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Sacrifions tout notre sacrifice !

« Pour les liens de fraternité et le devoir de solidarité, sacrifie tout ton sacrifice ! »

Je lance cet appel à tous les musulmans, afin de faire un geste à l’occasion de cette fête de sacrifice pour nos frères et nos sœurs syriens qui subissent depuis plusieurs années une guerre qui a détruit leurs foyers, qui a tué leurs proches et qui a mis fin à leur vie paisible et prospère. Dans cette guerre, ils ont vécu sous les bombes, au milieu des ruines et des cadavres. Réduits parfois à se nourrir en mangeant des chiens et des chats en raison de la famine. Puis certains ont pu fuir la mort pour se réfugier en Turquie, en Jordanie ou au Liban. D’autres ont affronté le danger de la mer pour venir en Europe. Nous avons tous vu ces images atroces de réfugiés morts noyés, dont certaines ont été jusqu’à émouvoir les non musulmans. Je pense particulièrement ici à Aylan, l’enfant de trois ans, retrouvé gisant sur les sables d’une plage turque. Nous ne pouvons pas dire aujourd’hui que nous ne savions pas ou bien que l’on n’avait pas conscience des événements tragiques qui ont eu lieu. Nous nous devons de remplir notre mission de solidarité envers ces musulmans. De même que tous les autres musulmans, du monde, victimes de la guerre frappant leurs pays depuis plusieurs années.

Ainsi, je demande à mes frères et à mes sœurs de payer un sacrifice pour les réfugiés. Essayons de leur montrer notre fraternité pendant cette fête. Essayons de faire jaillir le sourire sur le visage des enfants opprimés pendant le jour du sacrifice.

Derrière ton ordinateur, avec quelques clics, de chez toi, tu peux aujourd’hui offrir un sacrifice aux victimes de la guerre grâce aux associations humanitaires musulmanes (comme le Secours Islamique, Secours Humanitaire, Human appeal, CBSP, …).

Voici les raisons de cet appel :

Notre islam nous demande de secourir et de soutenir les musulmans. Le Coran déclare que tous les croyants sont des frères : « Les Croyants ne sont que des frères » C49–V10. Le Prophète (SSSL) nous dit : « L’un de vous ne peut être un véritable croyant que lorsqu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même » (Bukhari et Muslim). Qui parmi nous peut prétendre tirer satisfaction de voir sa maison détruite, ses proches tués, son enfant noyé sans qu’aucun musulman ne lui vienne en aide ? Si l’on aime être aidé lors des épreuves qui nous touchent, de même nous devons aider nos frères lorsqu’ils souffrent à leur tour, sinon nous ne pouvons pas prétendre être des véritables croyant conformément au hadith prophétique précédent.

Par ailleurs, l’acte d’envoyer son sacrifice à des musulmans d’un autre pays en difficulté ou dans le besoin, est autorisé par la majorité des écoles juridiques (les Malikites, les Hanafites et les Hanbalites).

–  Il y a longtemps, une fatwa a été posée, demandant aux musulmans de France d’envoyer le prix de leurs sacrifices aux pauvres des pays musulmans qui ne mangent la viande que  très rarement dans l’année. La raison de cette fatwa était le coût exagéré des prix des sacrifices pendant la fête. Comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, nous pouvons déduire que cette fatwa est toujours d’actualité car les prix des moutons doublent presque tous les ans en période du sacrifice. 

Une année, en calculant le bénéfice généré par la hausse des prix à l’occasion de la fête, et ce pour un échantillon de six millions de musulmans avec une moyenne de cinq membres par famille, j’ai trouvé plus de 130 millions d’euros. Cette somme pouvait construire tous les ans 65 mosquées d’une valeur moyenne de deux millions d’euros chacune. Au lieu de donner cette somme à des gens en recherche de bénéfices, il vaut mieux l’envoyer comme sacrifice à nos frères et sœurs qui ne trouvent rien à manger.

– Depuis l’interdiction du sacrifice dans les sites d’abattage dérogatoires (les fermes) en dehors des abattoirs, l’opération du sacrifice le jour de la fête est devenue une tâche difficile, surtout dans les départements où aucun abattoir n’existe, comme c’est le cas en Essonne (91) par exemple. Le musulman doit faire des centaines de kilomètres pour pouvoir accomplir la sunnah du sacrifice. Souvent il est contraint de passer la journée de la fête loin de sa famille pour revenir le soir. Celui qui voulait respecter la sunnah en rompant le jeûne le jour de la fête avec le foie du mouton, autour de 11h, doit maintenant jeûner jusqu’à minuit, voire jusqu’au lendemain. Ainsi, au lieu de vivre la joie de la fête avec sa famille et ses amis, le musulman passe sa journée, affamé et fatigué, à la recherche du mouton.

–  Certains sites d’associations humanitaires musulmanes proposent un sacrifice pour là où il y a une grande urgence dans le monde musulman à un prix inférieur ou égal à 120 euros. D’après certaines écoles musulmanes la sunnah est de consommer le tiers du sacrifice, d’offrir le tiers à la famille ou aux amis et de donner le tiers aux pauvres. Donc au lieu d’acheter un mouton en France à deux fois son prix initial pour au final n’en garder que le tiers, il vaut mieux offrir tout un mouton à nos frères et sœurs les réfugiés à un prix avoisinant 120 euros, et acheter le tiers d’un mouton avant la fête pour sa famille voire même la moitié à un prix raisonnable de 100 euros. Ainsi, le jour de la fête, après la prière, le musulman pourra rester avec sa famille et rompre le jeûne autour de 11h. Toute l’opération nécessitera une somme proche de 220 euros, ce qui reste encore inférieur au prix d’un mouton en France pendant la période de la fête.

Tu pourras dire dans un moment où tu es seul avec Dieu : « Seigneur ! Accepte mon œuvre ! C’est tout ce que j’ai pu faire en ce jour de fête pour soutenir mes frères et mes sœurs ! ». Imagine cette famille dans la misère absolue, qui a tout perdu et qui n’espérait ne rien recevoir. Imagine qu’à cette même famille on offre ton sacrifice le jour de la fête. Elle ne te connaît pas et ne t’a jamais vu, mais en voyant ton don, quelle sera sa joie ? Imagine les larmes de bonheur des parents ! Imagine le sourire des enfants ! Tout cela grâce à toi ! Imagine ton salaire doublé auprès de Dieu ! Car tu as sacrifié et tu as fait le choix de tout donner à tes frères. Félicitations pour cet acte de générosité, de solidarité et de fraternité le jour d’une grande fête musulmane !

– N’oublions pas que le sacrifice d’un mouton n’est pas une obligation en Islam. Mais il constitue une sunnah recommandée. Malheureusement, certains musulmans, qui s’attachent beaucoup aujourd’hui à cette sunnah, négligent complètement les obligations comme la Salat ou la Zakat.  

– Bien sûr, celui qui peut aider ses frères et ses sœurs avec plus de 120 euros est toujours gagnant auprès de Dieu. De même, la chose est meilleure pour celui qui peut les aider avec la même somme tout en ayant la possibilité de sacrifier en France à un prix et à un temps raisonnables.

–  Il est nécessaire de tout faire pour conserver cette grande sunnah en France. Mais il est nécessaire aussi de faire de son mieux pour qu’elle reste accessible et non onéreuse. Cela vaut pour la responsabilité de tout le monde.

 Cependant, certains affirment que l’envoi du sacrifice à l’étranger risque de mettre fin à cette sunnah en France sous prétexte que les enfants ne la verront plus et perdront cette habitude. La réponse est la suivante :

Ce ne sont pas les quelques années de guerre, où la solidarité devient un devoir, qui menacent cette sunnah. De plus, nous avons vu l’exemple de nombreux parents qui n’ont pas fait la Salat et dont les enfants ont respecté cette obligation par la suite, des mères ne portant pas le voile et dont les filles l’ont porté après coup.

 Par ailleurs, d’ici quelques années, cette fête aura lieu en été (juillet et août) et ce, pendant sept ans approximativement. Donc les enfants auront bien l’occasion de la voir dans les pays d’origine ou même ici encore, étant donné que l’affluence sera moins forte après le départ en vacances d’une grande partie des musulmans.

Seigneur ! Aide-nous à aider nos frères et sœurs victimes des guerres ! Et accepte notre œuvre ! Seigneur ! Nous te demandons et te prions de mettre fin aux guerres dans le monde musulman !

Dr. Mohamed NAJAH

Vice-Président du Conseil Théologique Musulman de France

Fondateur de l’Institut Najah en ligne des sciences islamiques (www.institut-najah.com)

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