Connaître l’Islam : Le socle de l’Occident (2/3)

Les occidentaux comme tous les êtres humains ne peuvent pas s’expliquer le mystère de la vie et de la mort.
Cependant il est donné en Occident en guise de réponse à peu près ce qui suit : on ne peut se baser que sur des preuves tangibles, et donc ces dernières étant ignorées, nous ne savons pas (encore) d’où nous venons et où nous allons. La conséquence en est l’angoisse existentielle, la perte de repères, la sensation de néant, les questions sans réponses, et ses suites psychologiques, pathologiques et sociétales qui n’existent pas ailleurs qu’en Occident.

De plus l’Occident a longtemps subi le dogme chrétien enseignant aux Hommes qu’ils naissaient porteurs du péché originel, que leur corps charnel relevait du domaine du diable, qu’ils devaient attendre la rédemption universelle, qu’il fallait se soumettre passivement au mal infligé, que Jésus était mort sur la croix(*)…Tout ceci a laissé en héritage chez chaque occidental(e) un sentiment inconscient de mauvaise conscience dans sa jouissance de la vie, qui a même mis parfois une barrière entre l’homme et sa légitime envie de vivre.
Ce christianisme avait imposé un modèle à celui qui instinctivement espérait le salut, il s’agissait du saint ascète et de la suppression des différences individuelles.

Enfin l’Eglise a présenté Jésus comme étant le fils de Dieu, ce qui n’a pas été compris au sens philosophique par le commun des hommes. Dieu – a lui la Louange et la Pureté- a par ailleurs été réduit et représenté par un vieil homme à la barbe blanche, mythe auquel les générations nouvelles n’ont évidemment pas voulu se soumettre.

Ce fardeau a donc été mal supporté puis mal surmonté par l’Occident moderne et contemporain qui est tombé dans l’autre extrême, s’est mis à adorer la vie, en profiter sans limites mais aussi sans respect aucun pour elle. Malgré tout, cela ne l’a pas aidé à trouver le Bonheur.

Actuellement la seule religion de l’Occident est l’adoration du progrès matériel et du confort personnel. Le but de la vie est de se faciliter continuellement la vie. Pour ce faire il faut maîtriser la nature. Tous les efforts qui sont déployés à grande échelle vont alors dans le sens utilitariste.
Ce qui en Islam était un moyen pour l’homme, est dans cette conception le but de la vie. Et le grand regret est que le système occidental assimile le progrès scientifique et matériel à l’amélioration spirituelle et morale. Cette croyance demeure consistant à dire qu’au fil du temps, grâce au progrès technique, une amélioration collective de l’humanité s’effectue. Or en Islam par exemple, l’amélioration est demandée à chacun au cours de sa vie car on ne considère pas que l’âme humaine, qui n’est pas une quantité biologique, s’améliorera par l’accumulation des générations, comme s’amélioreraient les connaissances scientifiques. Il n’y a qu’à voir les guerres qui apparaissent de plus en plus, les crimes, l’individualisme, la course au pouvoir, les maladies, les injustices et les inégalités.

Les vraies racines dont l’Occident Européen puise ne sont finalement pas chrétiennes comme nous l’avons vu, encore moins judéo-chrétiennes, mais bien gréco-romaines et plus particulièrement romaines et païennes.

Il faut savoir que l’Empire Romain qui s’est déployé sur de vastes territoires et des populations hétérogènes, a mis 1000 longues années pour enfin atteindre son paroxysme géographique et politique mais on rappelle peu souvent qu’il n’a pu y arriver que grâce aux invasions, guerres, esclavage et qu’il s’est rapidement défait en quelques 100 ans. Même s’ils ont gardé des bribes de divinités provenant de leurs prédécesseurs grecs, les romains ne leurs donnaient pas de rôle dans la sphère publique car leur conception de la vie était profondément matérialiste. De plus les Romains se considéraient comme étant les seuls « civilisés », tout le reste étant dit « barbares ». Cette représentation du monde en deux parties est restée ancrée dans l’inconscient collectif. Depuis il faut admettre qu’un(e) occidental(e) croit que sa supériorité par rapport à une personne appartenant à une autre civilisation est une vérité. Par ailleurs actuellement les nations non occidentales ne sont considérées qu’à partir du moment où elles ont un apport direct aux destinées de l’Occident. On finit par y croire qu’il n’y a que l’Occident.

Après cet héritage romain, l’Eglise a eu la mainmise sur la pensée et les libertés, jusqu’à la période de respiration appelée Renaissance où l’Homme est devenu le centre des préoccupations. Les sciences, les arts, la culture se sont développés. Une des raisons est que l’Europe Moyenâgeuse a découvert une civilisation musulmane raffinée, progressiste, pleine de passion, cultivée, avec sa science et sa philosophie développée à partir de la pensée grecque et de la Révélation, et cette découverte a participé à créer un élan et un renouveau en Occident qui est sorti de son obscurantisme, sans avouer ses sources en partie islamiques. Puis au 18è siècle l’Eglise fut balayée par la Révolution française.

Mais pour comprendre pourquoi l’imaginaire occidental a une autre vision de l’Islam que celui des Lumières et de la Libérté il faut se pencher sur l’époque malheureuse des croisades durant laquelle l’Eglise chrétienne s’est lancée dans une conquête guerrière, violente et sanglante du monde pour le christianiser.

A partir de l’ouvrage L’Islam à la croisée des chemins (Islam at the Crossroads) rédigé en 1934 par Léopold Weiss allias Muhammad Asad, juif Autrichien converti à l’islam. 

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(*) Précisons qu’en parlant de christianisme il ne s’agit pas de la pratique première de Jésus et de ses apôtres, qui était parfaite et agréée de Dieu mais qui  n’existe plus en raison des falsifications historiques des textes. 

 

 

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