Quand Ramadan est à ma porte

Quand Ramadan arrive, quelque chose s’agite en moi, comme une prise de conscience soudaine.

Je regarde mon année et je vois mes élans, mais surtout mes manquements. Mes moments de foi sincère et mes absences. J’ai avancé vers Dieu, puis parfois je me suis éloigné, sans même m’en rendre compte, souvent par fatigue, par négligence, par cette condition humaine qui oublie vite.

Et pourtant, malgré tout, mon cœur n’a jamais cessé de L’attendre.

Quand Ramadan est là, Dieu enchaîne les démons. Alors je comprends : ce qui me retient encore, ce n’est pas une force extérieure. C’est moi. Mes mauvaises habitudes. Mes peurs. Mes excuses de la vie profane. Mon hésitation à revenir pleinement.

Mais ce mois béni ne me confronte pas avec dureté. Il m’enveloppe. Il m’apaise. Il m’invite. Ramadan ne me dit pas : « Regarde ce que tu as fait. » Il me dit : « Regarde ce que tu peux encore devenir. Tu peux tout recommencer à zéro. »

Quand je me repens, je ressens une douceur particulière, une paix que rien d’autre ne m’offre, comme si mon âme retrouvait un espace qu’elle avait perdu. Revenir vers Dieu me relève.
Je comprends alors que le repentir n’est pas une humiliation, mais un honneur : celui d’être accueilli, encore et encore, malgré mes failles. Et dans cette proximité retrouvée, la foi se recharge doucement, sans pression, sans masque.

Ramadan est le mois où Dieu me donne l’occasion de nettoyer mon for intérieur. Je me déleste de ce qui m’alourdit. Je me rappelle que le paradis est une promesse réelle, offerte à ceux qui reviennent avec un cœur sincère, même fragile.

Je n’ai pas besoin d’être parfait.

J’ai besoin d’être honnête et sincère avec Celui qui m’a créé, avec Celui qui m’offre la vie, avec Celui qui m’accueille malgré toutes mes erreurs.

Cette station d’épuration spirituelle offerte par mon Seigneur m’apprend que devenir meilleur ne se fait pas en un jour, mais qu’un mois peut tout relancer : raviver l’amour envers Dieu, redonner un sens à mes prières, réancrer mon cœur vers la vie dernière.

Alors, quand Ramadan arrive, je choisis l’espoir.

Je choisis de me repentir et de devenir encore meilleur.

Et peut-être que c’est cela, finalement, être croyant : tomber parfois, mais ne jamais cesser de se tourner vers Dieu.

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