Et un jour, on perd un être cher : le temps s’arrête

Aujourd’hui, à travers la fenêtre de mon bureau donnant sur une rue fréquentée, le temps, pour moi, s’est arrêté.

Un être cher à mon cœur a rejoint le Seigneur des mondes.

Un appel, quelques mots, le temps s’est accéléré au rythme intense des palpitations de mon cœur blessé.

Et les larmes qui abondent.

Et comme une évidence, une sourate résonne en moi dans un beau silence.

Sourate Al-Asr, Le Temps.

« Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Par le Temps ! L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance ».

À travers cette fenêtre donnant sur cette vie ici-bas qui a longtemps fait de moi sa prisonnière, les yeux embués, j’observe maintenant le mirage s’estomper.

Les larmes coulent ; des larmes de paix et de détachement. Les larmes du discernement.

Et dans mon esprit, un déclic, comme une levée de rideaux face à ce cirque urbain qui avait fait de moi un animal captif, soumis à son égo.

Et j’observe, dans cette méditation silencieuse…

Ce va-et-vient des hommes occupés.

Ces hommes d’affaires attachés au cou par tant de responsabilités.
Ces étiquettes d’articles soldés qui nous racolent et nous pressent dans cette course folle, pendant que les enfants, innocents et enjoués, rient et se bousculent sur le chemin de l’école.

Certains courent après le temps.

Tandis que d’autres, à l’âge avancé, le portent en eux lourdement. Assis sur des bancs, les mains froissées, le visage sillonné par le temps, ces âmes étaient un sablier vivant.

Les klaxons de cette ville vibrante plongent les uns dans une stimulation frénétique où ce temps n’existe plus.

Et emmènent les autres dans une hypnose continue, leur faisant perdre la vue.

Alors me vient le hadith dans lequel le Prophète, paix sur lui, a dit : « Chacun sera ressuscité dans l’état où il était au moment de sa mort » [Muslim, Riyad as-Salihin n°116]

Ô mon âme, prends donc garde à toi, ton temps est compté.

Le monde s’agite, t’embarque, bon gré mal gré, dans ce carrousel de la vie, le temps d’un manège qui te fera tourner la tête, qui te prendra au piège.

Descends du manège maintenant, le jeu est terminé.

Prends donc garde à ce cirque bien orchestré de la vie mondaine qui fait de la négligence du rappel de Dieu une valeur reine.

Accroche-toi à la corde de Dieu et hisse-toi plus haut. L’horizon de Dieu est merveilleux, le monde d’ici-bas ne l’est que pour les yeux.

Viens donc, viens.

Partager ces moments figés dans les seuls paradis que porte cette vie d’ici-bas. Ces paradis où le nom de Dieu est mentionné et dans lesquels les âmes éveillées s’élèvent et veillent au souvenir du Bien-Aimé, miséricorde pour l’humanité.

Ce temps, il est terminé pour cet être cher dont l’âme s’est envolée,

Auprès de son Seigneur, dans cet au-delà que toute âme ira goûter.

Prends donc garde à toi

La vraie vie n’est pas celle-là.

Seigneur Dieu, fais miséricorde à ces âmes croyantes que nous avons côtoyées.
Elles ont quitté leur enveloppe charnelle et temporelle, et pour elles, la plume est levée, la métamorphose a opéré.

Puissent-elles papillonner dans la paix et la proximité de Ton Amour parfait, dans ce vaste Paradis où le temps est infini.

Un commentaire

  1. Je présente mes sincères condoléances à la famille et aux proches.

    Que Dieu fasse miséricorde au défunt, qu’Il lui pardonne ses fautes, l’accueille dans Sa lumière et Sa paix, et lui accorde une demeure de sérénité auprès de Lui.

    Que Dieu apaise les cœurs, donne la force et la patience à ceux qui restent, et transforme cette épreuve en élévation spirituelle.
    Pensées fraternelles dans cette douleur.

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