Crise des valeurs

0
834

Ma naïveté m’a laissé croire que nous partagions le même combat. Balayer cette société dont les principes ravivaient la flamme de mon désir ardent de liberté, d’égalité et de justice. Ce n’était en réalité qu’une vague illusion, une chimère dans un monde idyllique que je m’étais créé.

Déchirée, cette société en pleine crise identitaire. Oui je parle bien là de cette société européenne apeurée par l’idée de la perte de sa prééminence symbolique, de son angoisse de l’islamisation et de son narcissisme, cette société en autodestruction comme l’explique si bien le sociologue Raphaël Liogier dans son livre  » Mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective ».

C’est donc avec ces mots que la révélation sur le véritable caractère malade de cette société se fit en moi. Quelle misère que cette perte de valeur, que cette régression sociale.

Je devais donc affronter de plein fouet ce paradoxe, cette contradiction entre les traditionnelles valeurs françaises et cet hymne aux droits de l’Homme et à la liberté enseignés en cours et le diktat fasciste et islamophobe de ce gouvernement de « gauche » qui poussait la société à bout. Rassurez-vous, droite comme gauche, cela faisait depuis bien longtemps que je m’étais désavouée de la classe politique française.

Cependant je devais bien avouer que les politiciens n’étaient pas les seuls responsables de cette tension ambiante qui planait sur notre société, les médias français jouaient également un rôle influent dans ce malaise collectif. Ces journalistes me donnez constamment la nausée : gavée, saturée de cette désinformation constante, de cette malhonnêteté et manipulation de l’opinion publique, cette gangrène de la haine qui n’avait retenue que les 5 dernières minutes des échauffourées  du caractère noble et pacifiste de la grande manifestation pro palestinienne du dimanche 13 juillet à Paris en tentant de décrédibiliser le mouvement : cette même manifestation qui fut interdite le 19 juillet dernier à Barbès par nos chers politiciens dans un état démocratique qui se revendique héritier des droits de l’Homme. On voulait étouffer ces voix, faire taire cette majorité un peu trop voyante, un peu trop bruyante qui clamait haut et fort son soutien inconditionnel au peuple palestinien, cette majorité garante des valeurs universelles qui condamnait cette complicité de génocide de cet état démocratique de droit. Doit-on comprendre que ce parti de gauche socialiste à virer du côté obscur en manifestant son soutien au parti politique d’extrême droite de Benjamin Netanyahou?  Rappelons nous de cette phrase de François Hollande le lendemain des bombardements de Gaza :  » il appartient au gouvernement israélien de protéger sa population face aux menaces »

Il nous appartenait donc à Nous, citoyens français de protéger les valeurs éthiques de ce pays auxquelles nous sommes tant attachés et de dénoncer les atrocités du gouvernement israélien. Dénoncer, comme l’ont fait les pays du monde entier, comme l’ont également fait ces quelques israéliens à Tel-Aviv et comme nous l’avions fait nous, malgré l’interdiction, au côté des provocations policières, dans cet état de non droit et d’abus empoisonné par le venin sioniste, dans cette ambiance violente de chasse à l’homme ou plutôt dirais-je de « chasse à l’arabe » aspergé de gaz toxique, dans cette manifestation interdite par François Hollande en voulant créer de par cette interdiction une stratégie de tension.

Je conclurais en apportant un peu de douceurs avec ces mots écrits par le célèbre poète palestinien de la résistance Mahmoud Darwich :

Pour notre patrie, proche de la parole divine, un toit de nuages.

Pour notre patrie, distante des attributs du nom, une carte de l’absence.

Pour notre patrie, petite comme un grain de sésame, un horizon céleste … et un abîme caché.

Pour notre patrie, pauvre comme les ailes de la grouse, des Livres saints … et une blessure à l’identité.

Pour notre patrie, aux collines assiégées déchiquetées, les embuscades du passé nouveau.

Pour notre patrie, butin de guerre, le droit de mourir consumée d’amour.

Pierre précieuse dans sa nuit sanglante, notre patrie resplendit au loin, au loin, elle illumine alentour … Mais nous, en elle, nous étouffons chaque jour davantage !

1 commentaire

  1. Salem!
    sujet intéressant et très lucide
    il nous faudra bq de patience et de travail pour nous faire entendre…..

    Machallah ! une très belle plume
    Bravo Mouna K

    Fraternellement K

Laisser un commentaire

Merci de saisir votre commentaire
Merci de saisir votre nom

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.