Au commencement était…

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« Et lorsque celui-ci eut cohabité avec elle, elle conçut une légère grossesse pendant laquelle elle se déplaçait (facilement), puis lorsqu’elle se trouva alourdie, tous deux invoquèrent leur Seigneur : « si Tu nous donnes un (enfant) vertueux nous serons certainement des reconnaissants », dit Le Très-Haut.

En peu de mots, le verset résume cette histoire, aussi vieille que le monde, qui est celle du couple, de la famille et de l’éducation des enfants, spécifiant tant son départ que son terminus.

Au commencement était donc l’union, le mariage. Ce lien qui unit une femme et un homme et qui est le fruit d’un engagement solennel, selon le Coran[1]. Une union tant affective que corporelle empreinte d’affection, de miséricorde et de désir. Le désir de l’autre et le désir commun d’avoir un enfant.

Au commencement était aussi la semence qui prend ensuite la forme d’une « adhérence », puis d’un morceau de chair mâché pour devenir en finalité une création toute autre. Et puis, vient au monde un être nouveau qui, par un miracle divin ne cessera de grandir. Dieu dit : « C’est Lui qui vous a créés de terre, puis d’une semence, puis d’une adhérence puis Il vous fait sortir petit enfant pour (qu’) ensuite vous atteigniez votre maturité et qu’ensuite vous deveniez vieux, certains parmi vous meurent plus tôt, et pour que vous atteigniez un terme fixé, afin que vous raisonniez »[2].

Voilà donc le point de départ de cette gigantesque œuvre qu’est l’éducation d’un enfant, une semence. Cela nous éclaire davantage sur le fait qu’elle est l’objet d’une attention particulière dans l’islam, aussi minuscule et insignifiante qu’elle puisse nous apparaître. L’islam recommande en effet de bien en choisir tant la provenance que la destination. Car comme tout départ, elle est quasi toujours annonciatrice de la qualité du fruit que l’on en attend. Aux femmes, le Prophète, paix et salut à lui, conseille alors ceci : « lorsqu’un homme d’un « dîne » et d’un comportement que vous acceptez vous fait une demande de mariage, mariez-le ». Quant aux hommes, il dit : « Choisissez bien où vous mettrez vos semences. Car bien des caractères se transmettent incognito de l’ascendance ». Absolument à l’image d’une bonne culture, la bonne graine et la bonne terre sont bien les conditions et les garanties, après la Grâce de Dieu, d’une bonne végétation. Autrement, le « mauvais pays, (sa végétation) ne sort qu’insuffisamment et difficilement », rappelle Le Très-Haut[3].

L’Objectif de ces balises plantées sur la voie de l’islam, c’est de nous rendre sensibles à la question du commencement, à l’importance ici, de la page d’avant, que parfois nous tournons hâtivement sans y être attentifs, étant peut-être, et à tort, persuadés que l’essentiel réside dans les pages qui suivront.

L’enfant vertueux que les parents demandent à leur Seigneur, dans le verset cité plus haut, n’est alors autre que le fruit d’une belle et véritable union entre deux êtres, un homme vertueux et une femme issue de bonne famille. Ils sont les principaux architectes, tant du patrimoine génétique dont l’enfant héritera d’emblée, que du nichoir dans lequel il naîtra et grandira. Viendra certes ensuite, leur œuvre éducative. Elle jouera un rôle majeur et influencera grandement le développement de celui-ci, préservant ou déviant la destination originelle de sa « Fitra », tout comme la bête de somme qui naît sans difformité et dont la marque à l’oreille n’est autre que l’action de son éleveur. Si les parents prodiguent à leur enfant une éducation mauvaise il en ressortira mauvais. Si, en revanche, ils lui offrent une bonne éducation, faisant ainsi bonne œuvre, ils auront remercié le don de leur Seigneur et seront certes des reconnaissants. « Ô famille de David, œuvrez par gratitude »[4]. Et dans tous les cas, ils devront en répondre devant Dieu. Le Prophète, paix et salut à lui, a dit : « Lorsque l’être humain meurt, ses œuvres prennent fin, à trois exceptions : une aumône permanente, une science utile ou une descendance vertueuse qui invoque Dieu pour lui »[5]. Voici donc la fin heureuse espérée, le salut le Jour Dernier.

Le lecteur parent n’ignore sans doute pas qu’entre le commencement et la fin heureuse, son périple sera long, il ressemblera même parfois à une traversée du désert. « L’oasis des parents »[6] sera pour lui un lieu de repos et de rafraîchissement.  


[1] Dieu dit : « Comment oseriez-vous le reprendre, après que l’union la plus intime vous ait associés l’un à l’autre et qu’elles aient obtenu de vous un engagement solennel ? » Verset 21, Sourate Les Femmes

[2] Verset 67, Sourate Le Pardonneur

[3] Verset 58, Sourate Le Mûr d’A’raf

[4] Verset 13, Sourate Saba

[5]  Rapporté par Muslim et les compilateurs de la Sunna

[6] Le titre de cette chronique

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