dérouler « comme avant ». Vraiment ?

Mais qu’en pensent les savants musulmans ? Le 15 mars dernier, un panel de discussions réunissant des théologiens et des ministres de la Santé a été organisé sous l’égide de l’OMS, de l’UNICEF et de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge (FICR). Cette visioconférence s’est tenue entre membres de l’Islamic Advisory Group (IAG) pour éclairer les croyants et leurs leaders spirituels sur les comportements adaptés en temps de pandémie.

« La période de Ramadan revient pour la troisième fois en période de pandémie et il est nécessaire de rappeler les mesures qui doivent être mises en place pour y faire face, à commencer par la vaccination, indispensable pour s’assurer que chaque croyant est bien protégé pendant ce mois de festivités », indique l’OMS. Le professeur Koutoub Moustapha Sano, secrétaire général de l’Académie internationale de la jurisprudence islamique (IIFA), rappelle que la protection de la vie est l’un des cinq objectifs principaux de la charia« Le Ramadan est une occasion pour prendre soin de sa santé. Nous avons besoin de nous assurer que nous respectons l’enseignement de l’islam en protégeant la santé de chacun », expliquait-il pendant la conférence virtuelle.

De son côté, Ibrahim El-Hodhod, ancien président de l’université Al Azhar, faisait remarquer que son institution avait émis plusieurs fatwas pour aider à combattre la pandémie. L’une d’entre elles s’attachait à défendre l’adoption de mesures préventives pour assister aux prières collectives dans les mosquées, y compris le port du masque et le maintien de la distanciation physique entre les fidèles. Enfin, l’Observatoire des fatwas de l’IIFA, par la voix de son superviseur Mohamed Mustafa Shoaib, a déclaré que son organisation avait publié un certain nombre d’avis religieux pour assurer que la vaccination contre le virus de la Covid-19 est permise pendant le jeûne et n’invalidait pas cette obligation religieuse.

« L’OMS, l’UNICEF et la FICR sont les organisations appropriées pour diriger la communication de certaines fatwas (…) qui s’efforcent de freiner la propagation de la Covid-19 », a déclaré Yagoub Al Mazrou, président du Comité exécutif de l’IAG pour clore la session. « Nous prions Allah de nous protéger de toutes les pandémies et maladies, et puissions nous avoir un Ramadan béni. »

« La pandémie de Covid-19 n’est pas terminée »

« Ce retour progressif à la situation d’avant la pandémie ne doit pas faire oublier que le virus de la Covid-19 circule toujours et continue de faire des victimes. Dans l’attente de l’évolution favorable de la situation sanitaire, le port du masque reste fortement recommandé dans les lieux ne bénéficiant pas d’aération suffisante vers l’extérieur. Il reste également recommandé pour les personnes symptomatiques ou vulnérables », indiquait en mars le bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Pour la Grande Mosquée de Paris, qui vient d’éditer un guide religieux pratique, « la pandémie de Covid-19 n’est pas terminée et nous demande d’être encore vigilants et bienveillants pour la santé des autres lorsque nous irons prier à la mosquée et célébrer les moments de piété, de partage et de solidarité au cours du mois de Ramadan ».

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