« Risque de glissade !»

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Combien de fois ai-je essayé d’écrire ?

Combien de fois ai-je tenté de mettre des mots sur mes maux ?

Moi qui pourtant suis si à l’aise avec l’expression écrite. J’ai essayé trois fois. J’ai pris mon temps, j’ai espacé l’écriture, la relecture, puis la réécriture, puis j’ai compris. J’ai compris que cette difficulté que j’éprouve à articuler mes idées par écrit, reflète parfaitement l’état dans lequel je me trouve : brouillon.

Alors autant commencer par là. Je ne parviens pas à mettre des mots corrects sur ce que je traverse depuis de longs mois. C’est comme si j’étais au sommet d’une montagne et que je me voyais, non pas tomber mais glisser de ce sommet à une vitesse moyenne qui me permet de m’agripper par moment à une roche, à un arbre. Je tente de m’opposer à cette descente, je m’accroche, mais c’est dur et je fatigue. Je suis consciente de cette situation, je suis consciente également que j’ai trébuché, je ne sais à quel moment mais j’ai trébuché toute seule. Je devais être certainement très distraite.

Tout ce dont je me souviens c’est du sommet de cette montagne d’où la vue était formidable, un paysage verdoyant, un soleil lumineux, un sentiment de sécurité entier, un pur moment de bonheur. Puis je me vois sur cette descente, dégringoler… Il y a une corde, je la vois, je l’attrape mais je relâche, la force de mes seuls bras ne me suffit pas, et je déboule un peu plus bas.

J’ai besoin d’aide. J’ai besoin que quelqu’un tire la corde vers le haut et m’aide à remonter. C’est effrayant la vitesse à laquelle je glisse.

Je le sais à ce moment, je n’ai pas d’énergie et c’est ce qui arrive lorsque le cœur fléchi. Lorsque je parle du sommet de la montagne, je repense à tous ces moments où ma pratique religieuse était aisée, régulière, et en constante progression. Tout était beau, le sentiment de quiétude immense (tranquillité de l’esprit, confiance absolue en Dieu …), la vision merveilleuse (sens de la contemplation, discernement …) et les moments de proximité avec le Très Haut indéfinissables (prières nocturnes, le rappel de Dieu, Méditation). Ça me manque. Il me manque, pourtant, je sais qu’Il est là. Mais cette « intimité » me manque terriblement.

Le besoin de m’isoler m’a rendu distraite. La distraction m’a rendu vulnérable. La vulnérabilité est un mauvais bouclier… Je pensais qu’une brebis « rodée » n’avait rien à craindre et que la solitude pouvait être bénéfique. Mais lorsque cette situation perdure, je peux dire, qu’elle devient dangereuse, je le vois bien : Dangereuse pour son cœur, pour son âme, pour sa foi.

Je suis convaincue que nous passons tous par des périodes houleuses mais je trouve dommage, pour ma part, de perdre autant d’énergie à tenter de retrouver un équilibre spirituel qui semblait pourtant « acquis » sans pour autant y parvenir.

Il y a un bien dans toute chose et je suis consciente que cette épreuve est là pour me rappeler à l’ordre : Il y a des défauts qu’il me faut corriger.

De quels types de défauts pourrait-il s’agir ? :

· Être rassuré dans sa pratique et penser que le minimum suffit

· Se contenter de répéter, de reproduire sans comprendre le sens de nos actes et de nos actions spirituelles et sans se remettre en question.

· Avoir une bonne opinion de soi-même, avec ce sentiment que tout va bien, que tout est acquis, que le fleuve est tranquille

· Penser que l’on peut se passer de la force des réunions spirituelles

· Croire, que répéter signifie être constant alors que la constance se gagne par la pratique certes, la répétition des actes certes mais avec une pleine conscience de nos actions, une constance du cœur. Un cœur vivant, une âme nourrie.

C’est ce que je pense. Je n’en serai pas là en prenant plus de précautions, j’aurai peut-être pu éviter d’en arriver là ? Mais au final, il n’y aurait pas eu de remise en question, d’introspection et donc de maturation ? Il y a un Bien dans toute chose et Dieu est Sage, Miséricordieux, Il sait que je vois cette corde, que je m’y attache de toutes mes forces. C’est à moi, de nourrir cette force, d’améliorer mes capacités de résistance pour ne pas tomber, quand bien même on pourrait se relever, les chutes sont bien souvent brutales et violentes. Glisser est encore acceptable, chuter pourrait se révéler fatal.

Aujourd’hui, je peux dire que je suis toujours sur cette montagne, j’ai trouvé un appui : j’ai la corde entre les mains et mes pieds sont sur une roche solide. J’essaye de remonter petit à petit. Retrouver la bonne compagnie et des assises spirituelles vont contribuer, j’en suis sûre, à me donner plus de force pour reprendre mon cheminement si Dieu le veut.

Bien que ceci soit un témoignage personnel, sans détails précis, il expose brièvement la réalité d’une difficulté rencontrée plusieurs mois après « qu’une brebis se soit éloignée de son troupeau… »

Pour moi ce fut l’une des principales raisons, mais chacun peut durant son cheminement rencontrer une difficulté, un frein qui l’empêche d’avancer ou qui même le pousse à reculer. Je pense que chacun d’entre nous sait au fond de lui – même pour quelle raison cette épreuve le touche à cet instant précis. Je crois sincèrement que c’est toujours une période propice pour se remettre en question, analyser son parcours, se souvenir de ce que l’on souhaite réellement et redéfinir ainsi nos objectifs de vie.

Je vous souhaite un cheminement constant et continuel.

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