Le coeur pur, citadelle de la foi

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« Il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain ; mais s’il est corrompu, tout le corps devient corrompu. Il s’agit du cœur » (1) c’est ainsi que le prophète Mohammed (prière et salutations perpétuelles de Dieu sur lui) nous renseigne sur cet organe vital.
Avoir un cœur sain est donc la condition essentielle à la bonne santé de la croyante et du croyant. Le siège de la foi est le cœur, le siège de la raison véritable et de la science de la connaissance des signes de Dieu est le cœur, il est donc primordial que le croyant sincère qui cherche à cheminer vers son Seigneur entretienne et prenne soin de ce cœur.

La première étape du cheminement est le repentir sincère, un retour à Dieu total et désintéressé, détaché de toute autre volonté que la recherche de la Face divine. Regretter son passé d’insouciance et s’engager solennellement à ne jamais y revenir c’est purifier son cœur et le préparer à contenir l’amour divin.

Au sujet du doute et de l’hypocrisie, Dieu nous dit dans le Saint Coran { Il y a dans leurs cœurs une maladie, et Allah laisse croître leur maladie } (2). Les maladies du cœur sont donc invasives et doivent être traitées. Le traitement nécessite cependant que le « patient » ait l’envie de guérir même si le remède est amer et de foncer perpétuellement sur les sommets afin de dépasser les nombreux obstacles de cette vie basse.
C’est ainsi que certains mystiques interprètent l’épisode de la première ouverture de la poitrine du prophète (paix sur lui) comme une expérience difficile et douloureuse pour l’enfant qu’il était, mais comme un préalable indispensable à l’avènement de la prophétie sur lui.

Une fois notre poitrine « ouverte » nous ne sommes cependant qu’au début du chemin et rien n’est encore gagné. Tout comme l’eau stagnante croupit et finit par contaminer son contenant, il faut veiller à constamment renouveler sa foi et irriguer ce cœur qui sinon finira indéniablement par pourrir.

« Si le croyant vient à commettre un péché, une tâche noire vient se placer sur son cœur. S’il se repent, cesse de désobéir et implore le pardon d’Allah, la tâche disparaît de son cœur. Et s’il persiste dans son péché, elle augmente de volume jusqu’à ce qu’elle couvre totalement son cœur » (3).
Le prophète nous apprend qu’un cœur pécheur, insouciant et absent à Dieu se constelle progressivement de taches noires qui le recouvrent et l’obstruent, l’empêchant ainsi petit à petit d’être réceptif à la foi.

L’on tachera ainsi pendant ce mois béni de Ramadan et particulièrement pendant les 10 derniers jours, de multiplier les actions bénéfiques et les actes de présence à Dieu : dhikr, lecture du Coran, prières surérogatoires (surtout pendant le dernier tiers de la nuit), fréquentation des pieux, visites aux malades, dons, charité… cette diversité des moyens est une immense miséricorde et ainsi chacun pourra trouver un ou plusieurs moyens d’entretenir et de préserver son cœur.

Avoir bon cœur est un affluent de la foi que l’imam Abdessalam Yassine (que Dieu le couvre de sa Sainte miséricorde) répertorie au sein d’une des 10 vertus que doit posséder tout croyant, la vertu de la véracité (as-sidq) : « un cœur habité par l’amour n’en veut à personne sinon à son propre ego et à Satan qui le font dévier du droit chemin » (4)

Dans une de ses fameuses sentences, le grand maître spirituel Abd-al-Qader Jilani nous exhorte également : « Mon ami, ton cœur est un miroir poli. Tu dois le nettoyer pour le débarrasser du voile qui s’est formé à sa surface, parce qu’il est destiné à réfléchir la lumière des secrets divins » (5). Lumière sur lumière ! Seul un cœur poli par la lumière de la présence à Dieu et de l’amour de Son prophète et de l’obéissance à leurs prescriptions peut refléter les rayons qui émanent de Celui qui est La Lumière…

L’on veillera aussi à traquer et à éliminer minutieusement toute trace d’orgueil de son cœur afin de ne pas se voir refuser l’entrée au Paradis car, comme nous l’indique la tradition prophétique  « Il ne sera pas admis au paradis celui dont le cœur abrite le poids d’un grain d’orgueil. » Un compagnon lui demande : « Mais qu’en est-il de quelqu’un qui aime porter un bel habit et de belles sandales ? » « Dieu est beau, répondit l’Envoyé de Dieu, et il aime ce qui est beau. L’orgueil consiste à nier la Vérité et à mépriser les gens » (6).

Dieu est Tout Miséricordieux et si nous voulons être à Son image et dignes de Lui, nous devons nous armer d’humilité et de bonté « Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui foulent la terre avec humilité et lorsque les ignorants s’adressent à eux, ils disent paix. » (7)

Ces quelques préceptes, une fois appliqués avec régularité, conviction et détermination, permettront aux croyantes et aux croyants de goûter aux délices de la foi, ainsi que nous le précise le professeur Abdessalam Yassine : « Après la reconnaissance de Dieu comme seul maître, après la soumission totale à Sa Loi, le cœur du fidèle se sent en sécurité pour cultiver les liens d’amour. Aimer Dieu et être bon et utile à ses frères et à toute la Créature est une attitude qui jaillit des profondeurs, c’est le signe d’un cœur vivant, inondé d’iman. »

(1)    Rapporté par Boukhari et Muslim

(2)    Coran S2, V10

(3)    Rapporté par at-Tirmidhî

(4)    La Révolution à L’Heure de l’Islam

(5)    Sirr al-asrâr – Secret des secrets

(6)    Rapporté par Muslim, Abû Daoud et At-Tirmidhî

(7)    Coran S25, V63

(8)    La Révolution à L’Heure de l’Islam

 

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