L’islam dans l’Occident : d’un passé fécond à un présent amnésique (4/4)

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Mais pourquoi sommes-nous en train de disséquer des cadavres inertes ! La philosophie aristotélicienne est bel et bien morte, de même que les philosophies qui lui ont succédé, terrassées par l’avancée inexorable du progrès scientifique. A chaque fois qu’un horizon s’ouvrait à la raison scientiste, l’horizon premier de la raison philosophique se fermait.

Et à chaque fois que les découvertes universelles érigeaient un nouveau continent pour les sciences, les fondements de la philosophie s’affaissaient et cette dernière essayait d’invoquer le secours de la raison scientiste pour dresser un nouvel édifice.

Les philosophies sont mortes et meurent toujours. Elles déclarent faillite et ne cessent de le faire. Leurs interrogations au sujet des secrets de l’existence étaient, sont et resteront infructueuses et stériles. Elles se sont confrontées aux mystères qui interpellent la fitra concernant les principes, les causes et le sens, mystères contre lesquels elles se sont brisées et pour lesquels la métaphysique n’a pu fournir ne serait-ce qu’une réponse cohérente.

La philosophie a proclamé son impuissance et son incompétence devant les questions restées sans réponses posées par la raison expérimentale. Elle les a alors accumulées et classifiées dans les archives de l’inconnu et leur a apposé l’étiquette de parapsychologie. La classification des énigmes, l’édition d’encyclopédies dédiées à l’inconnu et l’apposition d’étiquettes pompeuses étant considérées comme une science et une performance scientifique.

La doctrine scientifique de Galilée, descendante directe de l’astronomie andalouse, a fourni à Descartes une plateforme sur laquelle il a bâti sa gloire. Il a édifié sa méthode du doute et de la confiance absolue dans le cogito (Je pense donc je suis) pour prouver l’existence de Dieu. Mais les cartésiens s’empressèrent d’utiliser ce principe du doute et de la confiance dans la raison pour combattre l’idée de l’existence d’une métaphysique transcendant les sens. Ainsi mourut le cartésianisme philosophique méthodologique en dépit des réalisations scientifiques de Descartes et de leur importance.

Roger Bacon, nous l’avons vu, a transmis aux Anglais la méthodologie des musulmans qui fit naître chez eux l’esprit du pragmatisme exprimé par Locke et Hume. Depuis, ils n’ont foi qu’en ce qu’ils voient et touchent. Ils tournent ainsi avec chaque vent qui porte la pluie.

La physique de Newton a fourni les bases à la philosophie de Kant et lui a insufflé la foi en cette raison rebelle autour de laquelle gravite toute chose comme gravitent les planètes autour du soleil.

Mais le kantisme périclita lorsque la physique quantique de Planck et la relativité universelle d’Einstein s’élevèrent dans le ciel du XXe siècle. Et les philosophies qui ont bâtit leur gloire sur les scientifiques de ce siècle se multiplièrent, se dispersèrent et s’opposèrent et finirent par s’estomper à leur tour avec l’avènement de la dernière des modes « scientifiques  » : La théorie du chaos universel.

Les sciences étaient convaincues de leurs découvertes. Mais dorénavant, elles pressentent avec amertume que ce qu’elles acquièrent aujourd’hui leur échappe demain. Le déterminisme et l’Ordre Universel étaient tous deux dévoilés par Dieu à cette raison fouineuse et investigatrice, alors qu’aujourd’hui, Il leur inspire qu’il n’y a nul déterminisme et nul ordre. C’est ainsi que le chercheur reste assis derrière son microscope attendant de voir si les composantes de l’atome seront au rendez-vous ou pas, si elles apparaîtront sous forme d’ondes et de rayonnements comme pour l’énergie ou si leur apparition sera discontinue comme c’est le cas pour la matière.

Un chaos ordonné, des énigmes dans l’univers. Mais la plus grande énigme demeure en toi, ? Homme !

Passages tirés (et remaniés) du livre de Cheikh Abd-Essalam Yassine « La Raison musulmane »

 

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