L’Exode, un voyage qui se perpétue

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En évoquant l’exode vers Médine, le Prophète, paix et salut sur lui, a dit «  Il n’y aura plus d’exode après l’Ouverture de La Mecque,mais il restera le combat et l’intention»[1]Dans un autre hadith, il dit aussi « L’émigrant, Mouhajir, est celui qui délaisse le mal »[2]

Ainsi, l’exode, de façon générale, consiste à franchir les obstacles de l’égo, à délaisser ce qui nous éloigne de Dieu, à rompre avec ses habitudes pour renouer avec l’adoration. Autrement dit, ne plus faire ses adorations par coutume mais par quête de Dieu, pour être sur « le chemin de ceux que Dieu a comblé de Ses bienfaits », pour que ces instants passés en adoration soit des moments privilégiés.

Ceci représente un perpétuel effort« d’exode symbolique » et qui demande autant de volonté que celle de nos prédécesseurs qui ont immigré à Médine pour fuir les persécutions de la Mecque, laissant derrière eux leurs biens et leurs familles.

Avons-nous cette volonté de changer, de nous exposer à la miséricorde divine, de profiter des occasions bénies que Dieu place sur notre chemin pour gagner Son pardon, sa proximité ? Assurément, si la volonté nous fait défaut, nous ne manquerons pas de tomber dans la paresse, la routine, l’insouciance. Avons-nous le souci permanent d’œuvrer pour Dieu ? Toutes ces questions auront pour effet bénéfique d’interpeller et d’ouvrir nos cœurs. Et parmi les éléments qui aideront à la volonté, et à la réalisation des bonnes œuvres, nous retiendrons trois points :

1)  La parole de notre Prophète bien-aimé, paix et salut sur lui qui dit : « Sois dans ce monde comme un étranger ou un passant ! »[3].  Il ne convient pas au croyant de prendre ce bas monde pour patrie et demeure. Il doit, au contraire, y être comme le voyageur qui est sur le point de partir. Et si le voyageur fait des provisions pour son voyage, il en est de même du croyant qui s’approvisionne dans ce bas monde pour sa vie dernière. Dieu ne dit-Il pas : « Prenez avec vous vos provisions ; mais vraiment la meilleur provision est la piété »[4]

Notre voyage pour la vie dernière demande des préparations. Celui qui n’a pas le souci de la vie après la mort ne saura saisir les opportunités que Dieu met à sa disposition pour se ressourcer. Celui qui se soucie d’arriver en bon état, prépare son voyage et pense aux provisions pour la route. Si nous sommes en permanence dans la peau d’un voyageur, cet état se reflétera sur notre comportement. Nos actions seront meilleures et nos perspectives plus nobles.

2) Nous sommes des voyageurs, des passants dans ce bas monde. Une fois cette certitude acquise, nous profitons alors de toutes les occasions parmi les mois, les jours, les moments que Dieu a gratifiés, pour capitaliser les bonnes œuvres. « Il y a dans les jours de votre vie des souffles bénéfiques, nafahâte, de la part de votre Seigneur. Soyez soucieux de vous y exposer », nous enseigne le Prophète, paix et salut sur lui.

Chaque jour est un heureux évènement, un don de Dieu ; ce qu’on en fera dépendra de notre volonté et des efforts fournis.

3) Le voyage est long, éprouvant et semé d’embûches. Les provisions ne sont pas suffisantes pour faire face aux difficultés. Nous avons besoin d’un élément extérieur pour nous maintenir éveillés et rester prudent tout le long du trajet et arriver à destination dans de bonnes conditions. C’est-à-dire, le bon compagnon de route auprès de qui nous trouvons le soutien, la motivation nécessaire, le rappel bénéfique en cas de nécessité « Par le Temps! L’homme est certes, en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance »[5]

Ce voyage pour la vie dernière ne se prépare pas seul mais collectivement, auprès de fidèles qui partagent le même souci, que nous aimons et côtoyons. Les fréquenter réanime les cœurs par la souvenance de Dieu, réveillent les volontés par l’accomplissement de bonnes œuvres, en quête de satisfaction du  Créateur : « Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux, en cherchant le faux brillant de la vie sur terre. Et n’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier. »[6]

L’année que nous entamons est l’occasion d’expier les pêchés de l’année qui vient de s’écouler par un repentir sincère, rompre avec ses « habitudes »[7], partir sur de bonnes résolutions et s’y attacher.  Saisissons les occasions qui s’offrent à nous. Entourons-nous de croyants et côtoyons-les ; ouvrons nos cœurs et sachons profiter de leur bonne compagnie, et Dieu nous donnera beaucoup. Avec le temps et la persévérance, les bonnes œuvres et les bons caractères s’installeront naturellement.

 


[1] Hadith rapporté par l’Imam Boukhari

[2] Hadith rapporté par l’Imam Ahmed selon Anas ibn Malik

[3] Hadith rapporté par l’Imam Boukhari, selon Ibn Omar

[4] Coran : Sourate la Vache, verset 197

[5] Coran : Sourate le Temps

[6] Coran : Sourate la caverne, verset 27

[7] Rompre avec ses habitudes pour renouer avec l’adoration. Ne plus faire ses adorations par coutume mais par quête de Dieu

 

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