Sans Abdul Aziz, le bilan des massacres dans les mosquées de Christchurch aurait été plus lourd

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Il est des héros qui meurent, d’autres qui survivent. C’est le cas d’Abdul Aziz, un réfugié afghan âgé de 48 ans et détenteur de la nationalité australienne.

Il est celui qui a poussé Brenton Tarrant, auteur des attentats contre les mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, à prendre la fuite. Sans son intervention, le tireur aurait certainement fait plus de victimes dans la mosquée de Linwood. Se refusant le qualificatif « héros », il s’est confié, dimanche 17 mars, auprès de la presse néo-zélandaise sur le déroulé des évènements éprouvants de ce vendredi noir.

Comme de nombreux autres fidèles réunis dans la mosquée de Linwood, Abdul Aziz et ses quatre fils étaient venus accomplir la prière du vendredi quand des tirs ont commencé à éclater à l’extérieur du lieu de culte. « Vous n’avez pas beaucoup de temps pour réfléchir, vous agissez, c’est tout », se livre-t-il à l’AFP.

Alerté par les coups de feu, il s’empare de la seule « arme » à sa portée, une machine à carte bancaire, et quitte la salle de prière, malgré l’appel de ses fils qui lui supplient de retourner à l’intérieur.

Conscient que sa machine à carte bancaire ne serait d’aucune utilité face aux balles, il jette la machine en direction de Brenton Tarrant et court se cacher entre les véhicules garés sur le parking avant d’essuyer des rafales du tireur. Quand le terroriste se dirige vers la salle de prière, Abdul Aziz s’empare d’une arme vide laissée par le tireur et découvre qu’elle n’est pas équipée de gâchette. Il se tient cependant debout derrière Brenton Tarrant, lui pointe son arme, et lui crie « Viens par ici » à maintes reprises pour détourner son attention de son projet d’entrer dans le lieu de culte.

« Quand il a vu l’arme dans mes mains, je ne sais pas ce qui s’est passé, il a lâché la sienne et je l’ai pourchassé avec la mienne », a-t-il raconté. « C’est la raison pour laquelle il a pris peur », a supposé ce héros malgré lui, qui a alors décidé de lancer son arme en direction de la voiture du tireur, qui a aussitôt pris la fuite. Quelques minutes plus tard, la police a interpellé Brenton Tarrant.

Parce qu’il a été vu avec une arme, la police lui a refusé l’accès à la mosquée, en supposant qu’il pourrait être le tireur. « Pendant un long moment, je n’ai pas su si mes enfants étaient vivants ou morts, ou blessés parce que je ne pouvais pas entrer dans la mosquée », raconte-t-il. Plus tard, il apprendra que tous ses fils ont eu la vie sauve, mais qu’il a tout de même perdu des proches lors de la fusillade.

« Quand je ferme les yeux, je vois encore des corps partout », a-t-il témoigné. Pourtant, il a trouvé un peu d’« amour » et de « respect » dans les gestes des voisins reconnaissants qui ont apporté à sa famille « des fleurs, des cartes, de la nourriture, des gâteaux ». Les Néo-Zélandais comme les fidèles des mosquées touchées par les attentats n’oublieront pas de si tôt son acte de bravoure.

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