Du baume au coeur

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Le Coran place la raison au cœur du message, il nous exhorte et nous enjoint de méditer et de réfléchir.

« Ne méditent-ils pas le Coran ? Ou y a-t-il des cadenas sur leurs cœurs? »[1] Ce verset nous interpelle par son chant lexical, mais aussi par la profondeur et la gravité de son sens.

Le cœur étant le cocon des sentiments et de la foi, il convient de le purifier et d’en prendre soin pour permettre aux lumières du Coran d’y pénétrer.

Ce même cœur, s’il est obstrué par les différentes maladies qui peuvent l’affecter (cadenas), il sera opaque à la lumière divine.

Le Coran nous révèle certaines de ces maladies : « Dans leur cœur il y’a une maladie, Dieu les a rendu encore plus malade… ».[2] Cette maladie, citée dans ce verset, n’est autre que l’hypocrisie.

Dieu dit aussi: «  … ainsi Dieu frappe-t-il d’un sceau le cœur de tout orgueilleux tyran »[3], l’orgueil et la tyrannie font aussi partie des « cadenas » du cœur.

Le Coran nous apprend ainsi que c’est le cœur qui est le moteur de la réflexion et de la méditation, il est « l’organe » qui voit et qui entend. Le cerveau, la vue, l’ouïe ne sont que des émetteurs au service de la raison qui est le cœur. « … car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce sont bien les cœurs dans les poitrines qui deviennent aveugles »[4]

Ce verset s’illustre par les paroles du prophète, paix et salut sur lui, qui dit: « Sachez donc qu’il y a dans le corps un morceau de chair, s’il est sain, tout le corps est sain, et s’il est atteint tout le corps se dégrade. Celui-ci n’est rien d’autre que le cœur. »[5]

Nous devons donc prendre soin du coeur, le purifier et le soigner. Et y a t-il meilleur soin pour le cœur que la lecture du Coran avec méditation et contemplation intérieure ?

Hassan al-Basri, que Dieu lui fasse miséricorde, disait: « Méditer pendant une heure est meilleur que de prier une nuit durant sans cœur »

Notre mère Aïcha, que Dieu l’agrée, a passé une nuit entière à méditer sur un seul verset : « Antérieurement, nous l’invoquions. C’est Lui certes, Le Charitable, Le Très Miséricordieux »[6]

En ce mois béni de Ramadan, un mois où est descendu le Message divin, un mois de Coran par excellence, faisons de nos lectures du saint livre une lecture de méditation. Car si lire une grande quantité de Coran est bénéfique pour le corps et l’âme, lire une petite quantité avec méditation et introspection l’est plus encore.

Le mot « aya » en arabe, veut dire verset du coran, ou signe ou encore preuve. Et les signes de Dieu sont nombreux pour nous guider vers Lui. Il y a les signes écrits, les signes cosmiques et les signes humains : « Il y a sur terre des signes pour ceux qui croient avec certitude, ainsi qu’en vous même. N’observez-vous donc pas ? »[7]

La lecture avec méditation des signes (aya) du Coran nous propulse vers la lecture des signes du cosmos et la lecture des signes en nous-mêmes.

Ces trois lectures, à travers Coran, le cosmos, l’humain, se complètent, s’interagissent, et se fusionnent rationnellement et spirituellement.

Le rôle des signes écrits –le Coran – est de nous ouvrir sur les signes universels dans toutes les dimensions : autour de nous, à l’intérieur de nous et entre nous.

Comme la lune disparaît derrière un nuage. Un pur regard silencieux est préférable.[8]

 


[1] Coran : 47 ;24

[2] Coran : 2 ; V 10

[3] Coran : 40 ; v 35

[4] Coran : 22 ; 46

[5] Hadith rapporté par Boukhari et Muslim

[6] Coran : 52 ; 28

[7] Coran : 51 ; 22

[8] Djalal ad-Din Rumi

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