Mérites et éthique de l’Aïd Al Adha

Les rituels du pèlerinage s’expriment à travers une multitude d’images et de symboles. Chaque acte de dévotion porte en lui une signification spécifique, revêtant des nuances et des teintes précises dans le monde visible, tout en offrant une essence particulière dans le monde invisible. Dans cette série intitulée « Le Pèlerinage : Symboles et Secrets », nous explorerons les symboles et les mystères du pèlerinage, en méditant sur ces aspects pour bénéficier pleinement des effluves de la Miséricorde divine. Préparez-vous pour un voyage fascinant à travers l’histoire du pèlerinage à La Mecque, de ses origines à nos jours !

La fête du sacrifice (Aïd Al-Adha) est une fête importante pour les musulmans : sa célébration permet de couronner la fin du pèlerinage qui constitue un des grands rites de l’islam et un de ses piliers. Elle est également une occasion pour chaque musulmane et chaque musulman d’honorer leur foi et de vivre des moments de joie et de charité.

Elle a été instituée par le Prophète Mohammed, paix et salut de Dieu sur lui, en signe de dévotion à Dieu et de reconnaissance au Prophète Ibrahim, paix et salut sur lui, pour son exemplarité et son parfait dévouement à Dieu. Il est alors du devoir de tout musulman de la commémorer dignement et de la transmettre à sa descendance.

D’après Abderrahman Ibn Jabir, le Prophète, paix et salut sur lui, a amené deux béliers blancs tachetés de noir, corpulents, cornus, et il a dit avant de les immoler : « Au nom de Dieu et Dieu est le plus grand. Ô Seigneur je sacrifie ce mouton de la part de Mohammed et de sa communauté qui ont témoigné que Tu es l’unique Dieu, et que j’ai transmis le message. »[1]

L’histoire de cet évènement nous a été transcrite dans le saint Coran. La sourate « les rangées » nous relate l’histoire dans un détail émouvant :

« Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, Ibrahim dit : “Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses”. Ismaël dit : “Ô mon cher père, fais ce qui t’est commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du nombre des endurants”. Puis quand tous deux se furent soumis à l’ordre de Dieu et qu’il l’eut jeté sur le front, voilà que Nous l’appelâmes “Ibrahim ! Tu as confirmé la vision. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants”. C’était là certes, l’épreuve manifeste. Et Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse. Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité : “Paix sur Abraham”. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants; car il était de Nos serviteurs croyants. »

Mérites du sacrifice

Nous nous contenterons ici de rappeler brièvement quelques textes illustrant la valeur de cette fête auprès de Dieu et le bénéfice que les musulmans peuvent s’offrir de leur sacrifice.

Dieu, Exalté soit-Il dit : « Nous t’avons certes, accordé l’Abondance. Accomplis donc la prière pour ton Seigneur et sacrifie. C’est certes celui qui te hait qui est sans postérité »[2].

Salim Ibn Abi Al-Ja’d (que Dieu l’agrée) a rapporté que le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « Ô Fatima ! Lève-toi et assiste au sacrifice, car Dieu le Très-Haut efface tes péchés dès que tombera la première goutte de sang. Et dis ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur de l’Univers qui n’a point d’associé. Et c’est ce qu’Il m’a ordonné de faire, et je suis le premier à me soumettre ». A quoi ‘Imran Ibn Al Houssain répondit: « Ô Envoyé de Dieu ! Est-ce une faveur pour toi et pour les membres de ta famille ou pour le commun des musulmans ? » II lui souligna: « Ceci est valable pour tous les musulmans »[3].

Selon ‘Aïcha (que Dieu soit satisfait d’elle), le Prophète, paix et bénédictions sur lui, a dit : « Il n’y a pas une œuvre plus agréable auprès de Dieu que l’homme puisse accomplir le jour du sacrifice que de faire couler le sang. La bête sacrifiée est amenée le jour de la résurrection avec ses cornes, ses poils et ses sabots ; son sang atteint une place élevée auprès de Dieu avant même qu’il ne touche le sol. Réjouissez-vous-en ! »[4]

Le jour du sacrifice est qualifié aussi par le Prophète, paix et salut sur lui, comme étant « le jour du grand pèlerinage ». En effet,  à l’ occasion du pèlerinage d’adieu, lors du discours prononcé le jour du grand sacrifice à Mina, le Prophète paix et salut sur lui, dit à ses compagnons : « … En quel jour sommes-nous ? ». Nous dîmes : « Dieu et Son Messager le savent mieux que nous ». Il dit : « C’est le jour du grand pèlerinage. Votre sang, vos biens et votre réputation (honneur) vous sont sacrés comme est sacré ce jour-ci dans votre cité-ci, en votre mois-ci. »[5]

Bienséances de la fête du sacrifice

Afin de tirer profit des mérites inhérents de ce jour béni, il convient aux musulmans d’observer certaines recommandations prophétiques.

Dans la tradition prophétique, il est conseillé, pour celui qui veut sacrifier, de ne pas se couper les cheveux et les ongles jusqu’à ce qu’il sacrifie sa bête. En effet, selon Oum Salama, que Dieu l’agrée, le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « Lorsque vous entrez dans les 10 jours de Dhul-Hijja et que l’un d’entre vous veut sacrifier une bête, qu’il s’abstienne de se couper les cheveux et les ongles.»[6]

Aussi, Hassan As-Sibt, que Dieu l’agrée, rapporte : « Le Prophète, paix et salut sur lui, nous a ordonné pour les deux fêtes de porter nos meilleurs vêtements, de nous parfumer de nos meilleurs parfums, et de sacrifier la meilleure bête possible »[7].

Que peut-on sacrifier ?

La bête à sacrifier peut être un chameau ou une vache (à partager entre plusieurs personnes) ou un ovin selon la parole de Dieu : « Pour qu’ils rappellent le nom de Dieu sur ce qu’Il leur a octroyé des bêtes de troupeaux. »[8]

La validité du sacrifice est conditionnée selon l’état de la bête, elle doit être exempte de quatre défauts apparents. Selon la parole du Prophète, paix et salut sur lui : « Quatre (défauts) font que le sacrifice n’est pas accepté : la bête borgne de manière apparente, la bête visiblement malade, la bête boiteuse de manière évidente et la bête maigre que l’on ne peut récupérer. »[9]

Quand sacrifier ?

Le sacrifice a lieu le matin de l’Aïd après la prière et non avant. D’après Anas ibn Mâlik: « Un homme procéda au rituel, le jour du sacrifice avant la prière, le Prophète, paix et salut sur lui, lui ordonna alors de le recommencer. »
Al-Barâ’ ibn‘Azib a rapporté que l’Envoyé de Dieu, paix et salut sur lui, a dit: « En ce jour-ci (la fête du sacrifice), nous irons d’abord accomplir la prière, puis nous reviendrons immoler. Celui qui aura fait cela, aura suivi notre Sounna (acte du Prophète). Celui qui aura immolé avant la prière, sa bête immolée ne sera comptée que comme de la viande pour sa famille (sans aucune rétribution), et il n’aura pas accompli les rites. »[10]

 Il est possible de retarder le sacrifice au deuxième ou troisième jour de l’Aïd. En effet, le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : «  Tous les jours de tachrîq sont valables pour le sacrifice ».[11]Une Facilité accordée à la communauté musulmane pour rendre plus souple la célébration de cette fête. Ainsi, En cas d’empêchement majeur, le musulman peut sacrifier sa bête dans les deux jours qui suivent le jour de l’aïd.

Comment immoler ?

Il est recommandé d’égorger sa bête soi-même en disant : « Bismillah wa Allahou Akbar, ô Seigneur, ceci est de la part d’untel » (et il se nomme lui-même ou la personne qui lui a recommandé d’offrir ce sacrifice). En effet, le Prophète, paix et salut sur lui, a égorgé deux béliers le jour du sacrifice, lorsqu’il les orienta en direction de la Kaaba, il dit : « Bismillah wa Allahou Akbar, ô Seigneur, ceci est de ma part et de la part de tous ceux de ma communauté qui n’ont pas sacrifié. »[12]

Aussi, il est recommandé à celui qui ne sait pas ou ne peut pas sacrifier de tout de même assister.

Au moment de l’immolation, il est conseillé de mettre la bête à l’aise, de ne pas la brusquer ni la maltraiter, de cacher le couteau pour ne pas l’effrayer et ne le montrer qu’au tout dernier moment. Chaddâd ibn Aws a rapporté : « J’ai retenu deux choses de la bouche de l’Envoyé de Dieu. Il a dit : Dieu a prescrit l’ihsân (l’excellence, le bel agir) en toute chose : lorsque vous tuez, faîtes-le avec ihsân, lorsque vous égorgez, faîtes-le avec ihsân, et que chacun d’entre vous aiguise sa lame, et apaise sa bête (à sacrifier).»[13].

Le partage de la bête sacrifiée

Il est recommandé pour la personne qui sacrifie de consommer une partie de la viande de la bête sacrifiée (la première chose que le Prophète, paix et salut sur lui, mangeait le jour de l’Aïd, était le foie du mouton) et d’en donner une partie. Dieu, Exalté soit-Il, dit : « Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux misérable. »[14]

En décrivant comment le Prophète, paix et salut sur lui, répartissait son sacrifice, Ibn ‘Abbas, que Dieu l’agrée dit : « Il gardait un tiers pour sa famille, il offrait un tiers aux pauvres parmi ses voisins, et réservait le tiers restant pour le donner en aumône à quiconque lui demandait la charité »

Ibn ‘Omar, que Dieu l’agrée, dit : « Les sacrifices et les offrandes sont répartis comme suit : un tiers pour toi, un tiers pour tes proches et un tiers pour les nécessiteux »[15].

Et il n’est pas permis de vendre une quelconque partie de l’animal immolé, car c’est un acte accompli uniquement pour l’amour de Dieu. 

Les trois jours de Tachriq

Ce sont les trois jours qui suivent le jour de l’Aïd. D’après Nubaycha Al-Hadhli, que Dieu soit satisfait de lui, le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « Les jours de Tachrîq sont des jours où l’on boit, où l’on mange et où l’on évoque Dieu »[16]

Aussi, il est conseillé pour tout musulman n’ayant pas accompli le pèlerinage et qui sacrifie, de procéder au takbir à la suite des cinq prières obligatoires, depuis la prière de l’Aube de la journée d’Arafa jusqu’à la prière d’Asr du dernier jour de Tachriq (13ème jour de Dhoul hijja) : « Allâhou Akbar,  Allâhou Akbar,  Lâ Ilâha Illallâh, Allahou Akbar,  Allâhou Akbar wa Lillâhil hamd »[17]. (Formule adoptée par l’Imam Ahmad et attribuée à Ibn Mass’ud)

 

Que Dieu nous accorde à tous la chance de profiter pleinement de ces jours bénis, et accepte toutes nos actions !


[1] Hadith rapporté par Mouslim

[2] CCoran :  Al-Kawthar, L’abondance, versets 1 à 3

[3] Hadith rapporté par Ahmad

[4] Hadith rapporté par Ibn Majah et Tirmidhi

[5] Hadith rapporté par Ahmad

[6] Hadith rapporté par Muslim

[7] Hadith rappoté par Al Hakim

[8] Coran : Sourate le Pèlerinage, v. 34

[9] Hadith rapporté par Tirmidhi

[10] Hadith rapporté par Boukhari

[11] Hadith rapporté par Boukhari

[12] Hadith Rapporté par Abû Dâwoûd et At-Tirmidhî

[13] Hadith rapporté par Mouslim)

[14] Coran : le Pèlerinage, V28

[15] Hadith rapporté par Boukhari

[16] Hadith rapporté par Muslim

[17] « Dieu est grand, Dieu est grand. Il n’y a nul autres divinités que Dieu. Dieu est grand, Dieu est grand. La louange revient à Dieu »

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