L’Islam et le développement personnel : La bienveillance du Prophète

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Nous parlions précédemment des traits de caractère du prophète (paix et salut sur lui), que nous pourrions modéliser dans le cadre du développement personnel de l’être humain. Parmi les spécificités de notre bien-aimé messager (paix et salut sur lui), la première que nous pourrions étudier est la bienveillance. Ce mot est dans toutes les bouches à notre époque : bienveillance dans les relations, bienveillance en couple, en famille, dans le monde de l’entreprise… Pour bien comprendre la notion de bienveillance prophétique, nous pouvons nous demander comment s’exprimait celle de Mohammed (paix et salut sur lui) au quotidien ? Dans l’épreuve comme dans la facilité, en position de défense ou de force ? C’est ce que nous allons découvrir ensemble à travers notre échange ci-dessous.

Un excellent modèle pour les humains

C’est ainsi que Dieu, exalté soit-Il, qualifie Son messager dans le noble Coran :  » vous avez dans le Messager de Dieu un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Dieu et au Jour dernier et invoque Dieu fréquemment «  [1]. Quel meilleur connaisseur de la créature que son créateur ? Ainsi notre seigneur à tous, conscients ou inconscients, croyants ou non croyants, nous envoya un modèle à suivre dans toutes choses, afin d’avoir une vie épanouie et heureuse dans les deux vies et non seulement sur Terre. N’est-ce pas là le but du développement personnel de l’Homme ? La quête du bonheur et de l’accomplissement ? Mais à la différence du développement personnel moderne et occidental, celui de l’Islam offre le salut et la délivrance jusque dans la vie dernière, c’est en cela que sa force est supérieure.

La bienveillance du prophète (paix et salut sur lui), sa douceur et son intérêt pour l’autre étaient sincères, sans arrières pensées, ni but caché, nullement pour obtenir une quelconque faveur ou simuler une fausse préoccupation. Voilà la façon vraie d’entretenir des relations avec son prochain, donner de son temps ou de ses biens, sans calcul, à celui qui en a besoin, laisser passer certains manquements afin de garder des relations saines. C’est ce qui transparait dans le verset :  » qui dépensent dans l’aisance et dans l’adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui – car Dieu aime les bienfaisants –  » [2].

La bienveillance dans la sphère privée

Notre mère Aïcha (que Dieu l’agrée) nous a rapporté nombre de récits de la vie intime du prophète (paix et salut sur lui). Sa tendresse envers ses épouses n’avait pas son pareil, son amour pour ses enfants et petits-enfants était grandiose. Anas ibn Malik (que Dieu l’agrée) en témoigne : « Je n’ai jamais vu quelqu’un de plus compatissant envers les enfants que le Prophète » [3].

Il était au service de sa famille tant qu’il n’entendait pas l’appel à Dieu, il se mettait alors au service de son Seigneur et de toute la communauté. Cette bonté de cœur allait jusque dans les moindres détails, ses gestes étaient bienveillants, ses propos étaient bienveillants, jusque dans sa retenue il savait être apaisant et faisait preuve de largesse. Anas (que Dieu l’agrée) rapporte : « Une fois je marchais avec le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) qui était vêtu d’un manteau fait à Najran et doté d’une bordure grossière. Un bédouin le saisit et tira son manteau si brutalement que le manteau laissa des marques sur les épaules du Prophète (paix et salut sur lui) que je pus constater. Puis le bédouin lui dit : « ordonne qu’on me remette (ma part) des biens de Dieu que tu gardes ! » Le Prophète (paix et salut sur lui) se retourna vers lui, sourit puis donna l’ordre de lui remettre ce qu’il sollicitait » [4].

Il était équitable dans son amour pour tous ses proches, il abaissait l’aile de la protection sur chacun d’eux.  Nous devrions nous inspirer de sa vie pour nos comportements en famille.

La bienveillance en communauté

Au pèlerinage d’Adieu, plus de cent mille compagnons entouraient le prophète (paix et salut sur lui), lui exprimant un profond amour et une reconnaissance sans limite pour les avoir guidés, pour tous les bienfaits qu’il leur avait apportés, pour sa patience, son empathie et sa bienveillance. C’est à son image que nous devrions nous comporter les uns envers les autres, nous souciant du bien-être de nos sœurs et frères comme s’il s’agissait de notre propre confort.

Les croyants se nourrissent les uns les autres, se protègent et forment une bâtisse solide, comme le dit le prophète (paix et salut sur lui) : « vous verrez les Musulmans à travers leur bonté, leur affection et leur attachement réciproque, constituer comme un seul corps, quand l’un des membres souffre, il transmet sa fièvre et son insomnie à tout son corps » [5]. Accueillir l’autre avec le visage souriant est une aumône, lui présenter ses salutations en lui souhaitant la paix, voilà ce que nous enseigne l’islam !

La bienveillance en toute circonstance

Trop souvent nous sommes durs et intransigeants les uns envers les autres. L’époque le veut ainsi, poussant à une concurrence effrénée pour la possession au détriment des autres. Nous oublions à quel point le prophète (paix et salut sur lui) était compatissant avec ses alliés comme avec ses adversaires. Lorsqu’il revint victorieux à la Mecque, où il avait été ostracisé, pourchassé et persécuté, ses compagnons ayant été enfermés, torturés voire tués, ville d’où on le chassa, à partir de laquelle les Quraychites, et parmi eux certains de ses proches, ourdirent les plus vils complots afin de l’exterminer ; lorsqu’il revint, conquérant et puissant, rien ne pouvant empêcher sa vengeance, alors que d’aucuns auraient tué les hommes et réduit à l’esclavage les femmes et les enfants, que fit la plus noble des créatures de Dieu (paix et salut sur lui) ? Il ne fit que répandre pardon, clémence et bienveillance !

Lorsqu’il leur dit :

– « Ô Quraychites ! Que pensez-vous que je ferai de vous  aujourd’hui ? ».

– « Tu es un frère noble et le fils d’un frère noble », lui répondirent les Quraychites.

À ce moment, il (paix et salut sur lui) leur dit :

– « Je vous dirai ce que Joseph a dit en s’adressant à ses frères :  » On ne vous reprochera rien aujourd’hui. Allez ! Vous êtes libres.  » ».

Voici une façon atypique de se comporter dans un monde où les puissants écrasent les faibles et font souvent preuve de cruauté. Nous qui prétendons répandre la paix sur terre et appeler à Dieu, nous devrions nous inspirer de ce modèle de clémence et bienveillance afin de contribuer à la paix sociale et à l’évolution des sociétés dont nous faisons partie. Vivons et faisons vivre la bienveillance dans nos quartiers, nos clubs et nos associations. Ouvrons-nous aux autres et transmettons-leur les vraies valeurs promulguées par Dieu et Son messager (paix et salut sur lui) !

[1] Sourate 33, Les coalisés, verset 21

[2] Sourate 3, La famille d’Imran, verset 134

[3] Abou Daoud

[4] Bukhari et Muslim

[5] Bukhari

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