Le Père, ce héros : La mère aime tendrement, le père aime solidement

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« La mère aime tendrement, le père aime solidement ». Ce proverbe italien reconnaît, dans l’amour du père, une qualité bien distincte de la qualité affective qu’il admet à l’amour maternel. Cette distinction semble, visiblement, résulter de la différence des sexes et par conséquent, de la nature de ces deux fonctions paternelle et maternelle. Cela étant dit, loin de s’opposer à l’amour tendre de la mère, l’amour solide du père vient le consolider et lui donner son ossature. Constituant ainsi deux variantes complémentaires d’un même amour, à savoir l’amour parental. Tout à fait à l’image du corps humain, qui allie harmonieusement la délicatesse de sa chaire à la solidité de son squelette, qui lui sert de charpente, protège ses organes internes et lui permet de se mouvoir. C’est cet équilibre entre ces deux amours, qui constitue la clé de voûte du développement et de l’accomplissement de l’enfant.

« Chacun d’entre vous est un berger et chacun d’entre vous sera interrogé concernant son troupeau. Le dirigeant est un berger, l’homme est un berger pour les gens de sa maison, la femme est une bergère pour la maison de son époux et pour ses enfants. Ainsi chacun d’entre vous est un berger et chacun d’entre vous sera interrogé concernant son troupeau »(1). Ce Hadith du Prophète, paix et salut sur lui, désigne le père comme premier responsable au sein de sa famille. Du fait de cette position, le père, pourvoyeur certes, se doit également, d’être ferme et à son amour, d’être solide. Fermeté et solidité qui se traduiraient par un cadre de vie sûr, stable et susceptible d’étayer le développement de l’enfant, de donner un sens à sa vie et de l’aider à s’y maintenir. C’est ainsi qu’était l’amour de notre Prophète, paix et salut sur lui, le père parfait. A Mu’adh Ibn Jabal, il dit un jour : « Ô Mu`âdh, par Dieu, je t’aime vraiment. N’oublie donc pas de dire après chaque prière : « Ô Dieu ! Aide-moi à me souvenir de Toi, à Te remercier et à T’adorer d’une belle façon. » »(2). De même, Omar Ibn Abi Salama dit : « J’étais un jeune garçon sous la garde du Messager de Dieu et j’avais l’habitude lors des repas de mettre ma main un peu partout dans l’assiette. Le Messager de Dieu me dit alors :  » O Jeune garçon ! Lorsque tu manges, commence par dire « Au Nom de Dieu « , mange avec ta main droite et mange de ce qu’il y a devant toi » »(3). Cette remarque resta ma démarche pendant tout le reste de ma vie ».

Par son amour solide, le père est donc porteur des règles et des interdits moraux. Il représente l’autorité et la loi dont l’objectif n’est guère de restreindre ou de sanctionner l’enfant, mais de l’aider à maîtriser ses pulsions, à faire évoluer sa conscience et à s’intégrer à la vie en société ; exactement à l’exemple de cette règle prophétique qui ordonne de manger ce qu’il y a devant soi et interdit de manger la part de l’autre, car elle lui appartient. Cela va sans dire que le père doit rester, lui-même, cohérent avec ses enseignements et respectueux des règles définies au sein du cadre familial. Car, s’il venait à faire l’inverse de ce qu’il exige, il entraînerait un déséquilibre chez son enfant qui montrerait, probablement, un mépris pour la loi qu’il chercherait à transgresser.

A suivre…

(1) Hadith rapporté par Boukhari, selon Ibn Omar

(2) Hadith rapporté par Abu Dawoud et an Nassai

(3) Hadith rapporté par Boukhari et Mouslim

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