Ribat national : un temps pour Dieu, avec Dieu

Du jeudi 14 mai au dimanche 17 mai 2026 s’est tenu le ribat (retraite spirituelle) national, une rencontre qui a réuni près d’une centaine de personnes venues partager un moment de fraternité, de recueillement et de ressourcement spirituel.
Après plusieurs heures de route, nous sommes arrivés le cœur impatient, animés par le désir de vivre ces instants précieux avec nos frères et sœurs. Dès les premiers moments, cette retraite spirituelle nous a rappelé combien le groupe peut être une force lorsqu’il est porté par des cœurs sincères, tournés vers Dieu.
Durant ces quelques jours, nos journées et nos nuits ont été rythmées par la prière, la lecture du Coran, l’évocation de Dieu, la demande de pardon, la prière sur le Prophète, paix et salut sur lui, la proclamation de l’unicité divine et la glorification du Très-Haut. Ces temps d’adoration, vécus ensemble, ont donné à cette retraite une atmosphère particulière, comme suspendue hors du temps.
Les interventions de nos invités ont également marqué les esprits. Riches, profondes et pleines de sagesse, elles nous ont rappelé que la force d’un groupe ne repose pas seulement sur son nombre, mais surtout sur la qualité des cœurs qui le composent. S’aimer en Dieu, se visiter en Dieu, s’asseoir ensemble pour Dieu : autant de réalités simples, mais essentielles, qui ont été au cœur de ce ribat.
Le thème central de ce ribat s’articulait autour de la parole divine adressée au Prophète Yahya, paix sur lui : « Ô Yahya (Jean Baptiste), tiens-toi fermement au Livre (la Thora) » [1] À travers les échanges, les discussions, nous avons compris que cette injonction ne concernait pas seulement un prophète du passé, mais qu’elle venait réveiller en chacun de nous une responsabilité présente. « Prendre le Livre avec force », c’est l’honorer, l’aimer, le lire, le méditer, l’apprendre, le suivre et s’imprégner de ses paroles comme de son éthique. C’est porter en soi le message divin et l’héritage prophétique avec conscience, respect et engagement.
Cette retraite nous a permis de nous retrouver en Dieu et pour Dieu. Dans la prière, dans le silence, dans l’écoute et dans le rappel, nous avons vécu des moments de communion fraternelle. Chacun est venu avec son histoire, ses préoccupations, ses efforts et ses fragilités, mais tous se sont retrouvés autour d’un même objectif : se rapprocher de Dieu.
En ces jours bénis, alors que de nombreux croyants se dirigent vers les lieux saints, à La Mecque et à Médine, nos cœurs étaient eux aussi orientés vers la Qibla. À notre mesure, nous avons vécu une forme de dépouillement : loin de nos habitudes, de notre confort quotidien et de nos repères familiaux, nous nous sommes retrouvés dans une même quête spirituelle.
Durant ce ribat, les distinctions habituelles semblaient s’effacer. Il n’était plus question de richesse ou de pauvreté, de statut social, de diplôme, d’étiquette ou de hiérarchie. Nous étions simplement des frères et des sœurs en quête de Dieu, des âmes venues chercher Sa proximité et Sa satisfaction.
Nous avons appris à nous éduquer et à nous dépasser, en dormant peu, en jeûnant, en faisant vivre nos nuits par la prière et nos journées par l’effort. Ces exercices, parfois exigeants, nous rappellent que le cheminement spirituel demande patience, constance et sincérité.
Dans la pensée PSM, le ribat est un temps de ressourcement et d’éducation spirituelle. Il prend racine dans l’enseignement du Prophète, paix et salut sur lui, qui nous rappelle que rester en prière dans l’attente de la prière suivante est une forme de ribat. Cette parole donne tout son sens à ces stations spirituelles : apprendre à patienter dans l’adoration, à se recentrer sur l’essentiel et à renforcer le lien avec Dieu.
Ces retraites sont aussi des temps de vie collective. Elles nous apprennent à patienter les uns avec les autres, à nous conseiller mutuellement, à écouter, à servir et à nous soutenir. Elles renforcent l’amour en Dieu qui nous unit et nous rappellent que le chemin vers Dieu ne se parcourt pas seul.
Nous sommes également ressortis avec la conviction que chacun et chacune d’entre nous est porteur d’un message. L’héritage prophétique n’est pas un dépôt passif : il nous est confié pour être vécu, incarné puis transmis. Il nous incombe, à notre tour, de partager cet héritage avec l’humanité, non par la dureté, mais par la sincérité du cœur, par un lien vivant avec Dieu, par la force de l’adoration, la puissance des invocations, l’effort constant, la patience, la persévérance et la bienveillance envers autrui.
Au sein de PSM, ces stations éducatives et spirituelles permettent de grandir, de cheminer et de repartir avec des résolutions plus fermes. Elles ravivent en nous le souci de la création et des créatures de Dieu. Car les trésors spirituels que nous goûtons ne sont pas destinés à rester enfermés entre nous : ils doivent nourrir notre engagement, notre présence au monde et notre volonté de transmettre le bien autour de nous.
Durant cette retraite, beaucoup de choses qui semblaient lourdes ou compliquées ont retrouvé leur juste place. On peut entrer en ribat avec des soucis, des tristesses, des peines ou des inquiétudes. Mais lorsque l’on s’assoit au milieu de ses frères et sœurs, que l’on se tient en prière et que l’on proclame que Dieu est le Plus Grand, alors nos difficultés paraissent moins écrasantes. Elles ne disparaissent pas forcément, mais elles sont replacées devant la grandeur de Dieu.
Le ribat nous rappelle ainsi l’essentiel : notre vie est un chemin vers la rencontre avec notre Seigneur. C’est cette rencontre qui doit orienter nos choix, nos efforts et nos priorités. Chaque instant devient alors une occasion de nous préparer, de nous purifier, de nous rapprocher de Lui et d’espérer Sa satisfaction.
Nous sommes repartis de ce ribat avec des cœurs apaisés, fortifiés et reconnaissants. Reconnaissants pour les moments vécus, pour les rappels reçus, pour les liens renforcés et pour cette grâce immense de pouvoir, ensemble, nous tourner vers Dieu.
[1] Coran, sourate Maryam, 19:12