Pamphlet… non pas à la surdité mais aux personnes atteintes de surdité !

Qu’importe la surdité de l’oreille, quand l’esprit entend ? (Victor Hugo)

Nous sommes des êtres humains, créatures de Dieu, dotés d’intelligence, de capacité à réfléchir à faire la distinction entre le bien et le mal, capables du meilleur comme du pire, à en juger par les faits divers les plus horribles. Faibles nous sommes…

 

Dieu nous a créés avec cinq sens : le toucher, l’odorat, la vue, le goût et l’ouïe. Chaque sens a son importance, sa valeur, son utilité et certains d’entre nous vivent pourtant sans un de ces sens, perdu depuis la naissance ou perdu au cours de leur existence. Qu’en est-il de ceux qui ont perdu l’ouïe ? Qu’en est-il de ces personnes sourdes, dont nous parlons si peu ? Quels obstacles peuvent-ils bien rencontrer ? Qui sont-ils ?

Ces quelques mots n’ont pas la prétention de décrypter ce qu’est la surdité et ce que vivent toutes les personnes sourdes. Au contraire, ce n’est qu’un point de vue, celui d’une « entendante », admirative du parcours de quelques sourds qui ont croisé son chemin.

Consciemment ou inconsciemment (peut être), nous cultivons moult idées reçues sur ces personnes que nous considérons comme « anormales », comme si chacun de nous détenait le monopole de la normalité, de ce qu’il faut être et de comment il faut l’être. En effet, dans le monde entendant, la norme est d’être entendant mais dans le monde sourd, la surdité est la norme.

Toute personne différente inspire naturellement la peur et la méfiance chez l’autre. Ainsi, nous sommes mal à l’aise devant des personnes sourdes. Soyons honnêtes : persuadés de ne pas pouvoir communiquer face à des personnes sourdes, nous ne savons comment réagir. Nous enclenchons nos mécanismes de défense, nous nous retranchons en notre for intérieur en fuyant nos propres angoisses et soit nous sommes convaincus qu’il est plus simple de feindre leur existence ou soit nous forçons le trait de notre comportement, par un excès de gentillesse et d’empathie. Dans les deux cas, nous nions la réalité et nos capacités à nous engager dans des relations humaines avec tout ce que l’autre est. Et si nous nous intéressions vraiment, si nous combattions notre ignorance, si nous nous approchions d’un peu plus près, avec cette foi sincère en l’être humain.

Les curseurs sont forcément déplacés entre le monde entendant et le monde sourd. Ils sont deux mondes parallèles où les sensations ne sont pas les mêmes, où les perceptions diffèrent. Les enfants sourds, en particulier, peuvent être si perdus dans un monde d’entendants. En effet, ils ne perçoivent pas les bruits, les rires ou les cris mais ces difficultés les poussent à développer d’autres stratégies pour comprendre leur environnement, pour simplement « être » dans la communication à l’autre. Ainsi, le silence engendre la profondeur de l’esprit, de l’analyse et de l’émotion. Les autres sens sont mieux utilisés et par la puissance divine, les sourds portent une attention particulière aux expressions du visage, aux gestes et aux attitudes. Cette communication non verbale permet de ressentir les émotions de façon décuplée. Ce silence que nous voyons, du haut de notre « normalité », est pour les sourds, assourdissant de sentiments et de Vérité.

La LSF (la langue des signes française) est aussi riche que notre langue. Les sourds peuvent ainsi tout dire, en langage soutenu, courant ou familier comme nous en avons la possibilité. Si nous sommes attentifs à un sourd utilisant la LSF, nous comprenons l’essentiel de ce qu’il souhaite communiquer (sans connaître la définition des signes) tant il peut être étonnamment expressif.

Il faut parfois juste prendre le temps de nous approcher un peu.

Les sourds refusent la pitié, les comportements différents à leur égard et les traitements de faveurs. Pourtant les difficultés s’amoncellent dans leurs parcours scolaires et professionnels. Entre ceux qui décident de vivre une scolarité en établissement spécialisé, à l’abri des regards extérieurs, ceux qui sont accueillis en CLIS et ceux qui choisissent l’intégration en milieu « ordinaire », la route est longue…

Mais ces femmes et ces hommes en devenir s’arment de patience et d’une force incommensurable, afin de prouver qu’ils peuvent faire tout aussi bien que les entendants. Et oui, ils peuvent être fiers d’être sourds, le revendiquer et ne pas s’identifier comme nous aimons le faire pour eux : comme des personnes handicapées

 Le mot handicap leur est automatiquement étiqueté du fait de leur déficience auditive, et donc sensorielle. Quelle violence des mots, pour ceux qui ne se considèrent pas comme atteints d’un handicap

Certains sourds décident de manière très consciente, de ne pas porter d’appareils auditifs ou d’implants cochléaires et de ne pas utiliser la langue française orale. C’est ainsi que certains professionnels iront jusqu’à pointer du doigt une « culture sourde », qui correspond à porter dignement sa différence et à partager les mêmes valeurs.

Nombreux sont les adultes sourds, qui fondent une famille, qui trouvent leur place dans le monde professionnel et qui vivent épanouis. Qu’est-ce qui pourrait les en empêcher finalement. Se pose t-on la question de combien d’entendants vivent la même situation ?

Conscients de nos préjugés, il ne tient qu’à nous de les déconstruire petit à petit, de nous intéresser à l’autre quelle que soit sa différence et d’entrouvrir nos esprits pour grandir. La fraternité, la tolérance et l’humanisme ne doivent pas être juste des mots que nous savons importants, ils doivent être nos points d’ancrage avec les êtres humains, tel a été notre modèle, notre tant aimé prophète, paix et salut de Dieu sur lui.

Si nous sommes capables du pire, nous sommes aussi capables du meilleur, en offrant notre simple amour aux créatures… pour Le Créateur.

 

Un commentaire

  1. Merci pour cet hymne à la Tolérance et à votre regard ouvert à la Différence : car en somme… nous sommes TOUS différents ; D’ailleurs, parfois nous avons l’audition et nous n’entendons pas ce que nous demande notre enfant par exemple, parfois nous voyons mais nous percevons pas la beauté de la vie et du paysage….
    Quand nous sommes connecté au Divin et donc à notre Créateur à chaque instant : tous nos sens sont en éveil et surtout notre coeur reste vivant pour accueillir la vie avec sa palette de couleurs !

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