Connaître l’Islam : Les entraves à la compréhension de l’Islam (3/3)

La mauvaise compréhension de l’Islam vient du fait que ses principes ne sont pas seulement ignorés par la majorité, mais qu’ils sont étrangement déformés et faussés.

On aime mettre en exergue les fondements gréco-romains de notre société. Cet empire est admiré alors qu’il était basé sur l’exploitation des autres en faveur de la mère patrie, alors qu’il n’a pu arriver à se développer qu’à travers la violence, les injustices, l’esclavage, y compris à l’égard des femmes. Comment cela a-t-il curieusement pu être oublié ?

On rapproche alors souvent l’Empire Romain de l’Empire Islamique. Mais en réalité en dehors de leur étendue territoriale ils sont à l’opposé l’un de l’autre. L’Empire Islamique n’a mis, lui, que 80 ans à atteindre son apogée et plus de 1200 ans à perdre un peu de son énergie tout en demeurant bien vivant encore de nos jours. L’exemple force à méditer.

En Europe il est admis et connu de tous que la Renaissance a inauguré l’ère moderne après l’obscurantisme du Moyen-âge, mais personne ne dit comment elle est arrivée. Dans la pensée commune mais aussi dans les manuels scolaires on ne dit pas assez que cette impulsion est venue en grande partie de la rencontre avec les musulmans. Une simple recherche dans des ouvrages d’histoire spécialisés le révèle.

Tout ce qui vient d’être dit n’explique pas l’animosité que l’Occident a envers l’Islam plus particulièrement. Il faut en effet chercher la réponse dans l’épisode historique des Croisades. L’animosité de l’Occident envers l’Islam seul est née bel et bien des Croisades. Paradoxalement l’Eglise a réussi à convaincre et entraîner avec elles les populations qui justement lui reprochaient tous ses maux et se révoltaient contre elle, en leur présentant l’Islam de manière déformée afin de légitimer ce massacre puis d’asseoir son pouvoir. Les populations ont cru à la supercherie de l’Eglise qui a monté et uni les nations pour vaincre cette autre religion dont elle a donné une description fausse afin de continuer ses exactions. La haine envers cette religion plus récente, plus juste, plus libre, plus humaine, mais surtout leur jalousie envers une religion plus aimée de ses adeptes et certainement concurrente a poussé les croisés à appeler le prophète non pas par Mohammad mais Mahomet, qui signifie en langue arabe le contraire de son sens originel ; « Le loué » a été appelé « Le non loué ». Ils ont dépeint l’Islam comme une religion formelle, violente ce qui a été cru à la grande joie des croisés et ce préjugé subsiste depuis dans l’imaginaire des gens.

Et là réside la clé du mystère : la première fois que les nations européennes se sont unies et ont dépassé leurs frontières, cela a été en vue d’une union contre le monde musulman, en soutien au fantasme belliqueux de l’Eglise. L’ « Europe » moderne est née de l’esprit des Croisades. Ces guerres farouches envers ceux même dont ils ont tant appris. Ils ont ensuite encouragé l’Espagne, alors à son apogée culturelle, à combattre sa propre population musulmane par une persécution des plus féroces et des plus impitoyables. Cette guerre a duré des siècles ce qui a d’autant plus contribué à alimenter la haine et l’enraciner en Europe. Les Croisades ont duré leur temps puis les territoires conquis ont fini par être perdus. En outre l’Europe n’a pas supporté l’idée que Constantinople devienne musulmane alors qu’elle représentait pour elle le prestige de la Grèce et de Rome, donc son prestige tout entier.

Arrive ensuite l’époque de ceux que l’on appelle les orientalistes. Censés être des spécialistes de l’Islam, observateurs, dans une démarche intellectuelle, ils étaient en fait au départ missionnaires chrétiens dans les pays musulmans. Par la suite les orientalistes ont en réalité étudié le monde musulman dans le but de le coloniser et de légitimer leur invasion auprès des intellectuels honnêtes restés en Occident susceptibles de dénoncer ces injustices par une déformation de la réalité de l’Islam et des musulmans. C’est ainsi qu’au 20è siècle, il n’y pas si longtemps, époque de la modernité, l’Occident était encore en train de coloniser les pays musulmans, dominant les « indigènes » et profitant de leurs terres et des richesses.

Actuellement la pensée occidentale moderne d’une part n’arrive pas à se détacher de son propre vécu, ses traumatismes internes, ses postulats infondés et essaye de comprendre cet Islam à partir de ses outils biaisés ou en comparaison avec la seule religion qu’elle connaît, le christianisme déformé. Or comme il l’a été démontré le rapport à la vie, au corps, aux biens, à l’humanité sont tellement différents entre les deux que la comparaison est mauvaise et trompeuse.

D’autre part les musulmans qui depuis des siècles se sont éloignés de leur vraie religion n’en sont plus ni de fidèles représentants ni de fin connaisseurs. Leur décadence, leur analphabétisme et leur misère matérielle les ont éloignés de leurs sources sacrées.

Enfin les occidentaux eux-mêmes ne sont pas sensibilisés et ne portent pas un regard critique sur les fondements premiers de leur propre système. La société les poussant à ne se soucier que de leur capital et de leur bien-être ils n’en connaissent ni les bases, ni l’histoire, ni les objectifs supérieurs. Faire des amendements ça ou là par des personnes honnêtes n’en changera pas moins les bases.

L’Islam qui traîné de fausses accusations jusqu’à nos jours mérite que l’on crie au mensonge. Libérer les consciences occidentales pour enfin regarder cette foi de façon entière et impartiale c’est aussi lutter pour que tout un chacun acquière un droit fondamental.

Fin

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page