L’homme, trésor oublié

L’être humain n’est ni une poussière perdue dans l’univers, ni un accident du hasard, ni un vulgaire accessoire du grand mécanisme production–consommation.

Il est un trésor.

Un trésor d’une valeur inestimable.

Mais un trésor souvent enfoui, enseveli sous le poids d’une histoire personnelle, familiale et sociale, recouvert de couches successives d’insouciance, d’illusions, de passions et d’influences trompeuses qui finissent, trop souvent, par masquer sa véritable nature.

L’homme ignore sa valeur.

Il traverse l’existence comme un étranger à lui-même, inconscient de ce qu’il porte en profondeur.

Il cherche ailleurs ce qu’il ne prend pas le temps de scruter en lui.

Il quémande reconnaissance, bonheur et sens, alors même qu’il est porteur d’une dignité que nul regard, nul jugement, nul système ne pourra jamais mesurer pleinement.

Car l’homme, dans son essence, est un être honoré par Dieu.

Il est voulu, façonné avec sagesse, doté d’un souffle qui le dépasse.

Il n’a pas été créé pour l’insignifiance, ni destiné à l’absurde.

Il a été créé pour connaître, pour s’élever, pour aimer et être aimé de son Créateur.

La félicité éternelle lui a été promise, pour peu qu’il s’éveille à sa nature profonde, au souffle divin insufflé en lui, et qu’il consente à marcher vers le destin glorieux auquel il est appelé.

Pourtant, combien passent à côté d’eux-mêmes.

Combien perdent leur vie à la gagner.

Combien consacrent leurs forces à l’éphémère, à ce qui brille un instant puis s’éteint.

Ils investissent leur énergie dans ce qui détourne, épuise et laisse le cœur vide, oubliant ce pour quoi ils ont été créés.

Ils confondent valeur et apparence, réussite et accumulation, liberté et abandon aux pulsions.

Ainsi, le trésor demeure enfoui : intact, mais inexploité.

La véritable tragédie de l’homme n’est ni la faiblesse, ni même l’erreur.

Elle est l’oubli de soi.

Car lorsque l’homme s’éveille à sa valeur, lorsque le voile de l’insouciance se déchire par un processus d’apprentissage et de conscience, tout change.

Il comprend alors que sa vie n’est pas un simple passage biologique, mais une responsabilité sacrée.

Il découvre que chaque acte, chaque intention, chaque effort de purification intérieure est une pierre retirée du sol qui recouvrait son trésor.

Prendre conscience de sa valeur, c’est décider de ne plus se trahir.

C’est refuser de vivre en dessous de ce que l’on est réellement.

C’est orienter sa vie vers ce pour quoi elle a été créée : la quête de Dieu…

Alors l’homme cesse de gaspiller son existence.

Il ne vit plus pour combler le vide, mais pour accomplir un sens.

Il ne cherche plus seulement à plaire aux créatures, mais à devenir aimé de Dieu.

Et dans cet amour, il trouve une dignité que rien ni personne ne peut lui retirer.

L’homme est un trésor.

Mais nul trésor ne se révèle sans effort, sans recherche patiente, sans apprentissage.

Et le chemin de l’éducation et de l’éveil est, en réalité, le chemin du retour à soi…

et du retour à Dieu.

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