Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale qui défie Benjamin Netanyahou

Au grand dam d’Israël, la magistrate de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a obtenu que sa juridiction soit compétente pour enquêter dans les territoires palestiniens, et notamment à Gaza, sur des plaintes consécutives à la guerre de 2014.

« Purement et simplement de l’antisémitisme. » C’est avec fureur que Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a accueilli l’annonce vendredi de la Cour pénale internationale (CPI) de se déclarer compétente pour les faits survenus dans les territoires palestiniens occupés, ce qui pourrait conduire à une enquête pour crimes de guerre. Cette décision, applaudie par l’Autorité palestinienne, est en grande partie le fait de Fatou Bensouda, procureure générale de la CPI depuis huit ans.

Le dernier combat de Fatou Bensouda

Cette ancienne avocate gambienne a poussé pour que la Cour prenne le relais d’une enquête préliminaire de cinq ans sur les actions menées au cours de l’opération israélienne Bordure protectrice de l’été 2014. Selon l’ONU, 1.163 Palestiniens, dont 795 civils et 230 enfants, y avaient été tués.

Ce combat de Bensouda, 60 ans, sera son dernier à La Haye puisque la magistrate quittera ses fonctions en juin. D’ici là, elle risque de s’attirer les foudres de l’Etat hébreu, qui n’est pas membre de la CPI et pointe plutôt les crimes commis par le Hamas.

Mais cette mère de deux enfants, critiquée pour le dossier bancal monté contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, a l’habitude des attaques. Depuis la décision de son bureau d’ouvrir une enquête contre les Etats-Unis pour crimes de guerre en Afghanistan, elle est interdite de visa et sanctionnée par Washington. 

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