Racisme et foi : une contradiction que l’islam condamne sans ambiguïté

Le racisme est souvent perçu comme un phénomène extérieur aux communautés musulmanes, comme un mal importé ou subi. Pourtant, force est de constater qu’il peut aussi, paradoxalement, concerner des personnes se réclamant de l’islam.

Cette réalité dérangeante mérite d’être nommée, non pour stigmatiser, mais pour rappeler avec fermeté ce que l’islam enseigne réellement.

L’islam condamne sans équivoque toute forme de suprémacisme, de hiérarchisation raciale et de sentiment de supériorité fondé sur l’origine, la couleur de peau ou l’appartenance nationale. Il consacre l’égalité fondamentale entre tous les êtres humains et affirme la dignité de chacun. Aucun peuple, aucune nation, aucun groupe ne peut se prévaloir d’une supériorité intrinsèque sur un autre.

Comme le rappelle explicitement le Coran : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous vous connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. » [1]

Pourtant, le nationalisme exacerbé, le tribalisme et les réflexes identitaires primaires peuvent aveugler certains esprits.

Sous l’effet de la passion collective, ces dérives font ressurgir un racisme primaire que l’islam condamne de la manière la plus ferme.

Cette contradiction révèle une faille morale et spirituelle profonde : lorsque l’identité prend le pas sur l’éthique, la foi se vide de sa substance.

Ces dévoiements apparaissent de manière particulièrement visible lors des grandes manifestations sportives, notamment autour du football. Là où le sport devrait être une fête et un espace de fraternité et d’interconnaissance, il devient parfois le théâtre d’un déchaînement de violence verbale et physique, d’insultes raciales et de haine collective.

La passion prend le dessus, les valeurs s’effacent, et l’émotion justifie l’injustifiable.

La tradition musulmane offre pourtant un rappel d’une clarté saisissante. Un compagnon du Prophète, dans un moment de colère, avait insulté un autre homme en raison de la couleur de sa peau. Le Prophète Muhammad, paix et salut sur lui, le reprit avec une sévérité rare en lui disant : « Tu es un homme en qui subsiste encore de l’ignorance. » [2] Ces paroles, d’une force morale immense, bouleversèrent l’homme fautif, qui se ressaisit immédiatement et demanda pardon à celui qu’il avait offensé. Ce récit illustre la tolérance zéro de l’islam face au racisme, quelles que soient les circonstances.

L’islam est venu abolir les pseudo-hiérarchies fondées sur le sang et l’origine. Il a établi un principe fondamental : la seule distinction entre les êtres humains réside dans la piété et le comportement éthique. Tous sont égaux en dignité. Les sentiments de supériorité et de mépris ne relèvent pas de la foi, mais d’un orgueil destructeur, en totale contradiction avec le message spirituel de l’islam.

Dénoncer le racisme, y compris lorsqu’il surgit au sein de communautés musulmanes, est donc un devoir moral et spirituel. La foi ne se mesure ni aux slogans, ni aux appartenances nationales, ni aux passions collectives, mais à la capacité de rester juste, humble et digne, même dans l’émotion.

L’islam n’a jamais été un refuge pour le nationalisme exacerbé, le tribalisme ou la haine. Il est un appel constant à l’élévation morale, à l’apaisement et au respect absolu de la dignité humaine. Toute autre attitude n’est qu’une trahison dangereuse de son message.

[1] Coran : Sourate Al-Hujurât, 49 :13 [2] Il s’agit de l’épisode où Abou Dharr (Abū Dharr al-Ghifārī) insulte Bilāl en le traitant de « fils d’une femme noire ». Le Prophète lui dit : « Tu es un homme en qui il y a encore (des traces) de l’ignorance. » (Rapporté par Bukhari)

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