Le Mondial : garder le football à sa juste place

Alors que s’ouvre le Mondial, adressons ce rappel aux amoureux du football et aux passionnés de cette compétition, qui s’apprêtent à suivre les matchs, encourager leurs équipes et attendre les résultats avec enthousiasme.

Avant le début des rencontres, rappelons-nous que la vie est trop précieuse pour être entièrement absorbée par le spectacle. Le temps est le véritable capital de l’être humain. Quant au divertissement, même lorsqu’il est licite, il doit rester à sa juste place : il doit nous accompagner sans nous diriger, être un moyen et non une fin.

Ne faisons pas du Mondial le centre de notre vie. Ne lui permettons pas de s’emparer de notre temps et de notre attention au point de nous détourner de nos devoirs religieux, de nos responsabilités familiales, de nos engagements professionnels ou des causes qui méritent réellement notre intérêt.

Avec les horaires parfois tardifs de certains matchs, veillons à ce que le suivi de la compétition ne se transforme pas en veillées épuisantes, qui affaiblissent notre énergie, perturbent nos adorations, nuisent à notre santé et diminuent notre rendement quotidien.

Le plus préoccupant est que l’affaire ne s’arrête pas toujours aux quatre-vingt-dix minutes du match. Combien d’heures supplémentaires sont englouties dans les analyses, les résumés, les actualités, les pronostics et les discussions interminables autour des joueurs et des résultats ?

La nuit devient alors consacrée au visionnage, tandis que le jour s’écoule dans les commentaires et les débats. Peu à peu, la vie se disperse dans des préoccupations dont l’importance ne justifie pas une telle part de notre temps et de notre attention.

Il existe également un autre danger auquel nous devons être attentifs : celui de l’animosité que ces compétitions peuvent parfois faire naître entre supporters, entre pays ou même au sein d’une même communauté. Un match ne devrait jamais devenir une cause de rancœur, d’insultes ou de division entre des personnes qui partagent souvent la même foi, les mêmes valeurs, et parfois une histoire commune.

Les tensions observées lors de certaines compétitions récentes doivent nous servir de leçon. Le soutien à une équipe ne doit pas nous faire oublier la fraternité, la justice dans nos paroles et la maîtrise de nos réactions. Aucune victoire ne mérite le mépris, et aucune défaite ne justifie la haine.

Encourager son équipe est une chose ; laisser le football semer la discorde dans les cœurs en est une autre. La passion sportive doit rester encadrée par nos principes, notre comportement et notre sens des priorités.

Le football est un divertissement, non un mode de vie. Le regarder peut-être un plaisir passager, mais il ne doit jamais devenir une consommation excessive qui épuise notre temps, notre énergie et notre cœur, ni une passion aveugle qui nourrit l’animosité, divise les communautés et nous fait oublier les valeurs qui devraient nous unir.


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