Historique de l’assemblage du Coran

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«C’est –le Coran– une révélation de la part du Maître des univers, descendue par l’Esprit fidèle (Archange Gabriel), sur ton cœur afin que tu sois du nombre des avertisseurs, en un langage arabe très claire.»[1]

Le mot «Coran» provient du vocable arabe «Qur’an». Ce terme désigne la parole de Dieu révélée progressivement à Son Prophète Mohammed, par l’entremise de l’ange Gabriel et dont la lecture fait office d’adoration.

La parole divine est un «Coran», ou ensemble de récitations orales, destinées à être conservées dans les mémoires; de même qu’un «Kitab» c’est-à-dire une Ecriture, un Livre. « au sujet duquel il n’y a aucun doute»[2]

La «Récitation» et l’«Ecriture» sont deux moyens importants qui ont contribué à la préservation du Saint Coran. Chaque fois que des versets étaient révélés, le Prophète les transmettait oralement aux fidèles, et chargeait des «scribes», nommés officiellement, de les consigner par écrit. Le Prophète a même interdit l’écriture de ses propres paroles pour éviter toute confusion future avec le texte sacré.

Les versets n’ont pas été révélés dans leur ordre actuel mais selon les événements qui ont jalonné la naissante communauté du Prophète. Au fur et à mesure, les versets furent classifiés par le Prophète lors de ses récitations annuelles pendant le mois de Ramadan en présence de l’archange Gabriel. Certains compagnons écrivirent pour leur usage personnel des versets ou des sourates qu’ils avaient appris du Prophète. A titre d’exemple, la tradition nous apprend que la conversion d’ Omar Ibn al Khattab est due à la lecture d’un parchemin qu’il trouva chez sa sœur, portant les premiers versets de la sourate« Taha».

La sauvegarde du Coran s’est appuyée aussi sur l’intérêt que les musulmans ont porté au Coran. Plusieurs compagnons appelés «porteurs du Coran» s’étaient spécialisés dans la lecture du Coran et l’avaient appris par cœur. Les mérites de ceux qui étudiaient et apprenaient tout le Coran étaient vantés par Dieu et par Son Prophète qui dit «Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’apprend aux autres».[3] La prière, où sont récités des passages du Coran, fut et reste aussi l’occasion pour tout musulman d’apprendre au moins une partie de la parole de Dieu.

De génération en génération, la communauté musulmane a su préserver, par la Grâce de Dieu, le Saint Coran. Le rôle de la première génération fut de la plus haute importance dans cette démarche.

A la mort du Prophète bien-aimé, on disposait d’une copie complète du Coran transcrite en totalité sur des supports divers et épars (feuilles de palmiers, morceaux de parchemin, de cuir, pierres plates, omoplates …). Toutefois, sous le califat d’Abou Bakr, la bataille d’Al Yamâma contre le faux prophète Moussaylima causa la mort de centaines de musulmans dont soixante-dix «porteurs du Coran». Dans un souci de préserver la Révélation, le calife Abou Bakr, consentit le conseil d’Omar Ibn Al Khattab qui sentit la nécessité d’assembler la Parole de Dieu en un seul volume. Le Coran jusqu’à lors était conservé dans les cœurs et sur des supports de fortunes.

Cette mission fut confiée par Abu Bakr à l’illustre compagnon Zaïd Ibn Thâbit qui non seulement était un scribe et un porteur du Coran, mais avait aussi assisté à la dernière récitation que le Prophète en avait faite. Il rassembla les fragments du Saint Coran conservés chez les compagnons, et recueillit aussi de la bouche de ces derniers les versets et les sourates. Les versets consignés devaient figurer sur un support écrit et être appuyés par deux témoignages oraux de compagnons qui les avaient appris de la bouche du Prophète. Seul un verset fut appuyé par le seul témoignage oral de Khozaima lequel fut approuvé nominativement par le Prophète comme valant deux témoins. Zaïd acheva sa tâche en remettant à Abu Bakr un manuscrit contenant toute la Révélation telle qu’elle fut descendue sur le Messager de Dieu. Cette copie fut gardée chez le premier calife jusqu’à sa mort. Ensuite, elle fut conservée chez Omar Ibn Al Khattab durant son califat, et enfin après sa mort chez sa fille Hafsa, veuve du Prophète.

Plus tard, sous le califat d’Othman, une nouvelle compilation du Coran est réalisée. En effet, on rapporte que Houdayfa Ibn Al Yamâne, a
yant participé avec les armées syriennes et irakiennes à la conquête de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, fut alerté par les différents qui opposaient les musulmans concernant la manière de lire le Coran: Les syriens suivaient la lecture de leur concitoyen, Ubay Ibn Ka’b, et les irakiens celle d’Abdallah Ibn Mas’oud. Inquiet et alarmé par leur désaccord, Houdayfa Ibn al-Yaman suggéra au calife Othman: «O ! Chef des Croyants ! Retiens les musulmans avant qu’ils nen arrivent, concernant leur Livre, à avoir autant de divergences que les juifs et les chrétiens ».[4]

Le Calife Othman récupéra ainsi de chez Hafsa le recueil officiel du Coran et chargea le même Zaïd Ibn Thâbit ainsi qu’Abd Allah Ibn Zoubayr, Saïd Ibn Al `As et Abd Rahman Ibn al-Harith Ibn Hicham d’en faire plusieurs copies. Il leur spécifia: «Sil y a désaccord entre vous sur l’orthographe de quelque mot, écrivez-le suivant le dialecte Quraychite, car c’est dans ce dialecte que le Coran fut révélé ».[5]

Une fois le travail achevé, Othman rendit les feuillets originaux à Hafsa, et les autres exemplaires furent reliés (chacun en un livre, appelé Mos’haf) et distribués dans toutes les principales régions du territoire musulman. Il ordonna par ailleurs, avec le consensus de tous les compagnons, de brûler tout feuillet ou tout exemplaire complet qui contiendrait autre chose que le Mos’haf.

Le Coran fut dès lors retransmis de manière concordante de génération en génération et conservé dans les cœurs des hommes, et cela jusqu’au jour de la Résurrection. Ceci est la concrétisation de la parole de Dieu, le Très-Haut : «C’est Nous Qui t’avons révélé ‘‘le Rappelédifiant’’, et Nous veillons certes à son intégrité».[6]


[1] Coran, la table servie: 16

[2] Coran, la vache: 2

[3] Hadith, rapporté par Boukhari et Muslim

[4] Hadith, rapporté par Boukhari

[5]Hadith, rapporté par Boukhari

[6] Coran, al Hijr: 9

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