Un être cher… de passage

À l’annonce de sa visite, nous sommes heureux et nous comptons les jours et les heures avant son arrivée.
Nous avons tous vécu l’expérience de recevoir quelqu’un que nous aimons profondément (un parent, un proche, un ami), en tout cas une personne dont la présence nous emplit de joie, nous fait du bien au moral et nous comble de bonheur.
Je pense que vous avez tous en tête cette personne et que les souvenirs remontent à la surface.
Le genre de personne qui sait vous écouter, qui comprend ce que vous avez à dire sans même, parfois, avoir besoin de le dire. Elle trouve les mots pour apaiser votre cœur meurtri par les épreuves de la vie, sait vous prendre dans ses bras pour donner l’amour et la tendresse dont vous avez besoin. Elle vous donne espoir et sa simple présence rassure.
Celle auprès de qui on peut lâcher prise, baisser la garde et laisser couler les larmes. Celle qui ne juge pas, ne reproche pas, mais encourage et trouve les mots justes pour donner envie d’aller de l’avant. Celle qui donne espoir et ouvre les horizons du possible.
Les jours passés avec cette personne sont des moments d’éternité : on aimerait que le temps s’arrête, mais rien n’arrête l’horloge, il est temps de lui dire au revoir.
À l’approche de son départ, submergés par l’émotion, on aimerait qu’elle reste à jamais à nos côtés.
Mais avec sa sagesse habituelle, sa bienveillance et son sourire qui ne la quitte pas, elle nous regarde avec douceur dans les yeux. En prenant soin de tenir nos mains dans les siennes, elle nous dit qu’il faut qu’elle parte. Il faut qu’elle parte pour que l’on grandisse, il faut qu’elle parte pour que l’on mette en pratique ce qu’elle nous a appris. Si elle restait avec nous, on aurait tendance à s’appuyer totalement sur elle et on perdrait notre autonomie, et ce n’était pas le but de sa visite.
Au moment de lui dire au revoir, en la serrant très fort dans nos bras, entre larmes de joie et de tristesse, elle nous repousse avec beaucoup de délicatesse, jette un dernier regard. On devine dans ses yeux toute la tendresse du monde et elle nous donne son dernier conseil : « À toi de jouer maintenant, n’oublie pas tout ce que je t’ai appris ! Je sais que tu vas y arriver sans moi, tu as montré que tu sais faire, alors ne lâche rien, continue et fais du mieux que tu peux. Je ne suis finalement que le moyen que Dieu a mis sur ton chemin pour révéler tout le potentiel qui est en toi, toute la beauté qui réside au fond de toi et qui ne demande qu’à s’exprimer, telle une plante qui fleurit à l’arrivée du printemps. Alors, en mon absence, veille sur la fleur. Adieu ou peut-être à bientôt, qui sait ! »
Je la regarde partir, le cœur serré, les yeux humides, un sourire au coin des lèvres. Elle se retourne, un dernier regard, et je devine sur ses lèvres « Dieu est là ». Je chuchote… merci, merci pour tout.
En rentrant à la maison, cette sensation de vide me submerge, une peur de ce qui va m’arriver maintenant que je suis de nouveau seul, sans elle. Mais ces derniers mots résonnent dans mon cœur : « Je ne suis que le moyen que Dieu a mis sur ton chemin ». Elle est peut-être partie, mais Dieu est toujours là.
Au milieu de la table du salon, un paquet, joliment emballé avec un beau papier fleuri, et sur le dessus, une carte.
Surpris, je m’approche et j’ouvre la carte. Il est écrit : « Ne pas ouvrir avant le jour de l’Aïd ».
Je retrouve alors mon sourire et je ne peux m’empêcher de me dire : « Qu’est-ce qu’il y a dans ce paquet ? » J’ai hâte de le découvrir !
À votre avis, que contient le paquet ?