Donner le goût de l’amour en Dieu aux jeunes

Notion d’amour en Dieu

Pour être clair, il convient de préciser ce que j’entends par « amour en Dieu » dans cet article. C’est une notion vaste dont je ne traiterai qu’une seule facette ici. Il s’agit donc de s’aimer les uns les autres, de se soutenir mutuellement, que cela soit moralement ou physiquement. C’est par extension le fait de « pratiquer » la bonne compagnie, de défendre son frère ou sa sœur comme on se défendrait soi-même (sinon plus), de ressentir naturellement de la tristesse lorsque notre frère / sœur est triste. Tout cela dans le travail quotidien qui consiste à adorer Dieu, notre Bienfaiteur qui veille sur nous encore mieux que nos propres parents, qui nous a enseigné ce que nous ne savions pas, qui nous guide lorsque nous nous égarons.

Pour résumer, il s’agit de travailler ensemble en groupe uni par le cœur dans le même but : adorer Dieu et inviter l’humanité à faire de même, en aidant notre prochain, en défendant les opprimés, en combattant les tyrans et en déversant notre amour sur le monde.

Alors, comment faire ? Je vais parler ici de mes propres expériences et de mes observations. La solution que je propose ne se base que partiellement sur des travaux académiques. Je vous invite donc à la commenter et à l’enrichir par vos propres connaissances, expériences et analyses.

L’amour en Dieu dans la culture populaire jeune

Je me souviens d’un jeune non-musulman qui commençait à connaître l’Islam. En ayant entendu parler du comportement que doit adopter le croyant et ses codes, il avait alors naturellement remarqué « Les musulmans sont un peu comme les jedis en fait ! »

Moi qui ai toujours aimé Star Wars, j’ai trouvé sa comparaison tout à fait juste. Celui qui regarde Star Wars avec l’œil du musulman averti verra beaucoup d’enseignements religieux : les jedis sont des personnes qui ne cessent de s’en remettre à la Force (Dieu !) et qui se sont engagés pour défendre la justice. Leurs codes leur commandent d’être patients, de mener une vie désintéressée et tournée vers la méditation et le combat au service des autres. Ils cherchent la sagesse dans toutes leurs actions. Et bien entendu ils tirent une bonne partie de leur force dans leur « Ordre Jedi », une véritable confrérie, à l’image de notre bonne compagnie !

Star Wars est le meilleur exemple dont je dispose, mais il en existe beaucoup d’autres, sous des formes légèrement différentes : on peut dire à peu près la même chose de la communauté de l’anneau dans Le Seigneur des anneaux, des guildes du manga et dessin animé Fairy Tail, ou encore des compagnons de Naruto. C’est la même chose pour les veilleurs dans le jeu de stratégie Fire Emblem, ou encore pour l’ordre des « cavaliers verts » dans la série de romans du même nom.

Les sports d’équipe sont aussi de bons exemples, quand les valeurs revendiquées sont effectivement portées. Souvenez-vous de l’exemple qu’a montré l’équipe d’Algérie lors de la coupe du monde de 2014. Elle est restée humble, s’en est remise à Dieu et a dépensé ses primes en tant qu’aumône pour Gaza.

Attention, je ne dis pas que ces distractions sont exemptes de maux ! Elles ont toutes leurs mauvais côtés, à des niveaux différents. Cependant, je pense qu’il ne faut pas systématiquement voir le verre à moitié vide. Il faut aussi être pragmatique et reconnaître que ces choses touchent les jeunes. Il est alors tout à fait naturel pour eux d’être attirés par cette idée de confrérie qui agit pour la préservation de la justice.

Les mesures à prendre

Le problème est que la plupart des jeunes ne prennent pas conscience que ce modèle se retrouve chez nous, à travers notre bonne compagnie, nos assises, nos centres-mosquées et nos actions sur le terrain (tout cela sous forme d’amour en Dieu). Hors, la méthode employée aujourd’hui par la plupart des associations en France est celle des cours le week-end. Pendant que leurs camarades se reposent le dimanche, les jeunes musulmans doivent encore faire l’effort de venir dans une salle de classe où ils n’écouteront qu’à moitié. Certes, la méthode donne des fruits. Il est vrai qu’elle convient à certains. Cependant, loin d’être mauvaise, elle n’en reste pas moins améliorable. En effet, elle en laisse aussi beaucoup sur le carreau. Ceux-là préfèreront vivre dans leurs mondes virtuels la bonne compagnie qu’ils manquent de vivre en vrai, sous forme d’amour en Dieu !

Concrètement, il faut montrer aux jeunes que ces rêves d’enfants peuvent se réaliser. Il faut donc leur proposer « une formule de bonne compagnie » qui leur est adaptée, qui correspond à leurs aspirations et à leur psychologie. Pourquoi ne pas leur proposer de venir librement dans le centre-mosquée ou une salle aménagée avec leurs « ainés » pour les voir en action ? Pour être dans l’esprit du week-end, il peut même y avoir de quoi se restaurer et se reposer. Il pourrait être intéressant de leur donner alors des responsabilités ou de réaliser des actions concrètes. Cela peut être très simple au début : par exemple proposer une opération « distribution de pains au chocolat gratuits ». Une autre idée peut être d’organiser des débats ou des brainstormings.

L’idée est qu’ainsi, au contact de leurs aînés, ils prennent goût à notre bonne compagnie, aux assises spirituelles et aux projets financiers, éducatifs, associatifs etc… Il faut ainsi qu’ils deviennent demandeurs. Cela peut aussi les amener à apprendre de leur plein gré le Coran et l’arabe par exemple.

Bien entendu, je propose ici seulement un ensemble de concepts. La mise en œuvre dépend évidemment du contexte de chaque ville. Il faut aussi rappeler qu’elle repose aussi sur l’expérience de chacun. En aucun cas elle ne doit être appliquée inintelligemment. C’est à chacun d’étudier objectivement cet ensemble de propositions afin de concrétiser celles qui lui semblent cohérentes avec le projet.

 

Un commentaire

  1. Salam aleykoum très cher Gwendal, (c’est la Bretagne en force sur le site aujourd’hui! lol !)
    je te félicite pour cet article plein de fraîcheur et de sincérité. Et pour répondre à ton invitation…
    « Je vous invite donc à la commenter et à l’enrichir par vos propres connaissances, expériences et analyses. »
    Il s’avère que je te rejoins sur beaucoup d’idées. Certes, dans la communauté musulmane française, on trouve très peu d’adaptations des « formules » qui conviennent soit aux anciens d’un côté, soit aux enfants en bas-âge de l’autre. Et pourtant, le Centre-Mosquée serait l’établissement idéal pour héberger des Maisons de l’Adolescence et du Jeune Adulte). En effet, nous sommes en face aujourd’hui de toute une génération (entre 12 et 20 ans) qui développe des maux plus ou mois superficiels dont la seule solution possible serait à chercher dans le spirituel. C’est entre 12 et 20 ans pourtant que l’inspiration, la créativité et l’énergie sont les plus riches. C’est dommage que le discours des anciens soit encore un discours de « chaperons » qui réduit l’élan naturel de cette belle génération. C’est dommage aussi que le discours « jeunes » soit un discours coincé dans la revendication par opposition, et non dans la proposition de ces fameuses « formules » d’accompagnement.
    A l’école on s’est aperçu très tardivement que l’apprentissage en binôme avec un artisan, convient à bon nombre de jeunes pour lesquels la scolarité en lycée classique ne correspondait plus à rien.
    C’est ce chemin que nous devons faire au sein de la communauté: il n’y a pas mieux pour accompagner un jeune à devenir adulte que de cheminer à ses côtés en binôme. C’est la méthode du maître et du disciple, de l’enseignant et de l’enseigné. Pour le moment nous en sommes encore à la méthode du dominant et du dominé, avec en position du dominé soit le jeune (pour lequel on annihile la spontanéité > sorte de manipulation), soit le moins jeune (qui désemparé face à l’opposition de son enfant abandonne toute mission éducative). Il faut AIMER cette jeunesse telle qu’elle est, un peu paumée par moments, un peu en recherche par d’autres, un peu décalée, pour pouvoir la retrouver. Il faut avoir envie de faire selon SES codes et non selon ceux que nous aurons choisi pour elle. Je rappelle au passage que tous les hommes et les femmes qui ont bouleversé la nation musulmane n’étaient que des jeunes (entre 15 et 25 ans). Les gens de la Caverne pour commencer, les Badriyins (pour désigner les combattants de Badr), les compagnons autour du prophète dans la maison de Arqam… comment ne pas s’arrêter sur la parole de Dieu lorsqu’ Il parle des jeunes dans la sourate La Caverne, aux versets 9 et 10:
    « Penses-tu que les gens de la Caverne et d’ar-Raquim ont constitué une chose extraordinaire d’entre Nos prodiges? Quand les jeunes se furent réfugiés dans la caverne, ils dirent : « Ô notre Seigneur, donne nous de Ta part une miséricorde; et assure nous la droiture dans tout ce qui nous concerne ». »
    Je ne suis plus vraiment très jeune, mais je me rappelle qu’étant adolescente, il y avait beaucoup de tabous qui n’existent plus du tout aujourd’hui. Celui parmi nous qui jouait d’un instrument le cachait à tout le monde (même à lui-même!), celui qui était amoureux avait commis un crime, et celui qui remettait en question sa foi en Dieu était condamné pour blasphème! Bref pas une supère époque pour devenir un jeune adulte équilibré et épanoui, mais néanmoins… on s’en est sorti comme quand même, avec beaucoup plus de docilité qu’aujourd’hui, certes.
    Que jeunesse se fasse et se réveille, le chantier est vaste et tout est encore à faire…
    désolée d’avoir été si longue…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page