Mes parents ont fait le bon choix

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Je m’appelle Fatima, j’ai 22 ans.

Je pense que l’intérêt premier de mes parents a toujours été de bien nous éduquer. 

Et quoi de mieux que notre belle religion et les enseignements de notre saint Coran pour arriver à ce but.

J’ai eu de la chance d’avoir des parents qui craignent Dieu et qui ont une certaine compréhension de la religion.

Le Coran a toujours été très présent dans nos vies, louange à Dieu. Depuis petite, mes parents faisaient toujours tourner des audios dans la maison. Ils nous faisaient surtout écouter « Juzz Aama » et « Al Baquara » au départ.

A l’âge de 3 ans à peu près, ils ont commencé à nous faire apprendre quelques versets au fur et à mesure. Ils se mettaient d’accord sur la manière d’apprendre, généralement ma mère lisait le verset et nous répétions après elle, tous ensemble.

Quand j’ai atteint l’âge de 5 ans à peu près, notre père nous envoyait chez un cheikh deux à trois fois par semaine, avec mes deux grands frères. De la même manière, il lisait et nous répétions. Nous avions appris à peu près 4 « hizbs » grâce à Dieu. Il nous mettait énormément en compétition entre nous. Il avait instauré un système de points, celui qui lisait le mieux avait le plus de points. Nous étions donc récompensés en fonction de notre classement.

Par la suite, nous avons poursuivi avec la même méthode, mais avec un professeur différent jusqu’à que j’atteigne l’âge de 8 ans à peu près. Suite à cela, j’ai continué chez moi avec mes parents, toujours avec la même méthode, et mes frères ont poursuivi avec un autre professeur. Nous avions appris 10 « hizbs » à peu près. Le problème était que nous ne révisions pas forcément. 

Suite à cela, mon père nous a tous scolarisés dans la même école. Il a donc profité du trajet quotidien (1h), pour nous faire apprendre et réviser. De la même manière, il lisait et nous répétions après lui. Il nous faisait lire la page à voix haute, afin de corriger notre prononciation. A notre arrivée, la page devait être partiellement apprise.

Le soir en rentrant, après avoir mangé et prié rapidement, nous enchaînions avec l’apprentissage de cette page avec notre mère. Elle nous motivait et nous poussait, ce qui n’était pas facile.

Mais pour nous, l’apprentissage était une obligation, comme le fait d’aller à l’école, ça ne se discutait pas. 

Quand j’ai atteint l’âge de 12 ans à peu près, j’ai acquis 30 « hizbs », soit la moitié du Coran louange à Dieu.

Mes deux grands frères continuaient de prendre des cours avec un professeur. Mon père s’était mis en quête de trouver un autre professeur pour mes deux petits frères, qui apprenaient de la même manière, mais dont le suivi n’était fait qu’à la maison.

En trouvant un professeur pour mes frères, il a fait la connaissance d’une enseignante femme, dans la même mosquée. Il a donc décidé de m’inscrire à ses cours.

J’ai donc continué à apprendre avec mes parents, mais j’ai également débuté l’apprentissage de la partie que je ne connaissais pas encore, avec mon enseignante. J’ai ainsi pu clôturer rapidement avec la permission de Dieu.

Je me suis organisée par la suite pour ma révision, je me suis instaurée des programmes quotidiens. Au départ c’était une page par jour, ensuite la « sourate », ensuite le « hizb » et ainsi de suite.

Je récitais simplement ma révision à mon enseignante, le plus gros du travail était fait à la maison avec mes parents.

Il y avait également un côté compétitif entre mes frères et moi, cela rendait les choses plus amusantes.

Au fur et à mesure des années, nous avons commencé à sentir la valeur du Coran pour lequel nos parents ont tant sacrifié pour nous le faire apprendre. Quand on est jeune, ce n’est pas évident de la percevoir. Le manque de maturité et l’insouciance n’aident pas la prise de conscience… 

J’ai donc pu, grâce à Dieu, clôturer à l’âge de 12ans. Puis, jusqu’à l’âge de 15 ans je me suis consacrée à sa révision, avec l’aide de mes parents et de mon enseignante.

A l’âge de 16 ans j’ai débuté ma première ijaza (diplôme qui témoigne d’une récitation complète du Coran, du début jusqu’à la fin, devant une personne la possédant, avec les règles de lectures). J’ai eu énormément de difficultés lors de mes débuts, en raison de mon jeune âge. En effet, peu de personnes ont l’opportunité de passer ce diplôme à cet âge-là. J’ai dû passer une multitude de tests avec différentes personnes très qualifiées.

J’ai appris le poème de Al Jazariya, qui regroupe les règles de Tajwid, et son explication, nécessaire à la première ijaza.

A l’âge de 17 ans, j’ai terminé puis débuté une autre ijaza (selon un autre lecteur). Cela n’a pas été évident de changer de manière de lecture.

A l’âge de 22 ans j’ai pu avoir une ijaza sur 7 lectures, selon un poème, nommé Chatibiya. C’est en tout, 14 manières différentes de lire le Coran.

Tout le mérite revient en grande partie à mes parents, qui ont fait les bons choix.

Il faut savoir que cela demande du temps et de la patience, et nous étions nombreux.

Mon enseignante, également, m’a énormément soutenue et a toujours été derrière moi.

J’ai, certes, eu pas mal de travail, mais tout cela n’aurait pas été possible, sans l’aide de Dieu en premier lieu, mais aussi sans le travail et le sacrifice de mes parents, ainsi que ma chère et tendre professeure. 

Que Dieu accepte nos actions.

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