Avant la mi-Chaabane : pardonner et se réconcilier

Ces quelques lignes sont écrites alors que la mi-Chaabane n’est plus qu’à quelques jours. Un temps précieux et important, au sujet duquel le Messager de Dieu, paix et salut sur lui, nous dit : « Les gens oublient ce mois qui se trouve entre Rajab et Ramadan ; c’est pourtant le mois au cours duquel les œuvres montent vers le Seigneur de l’Univers (exalté soit-Il), et j’aime être en état de jeûne lorsque mes œuvres montent jusqu’à Lui. » [1]

Le Prophète, paix et salut de Dieu sur lui, nous enseigne également : « Dieu, exalté soit-Il, considère toutes Ses créatures la nuit de la mi-Chaabane. Au cours de cette nuit, Il pardonne à tous Ses serviteurs, en dehors de l’associateur et de deux personnes qui sont en conflit. » [2]

Nous allons ici nous arrêter sur ce deuxième hadith, et plus précisément sur la seconde catégorie de personnes qui risquent de ne pas être pardonnées par Dieu : celles qui sont en conflit.

L’être humain est complexe : imparfait, pécheur, insouciant. Il lutte contre des forces extérieures, mais aussi contre son propre ego. Être conscient de cette réalité est déjà un pas vers le changement.

Reconnaître nos défauts, nos manquements et nos limites est essentiel. Se connaître pour mieux se corriger constitue le premier pas vers la réforme. Dès lors que nous prenons conscience qu’un travail profond doit être fait sur nous-mêmes, notre énergie et notre temps deviennent précieux. Alors, le regard se tourne vers soi, et ce qui se passe autour finit par nous atteindre moins.

Ainsi, lorsque le croyant atteint un degré de proximité divine, lorsqu’il entreprend un cheminement spirituel sincère pour se transformer, les conflits terrestres perdent leur place dans son cœur.

Car celui qui sait qu’il rencontrera Dieu, que chacun de ses actes sera jugé, celui qui sait que Dieu ne laisse aucune injustice sans demander réparation, celui qui sait que le tort qu’il pourrait causer aujourd’hui lui sera reproché demain, et que chacun viendra réclamer son droit…

Comment pourrait-il encore entrer en conflit ?

Comment pourrait-il s’épuiser dans des polémiques, des disputes, des divergences, des chamailleries, des tensions, des altercations ou des querelles ?

Le temps n’est-il pas venu, pour celui dont le cœur est rempli d’amour pour Dieu, de délaisser tout ce qui noircit son cœur, l’éloigne de son Seigneur, durcit son âme et affaiblit sa relation au Seigneur des Hommes ?

Le temps n’est-il pas venu de pardonner, de se réconcilier, de s’apaiser, de se rapprocher, de tourner la page ?

Le temps n’est-il pas venu de demander pardon, quand bien même nous ne nous sentirions pas fautifs ?

La vie est courte. Le temps s’écoule. La mort approche.

Voulons-nous vraiment que Dieu pardonne à Ses serviteurs à la mi-Chaabane… mais que nous en soyons privés ? Dieu nous en préserve !

Ne soyons pas de ceux qui se voient privés du pardon divin, la nuit où Dieu pardonne à tant de personnes. Rien ne vaut la perte de ce cadeau précieux, de ce présent ultime, de cette chance inestimable.

Alors, et si après avoir lu ces quelques lignes, nous allions nous réconcilier avec ceux avec qui nous sommes en conflit ?

Et si, après ces quelques lignes, nous pardonnions à ceux qui nous ont offensés ?

Et si nous reprenions une nouvelle page blanche, afin d’écrire une nouvelle histoire ?

La vie est courte, et rien ne vaut de la vivre fâché, en portant sur nos épaules, dans nos cœurs et dans nos âmes, une rancune envers qui que ce soit.

La vie terrestre n’est que passage.

Et le pardon de Dieu nous attend.

[1] Rapporté par Ahmed et al-Nasâ’î

[2] Rapporté par al-Tabarânî et Ibn Hibbân

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