Un repentir sincère

A plusieurs reprises dans le saint Coran, Dieu, Exalté Soit-Il, nous relate la vie et les épreuves endurées par le premier homme et la première femme, Adam et Eve, que la paix soit sur eux.

Dieu, Exalté Soit-Il, nous dit dans le Saint Coran : « Ainsi, Satan provoqua leur chute par la tromperie. Et quand ils ont goûté à l’arbre, leur honte leur est devenue visible, et tous deux ont commencé à se couvrir de feuilles du Jardin. Alors leur Seigneur leur a crié : « Ne vous ai-je pas interdit de sortir de cet arbre, et ne vous ai-je pas prévenus que Satan est votre ennemi déclaré ? » »

« Tous deux ont crié : « Notre Seigneur ! Nous nous sommes fait du tort. Si Tu ne nous pardonnes pas et n’as pas pitié de nous, nous serons certainement parmi les perdants. » » (1)

Les paroles prononcées par Adam et Eve (que la paix soit sur eux) illustrent la nature profonde de l’être humain tournée vers le repentir, en d’autres termes cette volonté innée en l’homme de se conformer aux recommandations divines et de Lui plaire. Tous deux ont rapidement pris conscience du tort causé par leur désobéissance, tort qu’ils ont avant tout causé à eux-mêmes, démontrant ainsi que l’obéissance à Dieu, Exalté Soit-Il, est avant tout source de salut pour l’être humain lui-même et que Dieu n’en a, en réalité, nul besoin.

Cette supplication d’Adam et Eve est riche d’enseignements. Les exégètes ont mis en évidence de nombreuses leçons à tirer de cet épisode relatant la désobéissance d’Adam et Eve et le repentir sincère qui s’en est suivi.

En premier lieu, nous pouvons souligner ici que la modestie et la pudeur sont inhérentes à la nature humaine. La manifestation première de cet instinct est vue dans le sens de la honte que l’on ressent quand on est obligé d’exposer les parties intimes de son corps en présence d’autrui. Selon le Coran, cette pudeur n’est ni artificielle, ni le résultat du progrès de la culture et de la civilisation humaine. Ce n’est pas non plus une vertu « acquise » comme le prétendent certains penseurs, mais bien au contraire, la pudeur fait partie intégrante de la nature humaine depuis le tout début.

Il est également mis en évidence ici que la nature humaine est telle que l’homme ne répond guère à une invitation au mal sans ambiguïté. En effet, ceux qui cherchent à propager le mal sont donc obligés de se présenter comme de sincères sympathisants de l’humanité. C’est ainsi que procède Satan qui a trompé Adam et Eve pour les amener à désobéir. Ceux qui propagent le mal rusent sans cesse pour ne pas laisser entrevoir au croyant le mal qu’ils vont l’amener à commettre.

Bien au contraire, Satan trompe son interlocuteur en lui promettant une position plus élevée que la sienne actuelle, avant en réalité de le mettre sur une voie qui mène à sa dégradation. Il s’appuie ainsi sur une disposition de l’être humain qui est naturellement attiré vers de nobles idéaux tels que la réalisation de positions surhumaines et la sécurisation de l’immortalité. Ainsi Satan a remporté sa première victoire dans sa tentative d’induire l’homme en erreur en faisant appel au désir inhérent de ce dernier d’atteindre l’immortalité.

Par ce récit, Dieu, Exalté Soit-Il, communique à l’humanité que chaque fois qu’elle désobéit à Dieu, elle sera tôt ou tard exposée. L’homme ne jouira du soutien et de la protection de Dieu que tant qu’il Lui restera obéissant. Une fois que l’homme aura transgressé les limites de son obéissance, il sera privé du soin et de la protection de Dieu et abandonné à lui-même. Cette idée est également incarnée dans de nombreuses paroles du Prophète (paix et salut de Dieu sur lui). Il nous dit à cet effet : « Oh mon Dieu ! Je recherche ta miséricorde. Ne me laisse pas à mes soins, même pour un clin d’œil ! » (1)

En réalité, Satan voulait prouver que l’homme ne méritait pas le statut supérieur qui lui avait été accordé par Dieu. Cependant, Satan a échoué dans la toute première série de ses efforts pour discréditer l’homme. Certes, l’homme n’a pas pleinement réussi à obéir au commandement de Dieu, mais il a plutôt été la proie des machinations de son ennemi juré, Satan, et s’est écarté du chemin de l’obéissance. Néanmoins, il est évident même au cours de cette première rencontre que l’homme est un être moralement supérieur.

Cette histoire trace une ligne claire entre la voie de Satan et celle qui convient à l’homme. La voie de Satan est caractérisée par la rébellion contre Dieu, en persistant avec arrogance dans cette rébellion même après avoir été averti, et en essayant de tromper les justes disposés au péché et à la désobéissance. Contrairement à cela, la manière qui convient à l’homme est de résister aux mauvaises inspirations de Satan et d’être constamment vigilant contre les machinations sataniques. Mais si, malgré toutes ces précautions, un homme s’écarte de l’obéissance, il doit se tourner, dès qu’il se rend compte de sa faute, vers Dieu dans la pénitence et le remords et faire amende honorable.

Et c’est la leçon que Dieu transmet à l’homme à travers cette anecdote. Le saint Coran cherche à convaincre les adversaires du Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) que le chemin qu’ils suivent est le chemin de Satan. Être indifférent à la direction de Dieu, prendre Satan comme allié et persister dans la désobéissance malgré les avertissements répétés, revient à adopter une attitude égoïque qui mènera à leur perte totale tout comme elle a conduit Satan à la perte. Quiconque a, ne serait-ce qu’un iota, de compréhension devrait écouter et imiter l’exemple de ses aïeux – Adam et Eve – qui se sont repentis et ont fait amende honorable après leur désobéissance.

Puisse Dieu nous compter parmi les repentants sincères.

(1)   les versets 22 et 23 de Sourate Al A’raf (Les Murailles)

(2)    Ahmad b. Hanbal, Musnad, vol. 5, P. 421

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